11 octobre 2026

Saint Firmin, évêque (propre de Nîmes)

Auteur/autrice : Pierre Gelin

Les non baptisés peuvent-ils participer à la « vie du monde à venir » ?

Lors de nos discussions, nous avons évoqué la situation des non baptisés : étant tous fils de Dieu, et recevant la foi comme don de Sa Miséricorde, nous devenons par le baptême fils de Dieu par Jésus-Christ : les non baptisés ignorants des œuvres de l’Esprit Saint pourront-ils participer à la « vie du monde à venir ? »

Voilà une question qui est au cœur de… FIDEO Sacrements, l’an prochain ! Nous y reviendrons plusieurs fois au cours de ce prochain parcours qui sera volontairement plus accessible, plus concret, plus proche de notre vie quotidienne, parce que lié à notre vie chrétienne à chaque étape de notre vie.

Mais donnons tout de même des éléments de réponse : il ne faut pas oublier le principe fondamental qui est que le salut vient du Christ. Le salut et la « vie du monde à venir » passent par le Christ seul. Et en effet, le baptême est normalement le moyen ordinaire par lequel on devient fils adoptif de Dieu. Donc oui, l’idéal est bien la participation consciente à cette vie divine !

Mais Dieu n’est pas limité par les sacrements. Il n’est pas un guichet qui refuse l’entrée à ceux qui n’ont pas rempli le bon formulaire, mais un Père qui sauve par tous les moyens justes – y compris ceux qu’on ne voit pas clairement depuis ici.

Dans le prolongement des Écritures, la tradition catholique affirme donc que Dieu peut sauver en dehors des moyens visibles qu’il a donnés. C’est ce qu’on appelle le salut possible des personnes qui, sans faute de leur part, ne connaissent pas l’Évangile. Le Concile Vatican II parle de ceux qui, « sans faute de leur part, ignorent l’Évangile du Christ mais cherchent Dieu sincèrement et font la volonté divine selon leur conscience ».

Même sans baptême visible, la théologie catholique admet constamment la possibilité d’un « baptême de désir » implicite : une ouverture réelle à Dieu, une recherche sincère du bien et de la vérité, une réponse à la grâce intérieure (même sans savoir que c’est l’Esprit Saint qui agit). Pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de l’Évangile, ou ne l’ont pas compris sans faute personnelle, l’Église affirme que leur salut est possible et qu’il est tout simplement confié à la miséricorde de Dieu.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Où dans la Bible est-il dit que Jésus a été engendré non pas créé ?

Quelles sont les références bibliques qui se rapportent à l’affirmation : Jésus a été engendré non pas créé ?

On parle évidemment ici de Jésus en tant que vrai Dieu.

 

THÈME

 

 

RÉFÉRENCE BIBLIQUE

 

 

SENS / EXPLICATION

 

 

Jésus est engendré, non créé

 

Jn 1,1-3,14

 

« Au commencement était la Parole… »
=> Jésus (le Logos) existait avant toute création, donc il n’a pas été créé.

Jn 3,16 « Fils unique » (monogenes)
=> indique un engendrement unique et non une création parmi d’autres.
He 1,3-5 « À quel ange a-t-il jamais dit : ‘Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui’ ? »
=> distingue le Fils éternel des créatures (anges).
Ps 2,7 / Ac 13,33 / He 1,5 « Tu es mon fils ; je t’ai engendré aujourd’hui »
=> prophétie de l’engendrement divin du Fils, non création.
 

Jésus n’est pas créé
(il est Créateur)

 

Col 1,15-17

 

Il est le premier-né de toute création… toutes choses ont été créées par lui »
=> Jésus est supérieur aux créatures et est le Créateur.

Jn 1,3 « Tout a été fait par elle… »
=> confirme que Jésus a créé toutes choses, donc pas créé lui-même.
Ap 3,14 « Le commencement de la création de Dieu »
=> sens de « principe/origine », pas de création.
Doctrine chrétienne formalisée Credo de Nicée (325)  

« Engendré, non créé, consubstantiel au Père »
=> résumé théologique de ces passages.

 

 



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Qu’est-ce qui distingue la procession de l’engendrement ?

Peut-on dire dans ce contexte trinitaire que l’engendrement a un côté intérieur (le Père donne naissance au Fils à l’intérieur de soi) quand la procession a une dimension plus extérieure (le Père envoie son Esprit à l’extérieur de soi) ?

