10 octobre 2026

Saint Ghislain

Auteur/autrice : Pierre Gelin

Peut-on être confessé sans être baptisé ?

Peut-on être confessé sans être baptisé ?

La réponse à cette question est simple : non !

En un mot, tous les sacrements sont liés au baptême. Le baptême est en effet la « porte des sacrements » ; il infuse la vie trinitaire en nous, nous fait entrer dans la vie chrétienne, remet tous les péchés antérieurs, etc. On ne peut donc pas recevoir une absolution sacramentelle sans avoir d’abord reçu le baptême… puisque l’enjeu du sacrement de pénitence et de réconciliation est précisément de retrouver la plénitude de la grâce baptismale ! Logique.

Pour autant, une fois cela posé, cela ne signifie pas que l’Église demande au non-chrétien, notamment au catéchumène, d’attendre passivement. Celui qui se prépare au baptême est appelé à la conversion, au repentir sincère et à la confession de ses péchés dans le cadre de son accompagnement. Mais cette démarche ne se conclut pas par le sacrement de pénitence : le pardon sacramentel des péchés est donné avec le baptême (ou, dans certains cas, par le baptême de désir selon les dispositions de la personne).

Bref : avant le baptême, on peut demander pardon à Dieu ; après le baptême, on peut aussi aller se confesser.

Pierre G. (SEDIF)

 



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En quoi le fait que Dieu soit Trinité distingue sa toute-puissance de l’impuissance ?

Que signifie cette phrase de Karl Rahner : « Ce qui distingue finalement la puissance de Dieu de l’impuissance, c’est qu’elle est celle du Dieu trinitaire » ?

Il aurait été intéressant de savoir ce que vous ne comprenez pas dans cette parole de Karl Barth. Ou plutôt, quelles ont été vos suppositions sur son interprétation… Cela aurait fourni un point de départ. Car c’est effectivement un point capital du texte !

Je vais tenter une réponse, donc, à l’aveugle : Karl Barth, dans les lignes précédentes, notamment lorsqu’il mentionne Hitler, récuse l’idée d’un Dieu tout-puissant au sens d’un monarque absolu imposant sa volonté. Pour lui, cette toute-puissance est plutôt une impuissance, car elle se place en dépendance de catégories humaines : domination, contrôle, efficacité visible, etc. Pour le dire autrement : vouloir assujettir les autres signifie que l’on n’est certainement pas tout-puissant pour commencer ! Sans quoi, il n’y aurait pas besoin de le faire.

Pour Karl Barth, Dieu échappe précisément à cette impuissance coercitive dans la mesure où il est essentiellement Trinité : sa toute-puissance n’est pas une force brute, dominante ou écrasante, mais une relation d’amour éternelle entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. La toute-puissance de Dieu tient à ce que Dieu est en lui-même (et vers quoi nous tendons, sans y parvenir), à savoir don, relation, amour, communion. C’est cela, pour Barth, la vraie toute-puissance : une puissance d’amour qui n’a ni commencement ni fin, ni limite ni entraves, une puissance créatrice, rédemptrice, (ré-)unificatrice…

Nous en voyons la manifestation la plus extrême avec l’Incarnation du Fils de Dieu – l’infini dans le fini – et sa mort sur la croix, la toute-puissance assumant la faiblesse, aimant au lieu d’anéantir.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Dieu, Père de tous : quelle différence entre croyants et non croyants ?

Si Dieu est le Père de tous, comme l’affirme le P. Luc Mellet, quelle différence y a-t-il dès lors entre croyants et non croyants ?

Oulala… Quelle vaste question, aux ramifications nombreuses ! Je vais essayer de faire bref, au risque de simplifications.

Dieu est le Créateur de tous les êtres humains ; tous nous sommes créés à l’image de Lui, appelés à être en communion avec Lui ; à tous nous est proposé le salut par le Christ.

