10 octobre 2026

Saint Ghislain

Auteur/autrice : Pierre Gelin

Si Dieu choisit le peuple d’Israël, exclut-il tous les autres ?

L’alliance de Dieu se fait d’abord avec un homme avant d’être avec un peuple… Dieu fait alliance avec Noé, puis avec Abraham (des hommes et leur famille) puis avec un peuple, descendant d’Abraham, Isaac et Jacob, peuple avec lequel Dieu refera une alliance par l’intermédiaire de Moïse désigné par Dieu pour le guider. Du coup, le peuple Israël est voulu (en quelque sorte créé) par Dieu ? Mais que deviennent tous les autres peuples ? Sont-ils exclus ?

Oui, on pourrait dire que, bibliquement, c’est effectivement ainsi que cela se passe… à condition de ne pas oublier l’alliance primordiale avec tout le genre humain symbolisé par Adam et Eve. Dans le projet de Dieu, l’humanité tout entière est comprise dans cette alliance. Après le péché, Dieu reconstruit progressivement cette unité du genre humain.

Voici quelques étapes majeures :
– à Abraham, Dieu dit : En toi seront bénies toutes les familles de la terre ;
– comme le rappelle l’historienne Catherine Poujol dans une réponse de la FAQ, la tradition orale dans le judaïsme dit que le Décalogue fut proposé à tous les peuples de la terre et que seul le peuple hébreu les accepta ;
– certains prophètes annoncent en filigrane un Messie qui viendra pour réconcilier toute l’humanité ;
– le Christ – Verbe de Dieu – vient pour que tout homme soit sauvé et le montre dans toute sa vie publique.

Ces exemples sont assez sommaires ; il en existe bien d’autres. Mais du moins avons-nous là quelques jalons essentiels de ce qui se joue… Il ne s’agit certainement pas de retirer les dons que Dieu fait spécifiquement au fils d’Israël : Dieu se choisit effectivement un peuple. Mais pourquoi ? Lorsqu’on lit l’Écriture sainte, que l’on regarde les choix de Dieu, il faut ainsi toujours avoir en mémoire ce qui se joue pour l’humanité : l’Église, c’est ainsi l’union du peuple d’Israël avec les nations.

C’est une question sur laquelle nous reviendrons longuement lorsque nous parlerons des Actes des Apôtres et des lettres de saint Paul.

Pierre G. (SEDIF)

 

Lire aussi : Pourquoi Dieu choisit-il Abraham et le peuple d’Israël ?

 



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Les psaumes ont-ils des thématiques et une organisation générale impliquant une méthodologie pour les lire ?

Est-ce que les psaumes ont des thématiques ? Existe-t-il une méthodologie pour comprendre les psaumes ?

Il y a des thématiques fortes dans le psautier, à commencer par les deux plus grandes d’entre elles qui constituent comme deux pôles entre lesquels oscille chaque psaume : la louange et la supplication. Mais l’on pourrait également citer la confiance, la délivrance des ennemis, le regret des fautes, l’engagement du corps, etc.

Pour ce qui est de la méthodologie, évoquons simplement son organisation générale : le psautier est un livre en cinq ensembles, chaque partie ayant sa couleur, sa tonalité, son mouvement propres. Ce découpage en cinq parties renvoie évidemment à la Torah, c’est-à-dire à ce qu’il y a de plus fondamental dans l’Alliance entre Dieu et l’homme. Le psautier est en quelque sorte le grand enseignement de la prière. Savoir à quel ensemble appartient tel ou tel psaume est déjà un indice pour se repérer…

Ensuite, au sein de chaque ensemble, il y a également des collections, tels les « psaumes des montées » que priaient les Israélites lorsqu’ils se rendaient en pèlerinage à Jérusalem… Il n’y a pas de miracle : pour se repérer dans le psautier, il faut le fréquenter régulièrement et faire sienne la prière de tout le peuple d’Israël qui nous précède. Rien de nouveau sous le soleil : qui ne fréquente pas l’Église ne peut savoir quand chanter le « Rorate caeli desuper », le « Venez divin Messie , le « Victimae paschali laudes », le « Avec toi, nous irons au désert », le « Tantum ergo sacramentum », le « Voici le corps et le sang du Seigneur »…

Pour ceux qui cherchent des introductions bien faites, vous avez l’introduction de votre Bible de travail, de même que la malle à outils qui contient quantité de ressources – livres, vidéos, etc. – sur les psaumes…

Pierre G. (SEDIF)

 



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Pourquoi, à la messe, disons-nous « Parole de Dieu » alors que l’homme est co-auteur et ne peut être qualifié de « stylo de Dieu » ?

Pourquoi l’assemblée lors d’une messe répond « Parole de Dieu » à la fin de la lecture des récits bibliques, alors que l’homme n’est pas seulement « stylo de Dieu » mais co-auteur desdits textes ?

