Qu’est-ce que le « caractère » et pourquoi certains sacrements n’en ont pas ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

La notion de « caractère » nous échappe… Qui en a décidé ainsi ? Et pourquoi certains sacrements ont un caractère et d’autres non ?

Le caractère sacramentel désigne une marque spirituelle permanente que Dieu imprime dans la personne. Vous vous doutez bien que ce n’est pas une idée inventée au hasard, par quelques théologiens en manque de créativité et de nouveauté : l’Église l’a progressivement formulée pour exprimer ce que la Bible affirme déjà et que les chrétiens vivent depuis les commencements.

Commençons par les Écritures saintes. La Bible parle de ceux qui sont marqués d’un sceau par Dieu (Éph 1,13 ; 2 Co 1,21-22) et rappelle que les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance (Rm 11,29). Ces images du sceau et de l’appel irrévocable ont aidé les chrétiens à comprendre que certains sacrements établissent une relation durable avec le Christ. C’est pourquoi, dès les premiers siècles, les chrétiens ne reçoivent le baptême, la confirmation (don de l’Esprit) et – pour certains – le sacerdoce, qu’une seule et unique fois.

Par la suite, l’Église a rappelé cette évidence, en enseignant que trois sacrements seulement confèrent un caractère : le baptême, la confirmation et l’ordre. Si vous voulez tout savoir, c’est le concile de Trente (1546-1563) qui l’a défini définitivement, en reprenant une tradition déjà présente chez les Pères de l’Église, notamment saint Augustin, et déjà formulée en divers conciles.

« Si quelqu’un dit que, dans les trois sacrements, à savoir le baptême, la confirmation et l’ordre, il n’est pas imprimé dans l’âme un caractère, c’est-à-dire un signe spirituel et indélébile, à cause duquel ils ne peuvent être réitérés : qu’il soit anathème. »
(Session VII, 3 mars 1547, Décret sur les sacrements, canon 9)

Ce texte est explicitement repris dans le Catéchisme de l’Église catholique (n. 1121) :

« Les trois sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordre confèrent, en plus de la grâce, un caractère sacramentel ou « sceau » par lequel le chrétien participe au sacerdoce du Christ et fait partie de l’Église selon des états et des fonctions diverses. Cette configuration au Christ et à l’Église, réalisé par l’Esprit, est indélébile, elle demeure pour toujours dans le chrétien comme disposition positive pour la grâce, comme promesse et garantie de la protection divine et comme vocation au culte divin et au service de l’Église. Ces sacrements ne peuvent donc jamais être réitérés. »

Résumons : pourquoi ces trois sacrements ? Comme les textes l’indiquent, parce qu’ils donnent une mission indélébile, une identité qui ne s’efface pas, une vocation permanente : le baptême fait entrer définitivement dans le Corps du Christ ; la confirmation fortifie pour témoigner de l’Évangile ; l’ordre configure le ministre au Christ pour le service de l’Église. On peut comparer cela à un sceau gravé dans la cire ou à une fondation d’une maison : on peut ensuite rénover, agrandir ou réparer la maison, mais on ne refait pas ses fondations. De même, on ne rebaptise pas, on ne reconfirme pas et on ne réordonne pas quelqu’un validement.

Les autres sacrements ne donnent pas un caractère, non parce qu’ils seraient moins importants, mais parce que leur grâce répond à des besoins qui reviennent au cours de la vie. L’eucharistie nourrit sans cesse, comme le pain quotidien. La réconciliation relève après chaque chute. L’onction des malades soutient dans l’épreuve. Le mariage crée une alliance durable entre les époux, mais il n’imprime pas un caractère sacramentel au sens théologique.

En résumé, le caractère sacramentel n’est pas une « médaille » que l’on reçoit, mais la trace durable de l’action de Dieu : il dit que le Christ a lié sa vie à la nôtre d’une manière irrévocable et nous confie une place stable dans son Église.

Pierre G. (SEDIF)

 



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