Alors, n’y a-t-il aucune différence si l’on regarde la paternité de Dieu ? Eh bien si… C’est précisément la clef du baptême, qui nous fait passer de l’état de créatures à celui de fils adoptifs du Père. Dans les deux cas, nous sommes évidemment aimés de Dieu ; mais la mort et la résurrection de Jésus, que nous « expérimentons » dans le baptême, nous offre un cadeau inouï supplémentaire.

Je vous invite à réécouter attentivement ce que dit le P. Luc Mellet, dans sa première partie consacrée au terme « Père » : il évoque le terme « Père » de manière globale, quand il dit que Dieu est « Père de tous les peuples », et c’est bien normal puisque la première Personne de la Trinité est Père de toute éternité ; en revanche, cette paternité devient pleine et entière pour les chrétiens, dans la mesure où nous devenons fils dans le fils. Il s’agit d’une adoption qui requiert un assentiment libre (de soi ou de ses parents, responsables de soi). D’où le baptême des petits enfants : c’est leur offrir dès la naissance le cadeau suprême de cette filiation adoptive à Dieu, que n’ont pas les enfants non baptisés, pourtant bien créés et aimés par Dieu.

Pierre G. (SEDIF)

 



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La relation entre le Père et le Fils n’est-elle pas le Saint-Esprit ?

Questionnement sur la relation entre le Père et le Fils : cette relation n’est-elle pas le Saint-Esprit ?

Oh la belle question subtile ! Vous entrez là dans le cœur des relations trinitaires, avec toutes les nuances exigées… Commençons par une réponse simple : non, la relation entre le Père et le Fils n’est pas le Saint-Esprit.

Cela nécessite de distinguer trois éléments : les relations subsistantes, les processions et les Personnes.

Si on parle des relations réelles et subsistantes entre le Père et le Fils, alors cela se résume à la paternité (relation d’engendrer) et à la filiation (relation d’être engendré). C’est ce qui constitue les Personnes elles-mêmes au sein du Dieu unique.

Où se situe dès lors le Saint-Esprit ? Il est vrai que saint Augustin parle parfois du Saint-Esprit comme du lien d’amour du Père et du Fils – le nexus amoris, le « nœud d’amour », si vous voulez l’expression exacte. S. Thomas d’Aquin reprend cette expression dans la Somme théologique : « On dit que le Saint-Esprit est le nœud (nexus) du Père et du Fils en tant qu’il est l’Amour » (ST I, q. 37, a. 1, ad 3 => si vous voulez une explication complète, je vous invite à lire cet article du fr. Gilles Emery, dans un article paru dans Nova et Vetera).

Pourquoi le Saint-Esprit est-il compris comme un nœud d’amour ? Parce qu’il procède du Père et du Fils, c’est-à-dire de la relation entre le Père et le Fils : il n’est pas cette relation, au sens où il serait le lien qui les unit comme deux réalités séparées, mais il procède de cette relation, de cette communion d’amour pourrions-nous dire, de toute éternité. L’Esprit est une Personne distincte, qui subsiste comme l’Amour procédant du Père et du Fils. Ce n’est donc pas identique à la relation d’engendrement.

En résumé, le Père et le Fils sont distincts par relation d’origine. Leur unité n’a pas besoin d’un « tiers » pour être assurée : ils sont déjà un par la même essence. Le Saint-Esprit n’est pas le lien qui fait leur unité, mais la Personne qui procède de leur communion d’amour.

Tout cela est bien subtil et demande beaucoup d’humilité, car ce que nous ignorons de Dieu dépasse très largement ce que nous en comprenons. Je conclus avec cet adage de saint Thomas d’Aquin, qu’il faut toujours avoir en tête (à commencer par les théologiens !) lorsque nous abordons ces sujets : « Ce que nous connaissons de Dieu, nous le connaissons plus par ce qu’il n’est pas que par ce qu’il est. »

Pierre G. (SEDIF)

 



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Comment sait-on que le purgatoire existe car rien n’est marqué dans l’évangile ?

Comment sait-on que le purgatoire existe car rien n’est marqué dans l’évangile ?

Il faut distinguer deux points dans votre question :
1/ Existe-t-il des réalités auxquels nous croyons qui ne se trouvent pas explicitement exprimées dans la Bible (et pas que les évangiles) ?
2/ Comment sait-on que le Purgatoire existe ?

