Est-il possible Dieu ait parlé à d’autres peuples, mais les conditions n’étaient pas réunies pour qu’ils entendent ou comprennent ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Est-il possible Dieu ait parlé à d’autres peuples, mais les conditions n’étaient pas réunies pour qu’ils entendent ou comprennent ?

En bref

Dieu a parlé à d’autres peuples, mais ne s’est pas révélé comme Il l’a fait avec le peuple d’Israël. Plus encore, la Parole de Dieu ne se fait chair que dans le Christ Jésus, fils d’Abraham et de toute l’Histoire biblique.

Développement

Quelle passionnante question ! L’Église – et déjà avant, les Juifs – s’est beaucoup interrogée sur ce point… Notons par exemple que la tradition orale juive dit que le Décalogue fut proposé à tous les peuples de la terre et que seul le peuple hébreu l’accepta.

Je vous recommande de lire à ce sujet la courte déclaration Nostra Aetate, du concile Vatican II, qui traite des relations avec les religions non chrétiennes ; elle est très éclairante sur ce point.

Si je devais répondre bibliquement – ce qui est l’enjeu de FIDEO cette année – je commencerais par reprendre les mots de Paul dans les Actes des Apôtres, lorsqu’il s’adresse au Athéniens, un discours qui sera particulièrement à l’honneur lors de la huitième rencontre FIDEO :

Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qu’il contient, lui qui est Seigneur du ciel et de la terre, n’habite pas des sanctuaires faits de main d’homme ; il n’est pas non plus servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous la vie, le souffle et tout le nécessaire. À partir d’un seul homme, il a fait tous les peuples pour qu’ils habitent sur toute la surface de la terre, fixant les moments de leur histoire et les limites de leur habitat ; Dieu les a faits pour qu’ils le cherchent et, si possible, l’atteignent et le trouvent, lui qui, en fait, n’est pas loin de chacun de nous. Car c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être. Ainsi l’ont également dit certains de vos poètes : Nous sommes de sa descendance. Si donc nous sommes de la descendance de Dieu, nous ne devons pas penser que la divinité est pareille à une statue d’or, d’argent ou de pierre sculptée par l’art et l’imagination de l’homme. Et voici que Dieu, sans tenir compte des temps où les hommes l’ont ignoré, leur enjoint maintenant de se convertir, tous et partout (Ac 17,24-30).

Il y a ainsi, dans les saintes Écritures, l’affirmation que Dieu ait parlé à tous dans sa Création, non seulement parce qu’Il est à l’origine de tout, mais également parce qu’Il se manifeste dans toute sa création. Les exemples sont multiples dans la Bible… Vous en avez d’ailleurs plusieurs qui sont mentionnés en notes de Nostra Aetate. Il y a également des passages entiers du Siracide qui retrace l’œuvre de Dieu dans la Création et dans l’Histoire…

Oui, Dieu parle dans les autres cultures. Les Pères de l’Église évoquaient les semina Verbi, les « semences du Verbe », pour qualifier tout ce qu’il y avait de bon, de vrai, de saint dans ces autres cultures. Cette expression a été reprise par deux fois dans un autre texte conciliaire, Ad Gentes (cf. Numéros 11 et 15). Si vous lisez Nostra Aetate et Ad Gentes, qui sont deux textes courts, vous aurez l’essentiel sur ce sujet.

Une fois qu’on a écrit tout cela, de manière un peu (trop) rapide tout de même, il faut être clair sur la seconde partie de la réponse : Dieu ne s’est révélé qu’à un seul peuple, mais cette Révélation est pour le bien de tous. La preuve en est que l’alliance est dès les origines pour toutes les familles de la terre et qu’elle s’accomplit pleinement dans le Christ. Dieu parle partout dans sa Création, mais cette Parole de Dieu ne se fait chair que dans le Christ Jésus, fils d’Abraham et de toute l’Histoire biblique, fils des prêtres, des prophètes et des rois du Premier Testament.

« L’Église du Christ, en effet, reconnaît que les prémices de sa foi et de son élection se trouvent, selon le mystère divin du salut, chez les patriarches, Moïse et les prophètes. Elle confesse que tous les fidèles du Christ, fils d’Abraham selon la foi (Ga 3,7), sont inclus dans la vocation de ce patriarche, et que le salut de l’Église est mystérieusement préfiguré dans la sortie du peuple élu hors de la terre de servitude. C’est pourquoi l’Église ne peut oublier qu’elle a reçu la révélation de l’Ancien Testament par ce peuple avec lequel Dieu, dans sa miséricorde indicible, a daigné conclure l’antique Alliance, et qu’elle se nourrit de la racine de l’olivier franc sur lequel ont été greffés les rameaux de l’olivier sauvage que sont les Gentils (Rm 11,17-24). L’Église croit, en effet, que le Christ, notre paix, a réconcilié les Juifs et les Gentils par sa croix et en lui-même, des deux, a fait un seul (Ep 2,14-16). »  (cf. Nostra Aetate, n. 4).

 

Pierre G. (SEDIF)

 



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