La théologie trinitaire, formulée notamment par Augustin d’Hippone, distingue effectivement l’engendrement et la procession comme deux relations d’origine. Le Fils est engendré : il reçoit la même nature du Père selon le mode de la génération, comme Verbe. L’Esprit procède : il reçoit aussi la même nature divine, mais selon un mode distinct, non pas comme Fils, ce qui fonde la distinction personnelle au sein de l’unique essence divine.

Mais on ne peut toutefois pas dire que l’engendrement serait « plus intérieur » et la procession « plus extérieure », car les deux sont des processions immanentes, entièrement internes à la vie divine.

Alors, pourquoi cette distinction ? Est-elle pertinent d’user de deux termes différents ? Vous vous doutez bien que la réponse est positive : l’engendrement du Fils est la procession du Verbe comme acte d’intellection ; la procession de l’Esprit est celle de l’Amour comme acte de volonté.

La différence ne porte donc pas sur intérieur/extérieur, mais sur le mode relationnel d’origine : génération pour le Fils, procession (spiration) pour l’Esprit, au sein de l’unique essence divine.

Pierre G. (SEDIF)

Pour aller plus loin, sur le même thème : 
=> Que signifie le verbe « procéder » et pourquoi parler de « procession » ?
=> Le « Filioque » est-il une doctrine secondaire dans la foi catholique ?
=> L’Esprit est-il consubstantiel au Père et au Fils ?

 



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« Seigneur faites nous un » : quel est le lien entre unité et vérité ?

« Seigneur faites nous un » serait le cri de tous les hommes. Est-ce le désir de vérité, partagé par tous alors que le désir de ne faire qu’un semble étranger à beaucoup ? Pourrait-il y avoir un lien entre unité et vérité ?

Ut unum sint – « Qu’ils soient un » : c’est au cœur de la prière sacerdotale de Jésus, dans l’évangile de Jean : Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi (Jn 17,21) Jésus prie pour l’unité de ses disciples, afin que le monde croie ; cette unité trouve son modèle dans la communion trinitaire elle-même (qui est la vérité totale). Alors oui, il y a un lien étroit entre unité et vérité. Dans l’Église, cette parole est devenue un fondement majeur de la recherche de l’unité entre chrétiens. Saint Jean-Paul II a repris cette expression comme titre de son encyclique Ut unum sint (1995), consacrée à l’engagement irréversible de l’Église catholique en faveur de l’œcuménisme, affirmant que l’unité des chrétiens est au cœur de la mission de l’Église.

Au fond, celui qui exprime le mieux ce lien indissociable entre unité et vérité, outre le Christ lui-même bien entendu, c’est encore saint Paul : il exprime à plusieurs reprises que l’Église ne se comprend pas d’abord comme une association humaine, mais comme le Corps du Christ, fondé sur la vérité révélée par Dieu (cf. 1 Co 12,12-27 ; Rm 12,4-5 ; Ep 4,15-16 ; Col 1,18.24…). Si l’on fait écho à ce que Jésus dit de lui-même : Je suis le chemin, la vérité et la vie (Jn 14,6), on comprend que l’unité chrétienne ne peut être séparée de la communion dans la vérité du Christ.

Qu’est-ce que cela signifie pour nous, membres de l’Église ? L’unité visible de l’Église — dans la foi, les sacrements et la communion avec les pasteurs, en particulier le successeur de Pierre — est considérée comme un signe et un fruit de la vérité reçue des apôtres. Selon le Concile Vatican II (Lumen gentium, n. 1), l’Église est « le sacrement […] de l’unité du genre humain », ce qui implique qu’elle est gardienne et servante de la vérité salvifique. Cependant, pour l’Église catholique, la vérité ne s’impose pas par contrainte mais se propose dans la charité. L’œcuménisme lui-même ne vise pas un compromis doctrinal, mais une pleine communion dans la vérité tout entière. Ainsi, unité et vérité s’embrassent : l’unité authentique naît de la vérité accueillie et vécue dans l’amour.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Qu’est-ce que l’arianisme ?

Qu’est-ce que l’arianisme ?