*

1/ Existe-t-il des réalités auxquels nous croyons qui ne se trouvent pas explicitement exprimées dans la Bible (et pas que les évangiles) ?

La réponse est : oui, un gros paquet ! Cela va de la nature précise des sept sacrements à l’Assomption de Marie, en passant par le canon de la Bible, l’infaillibilité pontificale, l’Immaculée Conception, la transsubstantiation, etc.

Comment expliquer cela ? Eh bien, il suffit d’écouter l’Écriture sainte elle-même pour commencer :

Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait écrire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait (Jn 21 ,25)

Et saint Paul, dans le même sens, de recommander à ses frères Thessaloniciens :

Tenez bon, et gardez ferme les traditions que nous vous avons enseignées, soit de vive voix, soit par lettre (2 th 2,15).

En d’autres termes, la Révélation est plus large que la seule Bible (qui est déjà la mise par écrit de traditions), même si elle ne la contredit jamais. Si vous avez suivi FIDEO Bible, je vous encourage à relire la toute première rencontre, qui distinguait Écriture sainte et Parole de Dieu : la dernière partie porte sur la Révélation. Et je vous invite en complément à aller écouter une conférence sur le cardinal Newman, donnée en introduction de l’année FIDEO, le 4 octobre dernier : le nouveau Docteur de l’Église explique bien ce qu’est le développement vivant du dogme, en conformité avec les Écritures. En prime, c’est l’occasion de découvrir un immense bonhomme, si vous ne le connaissez pas déjà !

*

2/ Comment sait-on que le Purgatoire existe ?

À cette seconde question, il faudrait presque faire comme les Juifs, et répondre par une autre question : quelle est votre conception du Purgatoire ?

Souvent, il est perçu comme un lieu punitif où l’on crame un bon coup, mais non définitivement. Si c’est ce que vous avez en tête, alors le Purgatoire n’existe pas ! Car c’est l’âme immatérielle qui est visée par le Purgatoire (par définition, ce qui n’est pas matériel échappe au lieu). Alors quoi ? Eh bien, et cela répondra à votre première question, il faut commencer par aller voir ce que disent les Écritures… Et je ne vais faire ici que reprendre et développer le Catéchisme de l’Église catholique (n. 1030-1032), que je trouve très éclairant en la matière.

Un chapitre est particulièrement éclairant, qui ne se trouve pas dans les évangiles, ni même dans le Nouveau Testament, mais dans le Premier Testament. Au lendemain d’une âpre bataille, le jour du Shabbat, Judas Maccabée enterrent les morts et organises une collecte. Et voici ce qui est dit :

Puis, ils se répandirent en supplications pour demander que le péché commis soit entièrement effacé. Le noble Judas exhorta la troupe à se garder de tout péché, ayant sous les yeux le malheur de ceux qui avaient succombé pour avoir commis cette faute. Il organisa une collecte auprès de chacun et envoya deux mille pièces d’argent à Jérusalem afin d’offrir un sacrifice pour le péché. C’était un fort beau geste, plein de délicatesse, inspiré par la pensée de la résurrection. Car, s’il n’avait pas espéré que ceux qui avaient succombé ressusciteraient, la prière pour les morts était superflue et absurde. Mais il jugeait qu’une très belle récompense est réservée à ceux qui meurent avec piété : c’était là une pensée religieuse et sainte. Voilà pourquoi il fit ce sacrifice d’expiation, afin que les morts soient délivrés de leurs péchés (2 M 12,42-26).

Dans ce passage, nulle ambiguïté : on prie afin que les morts soient délivrés de leurs péchés ! Il existe donc un état, après la mort, où une délivrance peut encore advenir.

Dans le Nouveau Testament, de nouveau, on laisse penser de même. Par exemple, dans l’évangile de Matthieu, lorsqu’il est question notamment du péché contre l’Esprit, le Christ précise :

Et si quelqu’un dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un parle contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné, ni en ce monde-ci, ni dans le monde à venir (Mt 12,32)

Parler d’un pardon dans le monde à venir implique de nouveau qu’il y a un état « intermédiaire », après la mort, où le pardon est possible.

