Pourquoi le Concile Vatican II dit-il que les livres de l’Ancien Testament sont « intégralement » repris dans le message évangélique ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Dans Dei Verbum : « Car, même si le Christ a fondé dans son sang la Nouvelle Alliance (cf. Lc 22, 20 ; 1 Co 11, 25), néanmoins les livres de l’Ancien Testament, intégralement repris dans le message évangélique, acquièrent et manifestent leur complète signification dans le Nouveau Testament (cf. Mt 5, 17 ; Lc 24, 27 ; Rm 16, 25-26 ; 2 Co 3, 14-16), auquel ils apportent en retour lumière et explication. » Quel est le sens du mot « intégralement » ? Est-ce les travaux d’exégètes et théologiens qui ont permis de constater cela ?

En bref

« Intégralement » veut dire qu’on ne peut pas faire le tri entre les livres du Premier Testament qui ont tous été assumés et accomplis par le Christ. Si les travaux d’exégètes et des théologiens ont permis de mieux comprendre cela, tout est déjà dans l’Écriture : cf. références entre parenthèses dans le texte conciliaire.

Développement

Le mot « intégralement » est à comprendre en lien avec le paragraphe précédent, qui évoque l’importance de l’Ancien Testament pour les chrétiens. Vous l’avez sur le polycopié. Je me contenterai d’en citer une phrase : « Ces livres, bien qu’ils contiennent de l’imparfait et du caduc, sont pourtant les témoins d’une véritable pédagogie divine. » En d’autres termes, s’ils ne sont pas aboutis, ils sont intégralement assumés – en tant que Révélation – dans le Nouveau Testament. Ici, en note, il y a la fameuse encyclique du pape Pie XI (écrite en grande partie par le futur Pie XII, d’ailleurs) contre le nazisme, publiée en 1937.

Voici un autre extrait de Dei Verbum, qui n’est pas sur votre polycopié et qui vous éclairera peut-être : « L’Église, de par la foi apostolique, tient pour sacrés et canoniques tous les livres tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, avec toutes leurs parties, puisque, rédigés sous l’inspiration de l’Esprit Saint, ils ont Dieu pour auteur et qu’ils ont été transmis comme tels à l’Église elle-même » (n°11).

Il n’y a donc pas à choisir entre tel livre qui serait bon et tel livre qui serait mauvais : tous les livres de l’Ancien Testament sont intégralement accomplis par le Christ qui leur donne leur pleine mesure, la signification définitive.

Le Christ lui-même, et plus généralement tout le Nouveau Testament, ne fait pas le tri entre les livres. Vous avez quelques références entre parenthèses dans le texte conciliaire que je vous laisse regarder. Je citerai in extenso la première, à savoir Mt 5,17-19 :

Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux.

Difficile de faire plus explicite ! Le plus grand exégète et théologien qui est le Christ nous exhorte à respecter la Loi (= tout l’Ancien Testament) jusqu’au moindre iota.

Il va de soi que nombre d’exégètes et de théologiens à la suite du Christ vont suivre ce chemin. La note dans le texte conciliaire renvoie par explicitement à trois Pères de l’Église : saint Irénée (v.130-v.201), saint Cyrille de Jérusalem (v.315-387) et Théodore de Mopsueste (v.352-428). Je n’ai hélas pas les textes sous la main, ni le temps pour aller chercher chaque référence dans le détail ; mais connaissant un peu l’Adversus Haereses de saint Irénée (œuvre majeure) pour l’avoir lu en grande partie il y a longtemps, je peux vous dire qu’il essaye notamment de défendre l’intégrité des Écritures contre ceux qui les instrumentalisent en voulant extraire telle ou telle partie (voire la quasi-totalité, comme Marcion, qui rêvait d’un Christ sans une once de judaïsme). Chaque hérésie a cherché à tirer partie de l’un ou l’autre livre, en faisant l’impasse sur d’autres. Saint Irénée rappelle l’importance de l’œuvre de Dieu, de sa Révélation, en son ensemble.

Pierre G. (SEDIF)

 



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