On pourrait simplement répondre que l’Écriture sainte est Parole de Dieu, au contraire de tout autre écrit fait de main d’hommes. Et c’est pourquoi la Bible est lue dans le cadre liturgique, avec des gestes et postures singulières, qu’on ne voit nulle part ailleurs. Et c’est pourquoi aussi FIDEO et tant de formations bibliques existent… C’est parce que l’Écriture sainte est un texte sans équivalent, parce que l’homme n’en est pas le seul auteur, parce que Dieu y parle dans le tissu des mots humains, que nous passons une année à la scruter de près, que nous devrions mieux la connaître. Il ne s’agit donc pas de minimiser l’action de l’homme en tant qu’auteur, mais de montrer la spécificité de l’Écriture sainte, à savoir que Dieu en est aussi l’auteur.

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Mais pour compléter cette réponse simple et enrichir notre connaissance biblique, un autre éclairage est possible : il existe un chapitre du Premier Testament qui est fondamental pour comprendre la place des Écritures dans l’expérience communautaire des Hébreux comme peuple, donc de nous aujourd’hui comme Église. Il s’agit du chapitre 8 du livre de Néhémie, livre qui raconte les lendemains de l’Exil, après que le peuple fut menacé d’éradication, après qu’il a failli perdre son identité profonde.

Dans les premiers chapitres, nous voyons le gouverneur Néhémie (un laïc) parcourir les ruines de Jérusalem, ses remparts affaissés, son Temple en morceaux. Nous assistons, à partir du chapitre 3, à la reconstruction de la ville, ce qui n’advient pas sans divisions (entre les Juifs restés en Canaan et les Juifs de retour d’Exil) ni difficultés. Ensuite intervient la redécouverte du livre de recensement, dont le sens est de reconstituer le peuple dispersé et de rétablir la répartition dans les villes (chapitre 7).

C’est alors que le prêtre Esdras fait son entrée en scène au chapitre 8 pour lire au peuple la Loi de Dieu, c’est-à-dire la Torah (notre Pentateuque). Je vous invite vraiment à lire ce chapitre 8 dans vos Bibles de travail, avec les notes. Dans ces écrits dont l’homme est auteur, le peuple redécouvre que Dieu y parle, que Dieu est là depuis les commencements et est fidèle à sa promesse… Dieu reconstitue son peuple par la Loi scellée dans les Écritures saintes. Tout le peuple crie : « Amen ! Amen ! », car ce ne sont pas des mots seulement humains ; la Parole de Dieu s’y exprime en filigrane tout du long.

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En 2019, lorsque le pape François institua le « Dimanche de la Parole de Dieu », il écrivit une lettre apostolique intitulée Aperuit illis (« Il leur ouvrit » = mots extraits de la rencontre d’Emmaüs, lorsque le Christ ouvre à l’intelligence des Écritures en Lc 24,45) dans laquelle il revient sur ce passage et développe sa pensée.

Je vous cite le numéro 4 de cette lettre qui est courte et dont je vous recommande la lecture :

« Le retour du peuple d’Israël dans sa patrie, après l’exil babylonien, fut marqué de façon significative par la lecture du livre de la Loi. La Bible nous offre une description émouvante de ce moment dans le livre de Néhémie. Le peuple est rassemblé à Jérusalem sur la place de la Porte des Eaux à l’écoute de la Loi. Dispersé par la déportation, il se retrouve maintenant rassemblé autour de l’Écriture Sainte comme s’il était « un seul homme » (Ne 8, 1). À la lecture du livre sacré, le peuple « écoutait » (Ne 8, 3), sachant qu’il retrouvait dans cette parole le sens des événements vécus. La réaction à la proclamation de ces paroles fut l’émotion et les pleurs : Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens, et l’on pouvait comprendre. Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi. […] Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! (Ne 8, 8-10).

Ces mots contiennent un grand enseignement. La Bible ne peut pas être seulement le patrimoine de quelques-uns et encore moins une collection de livres pour quelques privilégiés. Elle appartient, avant tout, au peuple convoqué pour l’écouter et se reconnaître dans cette Parole. Souvent, il y a des tendances qui tentent de monopoliser le texte sacré en le reléguant à certains cercles ou groupes choisis. Il ne peut en être ainsi. La Bible est le livre du peuple du Seigneur qui, dans son écoute, passe de la dispersion et de la division à l’unité. La Parole de Dieu unit les croyants et les rend un seul peuple. »

Il y a ainsi, dans l’écoute de la Bible parce qu’elle est Parole de Dieu, la reconstitution de l’unité du peuple de Dieu : elle contribue à faire de nous un seul peuple en Dieu et pour Dieu.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Quelle différence y a-t-il entre Révélation et dévoilement ?