On pourrait donner d’autres exemples, mais concluons simplement ceci : il existe un état intermédiaire, après la mort, qui autorise la purification et le pardon. Cet état est ce qu’on appelle communément Purgatoire. Quelle forme a ensuite cet état ? Voilà qui est bien mystérieux. Je laisse la parole pour conclure au Catéchisme de l’Église catholique, cité également par le P. Cyril Farwerck dans son enseignement :

« Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. 1031. L’Église appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés. » (n. 1030-1031).

Pierre G. (SEDIF)

Lire aussi, sur le même sujet :
=> À quoi sert une prière pour les morts : adoucir le Purgatoire, ou le raccourcir ?
=> Si le péché est le fait de ne pas croire en Dieu, suffit de croire pour être purifié ?
=> Pourquoi les protestants ne prient-ils pas pour leurs morts ?

 



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À quoi sert une prière pour les morts : adoucir le Purgatoire, ou le raccourcir ?

Nous nous posons la question du sens des prières pour les morts si le jugement personnel est définitif et advient au moment de la mort. Et s’il s’agit alors de prier pour la purification de l’âme des morts (âmes du purgatoire), de quel ordre est cette prière, quelle est son efficacité ? Raccourcir ce temps de purgatoire, l’adoucir ?

Votre question touche au grand et beau mystère de la Communion des saints que, j’en prends conscience à l’instant, nous ne traitons que très peu dans FIDEO Credo. Il aurait pu avoir une place plus importante pour éclairer ce double jugement.

Mais répondons simplement à votre question : prier pour les morts repose simplement sur la solidarité spirituelle entre les membres du Corps du Christ. Le Catéchisme de l’Église catholique enseigne que nos prières peuvent aider les défunts en purification, parce que l’Église forme un seul corps à travers la mort. Ces prières ne changent pas le verdict du jugement particulier ; elles agissent dans le cadre de la purification. On peut y voir deux sens, deux dimensions : d’une part, cette prière est un acte de charité qui manifeste que nous continuons d’aimer et d’assister les défunts ; d’autre part, cette prière est une coopération à la grâce de Dieu… Il ne faut jamais oublier que Dieu a voulu que les membres de l’Église puissent s’entraider spirituellement.

Mais vous me direz : cela ne dit rien de l’efficacité ! C’est vrai que c’est souvent une question qui revient. L’Église, à une époque, a eu tendance à parler de jours de purgatoire en moins… C’est rigolo tout de même : on conçoit le « raccourcissement » du purgatoire comme si l’on parlait d’un cycle court pour le linge ! Mais le purgatoire est par définition hors du temps. On sent bien que cela relève plus de la pédagogie que de la vérité théologique.

Plus encore, et c’est ce qu’il faut avoir en tête continuellement, sur ce sujet-là comme sur bien d’autres, l’efficacité vient avant tout du sacrifice du Christ rendu présent dans l’Eucharistie, que l’Église offre pour les vivants et les morts. Nos prières, à côté, c’est peanuts ! Ou presque.

Il faut simplement affirmer, sans que l’on en sache les détails, que les prières, les messes et les indulgences offertes pour les défunts contribuent réellement à leur purification. Elles peuvent en « adoucir » la peine, pour reprendre votre propre mot, et hâter leur entrée dans la vision béatifique — non pas en modifiant une décision divine arbitraire, mais parce que Dieu a intégré cette communion des prières – cette communion des saints ! – dans son dessein de salut.

Pierre G. (SEDIF)

Lire aussi, sur le même sujet :
=> La communion des saints : un lien spirituel qui expliquerait les phénomènes extraordinaires et la réincarnation ?
=> Comment sait-on que le purgatoire existe car rien n’est marqué dans l’évangile ?
=> Si le péché est le fait de ne pas croire en Dieu, suffit de croire pour être purifié ?
=> Pourquoi les protestants ne prient-ils pas pour leurs morts ?

 



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