L’arianisme est une doctrine chrétienne du IVe siècle enseignée par le prêtre d’Alexandrie Arius. Elle affirme que le Christ n’est pas éternel comme Dieu le Père, mais qu’il a été créé par lui et lui est donc inférieur. Cette idée s’oppose à la doctrine de la Trinité définie au Premier concile de Nicée en 325, qui affirme que le Père et le Fils sont de même nature divine. L’arianisme a néanmoins connu une grande influence pendant plusieurs siècles, notamment chez certains peuples germaniques.

Je me contente d’une définition brève car nous avons prévu plusieurs outils à ce sujet… Si vous souhaitez en savoir plus, je vous renvoie notamment à la malle à outils de la rencontre 5 : je vous ai fait une fiche sur l’arianisme, qui comprend un tableau comparatif avec les positions de l’Église catholique. C’est très pratique pour avoir l’ensemble en un coup d’œil. Et il y a également quelques ressources complémentaires (liens vers des articles, vidéos, podcastes, etc.). Il y en a pour tous les goûts !

Pierre G. (SEDIF)

 



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Emploi du temps au Paradis : vivrons-nous en fonction de nos charismes et des acquis ici-bas ?

Le paradis est une participation à la vie de Dieu. Quel emploi du temps est prévu ? Ste Thérèse disait qu’elle passerait sa vie éternelle à faire le bien sur la terre. Sur quel type de vie devons-nous compter en fonction de nos charismes ? Le manuel continuera-t-il l’œuvre de ses mains ? Antoni Gaudi achèvera-t-il sa sagrada familia au paradis ? Y a-t-il des révélations particulières sur ce sujet de la part de saint ou d’anges ?

Quelle belle et passionnante question ! Même si l’amusante idée d’un « emploi du temps » au paradis est déjà un peu piégeuse… Le cœur de la vie éternelle, c’est la vision de Dieu. On est loin d’une alternance « métro-boulot-dodo » ou de sa variante spirituelle : « prière / café / activité manuelle ». Nous parlons d’une union vivante qui comble totalement — sans ennui, sans répétition. Celles et ceux qui expérimentent la vie silencieuse d’oraison comprennent bien cette plénitude vivante qui dépasse tout agenda !

Cette planitude n’est pas pour autant une immobilité figée : le ciel n’est pas un musée de statues de cire ! Nous ne sommes pas pétrifiés pour l’éternité. C’est au contraire une communion dynamique, où chacun est pleinement lui-même, mais transfiguré. Nos charismes ne sont pas supprimés — ils sont portés à leur perfection.

La volonté de sainte Thérèse de « passer son ciel à faire le bien sur la terre » – elle évoque aussi « une pluie de roses » – signifie effectivement que les saints intercèdent, aiment, agissent d’une certaine manière pour nous, mais sans fatigue ni contrainte. Pas un job à temps plein… plutôt une surabondance d’amour qui déborde.

Et nos talents concrets ? Une personne manuelle, artiste, scientifique… ne « perd » pas ce qu’elle est, mais ne continue pas non plus comme ici (ouf… pas d’atelier céleste avec devis et délais !). Ce qui demeure : la joie de créer, comprendre, aimer, mais vécue directement en Dieu, source de toute beauté et intelligence. Autrement dit : nous ne ferons pas « des choses » comme maintenant, nous n’aurons plus besoin de passer par des activités pour atteindre les réalités : nous leur serons directement unis à leur source. Un artiste produit pour goûter la beauté ici-bas ; au ciel, il est plongé dans la beauté elle-même, sans médiation. Ça veut dire que l’activité extérieure (fabriquer, produire, organiser…) n’est plus nécessaire, mais l’élan intérieur (aimer, contempler, se réjouir, se donner) est à son maximum. Ou pour le dire encore plus simplement : sur terre, nous passons par des actions pour toucher le vrai, le beau, le bien. Au ciel, nous sommes directement dans le vrai, le beau, le bien — sans détour. Tout est accompli !

Pour conclure : au ciel, pas d’emploi du temps, pas d’ennui, pas de perte de soi, mais une vie intensément personnelle et totalement unifiée en Dieu. Au ciel, nous ne serons pas « au travail »… mais nous n’aurons jamais été aussi vivants et inspirés. Un peu comme le meilleur moment de notre vie – sauf qu’il ne retombe jamais, et sans notification inutile.

Pierre G. (SEDIF)

Lire aussi, sur le même sujet :
=> Où vivrons-nous la vie éternelle : sur notre Terre transfigurée ?
=> Que sera concrètement la vie éternelle ?

 



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