Nous avons tenté de faire une distinction entre la révélation et le dévoilement ; nous l’avons expliqué de cette manière : notre Dieu est un Dieu qui vivant, qui se fait proche, qui advient et qui se révèle à l’homme quand ce dernier le cherche, alors que le dévoilement fait apparaître un mystère figé.

Concernant la Révélation et le dévoilement, on peut effectivement les distinguer si vous mettez dans « Révélation » une dimension dynamique et dans « dévoilement » un caractère statique. Ces termes ont fait l’objet de tant de débats au fil des siècles, de la gnose à la Réforme protestante, en passant par le fidéisme et le mysticisme.

Là où votre distinction est intéressante, c’est qu’elle permet en un sens de répondre aux gnostiques, qui pensaient – pour résumer à l’extrême – que la connaissance des vérités cachées était nécessaire au salut ; la gnose réduit ainsi le salut à notre capacité à connaître Dieu et non à sa grâce, encore moins à sa Révélation. Autant dire que le salut n’est pas pour tous, mais réservé à une petite élite, puisqu’il est moins question ici de mystère (donné pour tous) que de secret (ésotérique) !

Le dévoilement, en tant qu’il est considéré comme un retrait du voile sur notre intelligence face au mystère d’un Dieu totalement inaccessible, place tout l’effort de notre côté, sur nos capacités à percer le secret opaque. La Révélation, a contrario, place la dynamique du côté de Dieu qui se fait connaître à tous, se fait proche et nous invite à toujours mieux comprendre le mystère.

Mais il ne faut pas trop extrapoler, l’une et l’autre étant intimement mêlées. Dans la Révélation, il y a incontestablement un dévoilement qui advient, puisque Dieu est en un sens voilé aux origines… Même dans le Nouveau Testament, par exemple dans l’évangile de Marc, on parle souvent du « secret messianique » : il est interdit à quiconque de dire qui est le Christ, jusqu’à l’instant précis de sa mort (nous y reviendrons lors de la rencontre 7 consacrée aux évangiles).

Par ailleurs, le mot grec pour dire dévoilement est : apokálupsis – qui a donné « apocalypse » en français. Les écrits apocalyptiques, s’ils ne sont pas l’alpha et l’omega de la Révélation, y participent pleinement.

En ce sens, on pourrait dire que le dévoilement – s’il n’est pas compris comme la conséquence d’un ésotérisme – est un aspect important, mais non premier ni unique, de la Révélation.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Dans quels offices de la journée trouve-t-on les psaumes ?

Dans quels offices de la journée trouve-t-on les psaumes ?

Tous, sans exception ! Les psaumes sont le recueil de prières par excellence, prières qui permettent de sortir de notre seule subjectivité pour entrer dans la grande prière d’Israël. Il est donc normal que tous les offices – qui sont la prière de l’Église – s’articulent essentiellement autour des psaumes.

Pour aller plus loin, je vous renvoie à la belle conférence sur la Parole de Dieu dans la liturgie des Heures, donnée par le P. Sébastien Verdier lors de la journée FIDEO du 8 février à Alès.

 

Pierre G. (SEDIF)

 



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Peut-on considérer Marie comme une figure prophétique ?

Dans nos prières d’intercession, nous sollicitons l’aide de saints et surtout de la Vierge Marie : peut-on considérer Marie comme une figure prophétique ?

Bien des Pères de l’Église et des papes ont vu en Marie l’accomplissement des prophéties, du fait de sa coopération singulière à la Rédemption accomplie par le Christ. Ainsi de saint Ephrem de Nisibe, dans l’une de ses hymnes merveilleuses dont il avait le secret.

« Qu’en Marie se réjouisse tout l’ordre des prophètes,
Car les visions, en elle trouvent leur terme,
Les prophéties leur accomplissement,
Les oracles leur force et leur achèvement.

Qu’en Marie se réjouisse tout l’ordre des patriarches :
Elle reçut d’eux la bénédiction,
Mais les rendit parfaits en son Fils ;
Car c’est en Lui que sont purifiés les Voyants, les justes, les prêtres.

L’Arbre de vie qui se cachait au milieu du paradis a grandi en Marie.
Son ombre abrite le monde entier, il offre ses fruits, loin et près.
Marie a tissé la robe de Gloire et l’a donnée au premier père.
Et lui qui s’était caché nu est maintenant orné de beauté et vertu. »

Saint Ephrem, 1°, Hymne marial.

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Mais la Vierge Marie est aussi qualifiée de prophétesse dès les premiers siècles. Certains voient dans la prière du Magnificat à la fois une action de grâce pou ce qui a été accompli et une grande prière prophétique qui couvre l’histoire à venir. Saint Jérôme (v. 347-420) évoque par exemple le verset qui anticipe les génération à venir :

« Certains parlent de Marie comme d’une prophétesse ; et il n’y a à ce sujet aucun doute. Elle même parle ainsi dans l’Évangile : Désormais toutes les générations me diront bienheureuse parce que le Tout Puissant a fait de grandes choses. (Lc 1,48-49) »

Saint Jérome, In Isaiam, 3,8 –1-4 : CCL 73,111-112

Moins connu mais pas moins sanctifié, saint Nil du Sinaï, un anachorète et docteur de l’Église qui vécut à la fin du IVe et au début du Ve siècle et fut notamment disciple de saint Jean Chrystostome, reprend également le même verset pour le déployer encore plus largement dans l’une de ses multiples lettres

« Tu m’as demandé pourquoi en Isaïe Marie, la Mère de Dieu est appelée prophétesse. Lit l’Évangile : parce qu’il a regardé l’humilité de sa servante. Désormais toutes les générations me diront bienheureuse. (Lc 1,48).

Si tu ne comprends pas que Marie très est dite bienheureuse par toutes les nations et par toutes les langues parce qu’elle a conçu dans son sein et donné le jour, sans corruption et sans tache, à Dieu qui assuma la chair par le Saint Esprit et par elle, alors ne crois pas à Isaïe.

Mais si dans le monde entier elle est dite bienheureuse, et elle est louée et célébrée avec des cantiques, elle qui est la terre sans semence et inculte, tout comme son fruit bienheureux et éternel, pourquoi hésites-tu encore sur le fait que Marie Mère de Dieu est indiquée comme une prophétesse ? »

Nilus Abbas, Epistolae 2, 180 ; PG 79,293

Enfin, dernier exemple : Antipater de Bostra, évêque de Bostra en Arabie au Ve siècle, écrit dans l’une des rares homélies qui a été préservée un propos similaire à celui de saint Nil.

« Désormais toutes les générations me diront bienheureuse (Lc 1,48). Elle se proclame elle-même bienheureuse. Elle même dit : Désormais toutes les générations me diront bienheureuse, et non pas toi seulement.

Elle ne parlait pas de sa propre bouche, mais elle offrait un premier essai au Saint Esprit qui était descendu sur elle et elle prophétisait. Vraiment, quelle génération à partir d’elle ne l’a pas proclamée bienheureuse, celle qui n’a pas connu le mariage d’un homme mais qui porte Dieu selon l’Esprit ?

D’abord le prophète annonce et ensuite l’événement montre la vérité de la prophétie. »

Antipater Bostrenus, hom in SS Deiparae Annuntiationem, 20 : PG 85,1788-1789

*

Cette conception de Marie comme prophétesse perdure au fil des siècles, prenant des aspects différents à mesure que la compréhension de son mystère virginal et maternel s’approfondit. Le moine et théologien liégeois Rupert de Deutz (v. 1070-1129) souligne le lien entre l’action de l’Esprit et la dimension prophétique de la Vierge Marie.

« Il y avait un seul homme au monde, en ce temps [de la Passion] qui connût la Sagesse : le Christ, la Sagesse de Dieu en Personne. Car, dit l’Écriture, la Sagesse était cachée aux yeux de tout vivant, cachée même aux oiseaux du ciel (Job 28,21)…

Nous exceptons cependant avec certitude la Bienheureuse Mère de Dieu, qui était alors parmi les vivants.

La Sagesse, en effet, ne s’était absolument pas cachée de ses yeux à elle ; car Notre Dame était prophétesse, et prophétesse à nulle autre pareille, l’Esprit Saint ayant fait confluer dans le sanctuaire de son cœur toutes les prophéties. »

Rupert de Deutz, Œuvres du Saint-Esprit, tome 1, Cerf, coll. « Sources Chrétiennes » n°131, 1976

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Dans son encyclique Redemptoris Mater, le pape Jean-Paul évoque aussi et à plusieurs reprises le verset lucanien (1,48) comme un « verset prophétique » (n. 20 et 27).

Plus largement, la Vierge Marie est considérée comme le modèle, la figure parfaite (tupos) de l’Église, depuis son Annonciation jusqu’à son Assomption qui dévoile la finalité de notre espérance, en passant par l’accueil et la méditation silencieuse de toute parole, de chaque événement, dans son cœur… Elle accomplit ainsi dans sa chair tout ce que nous espérons pour la nôtre.

De ce point de vue, toute son existence est prophétique.

Pierre G. (SEDIF)

Voir aussi : « Dans son Magnificat, Marie est prophète » (La Croix, 29/07/2003)

 

Pour la rédaction de cette réponse et plus particulièrement pour les citations des Pères de l’Église,
nous nous sommes beaucoup appuyé sur le site Marie de Nazareth.

 



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