11 octobre 2026

Saint Firmin, évêque (propre de Nîmes)

Auteur/autrice : Pierre Gelin

Pourquoi la Pentecôte est-elle un « anti-Babel » ?

Quelques explications pour la question 3 seraient souhaitables Pentecôte / anti-Babel…

Pour varier les plaisirs, et pour faire découvrir Prixm si jamais vous n’avez pas encore pris le temps de regarder ce que c’est (ce n’est pas faute d’avoir inondé les malles à outils de FIDEO Bible avec leurs articles !), je vous invite à lire cet article qui dit l’essentiel, de manière fort sympathique au demeurant : D’où vient la diversité des langues ? Réponse avec Babel !

Ça vous changera de mon verbiage ! Et il y a un podcast associé à cet article, à écouter en voiture, en faisant le repassage ou avec un bon whiskey au coin de la cheminée… à la fin du Carême, cela va de soi. Vous verrez, cela a un petit goût de reviens-y (Prixm, hein, pas le whiskey… encore que, pourquoi opposer les deux ?).

Pierre G. (SEDIF)

 



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Comment distinguer la déchirure dans la Tradition de la communion dans la diversité ?

L’Eglise est apostolique. En cette période marqué par l’ordination d’évêque de la part de la FSSPX, d’un côté et par la mise en cause des grandes vérités dogmatiques (ordination des femmes, acceptation de mariage de personnes de mêmes sexes, etc…) d’autre part, nous voyons une déchirure dans l’enseignement traditionnel de l’Église et dans la succession apostolique. Comment distinguer la déchirure de la communion dans la diversité ? Quels sont les fruits à distinguer qui permettent de déterminer si l’arbre est bon ou mauvais ?

Ce que vous décrivez n’est pas nouveau dans l’Histoire de l’Église… Il suffit de voir les querelles terribles qui ont agité le landerneau chrétien durant les premiers siècles après Jésus-Christ pour s’en convaincre ! Mais il est certain que, après plusieurs siècles de « chrétienté » majoritaire (où les débats houleux n’ont cependant pas manqué, même s’ils nous apparaissent aujourd’hui au second plan), certaines remises en cause sont plus visibles et massives.

Alors, comment discerner entre déchirure et diversité au sein d’une même communion ? Il me semble que, la plupart du temps, nous le savons intuitivement : cela tient à notre identité profonde qui est celle d’être fils et filles de Dieu dans l’Église, non hors d’elle. C’est de l’intérieur de cette filiation que nous croyons, parlons et agissons. Le premier discernement ne consiste donc pas à se demander si « j’ai raison contre l’Église », mais comment demeurer enfant de la même Église.

Cela remet en lumière deux grandes vertus : l’humilité et l’obéissance. Non une soumission aveugle à tout, mais la reconnaissance que mon « je » n’est pas au-dessus du « nous » ecclésial et qu’il ne s’accomplit que dans une juste communion avec lui. Je me souviens d’une parole de saint François de Sales qui écrivait que « l’obéissance est le seul masque que le démon ne peut revêtir » – l’humilité, oui, il peut en prendre les traits, mais jamais l’obéissance qui est tout à la fois une attitude intérieure et un acte de vie. Il vaut la peine de relire ses pages, toujours si douces et lumineuses, sur cette vertu.

C’est là, me semble-t-il, le premier critère pour distinguer la déchirure de la communion dans la diversité : la capacité à demeurer enfant de l’Église, de l’intérieur, et non à sa marge. D’autres critères peuvent éclairer ce discernement. Selon saint Irénée, la fidélité à la succession apostolique et à la foi transmise est décisive. Pour saint Augustin, la charité est le lien de l’unité : la vérité sans amour blesse, l’amour sans vérité égare (Benoît XVI l’a souvent redit d’ailleurs !). Le concile Vatican II rappelle que l’Esprit Saint ne suscite jamais des charismes contre la communion de l’Église. Enfin, selon l’Évangile, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez : les fruits de l’Esprit — paix, joie, patience, bonté, maîtrise de soi — manifestent l’œuvre de Dieu plus sûrement que les logiques de rupture, de suffisance ou d’esprit de parti.

Ma réponse est moins théologique que spirituelle : c’est à un positionnement intérieur que j’en appelle pour répondre à votre interrogation. Et peut-être que cela vous laissera sur votre faim… je suis à votre disposition pour en discuter plus longuement si vous le souhaitez…

Pierre G. (SEDIF)

 



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La résurrection de la chair et des morts concerne-t-elle ceux qui vont en enfer ?

La résurrection de la chair et des morts concerne-t-elle ceux qui vont en enfer ?

Oui, la résurrection des morts concerne tous les êtres humains, y compris ceux qui seraient damnés. L’Église enseigne en effet qu’à la fin des temps, lors du retour du Christ, tous les morts ressusciteront avec leur corps, ce que résume le Credo dans cette affirmation : « Je crois à la résurrection de la chair ». Cette résurrection est universelle : justes et injustes retrouveront leur corps, transfiguré selon leur destinée éternelle.

Cependant, la condition du corps ressuscité diffère. Il faut être à ce sujet très prudent, la vie et la mort éternelles nous étant par définition peu accessibles, en dehors de ce que nous dit la Révélation biblique – et la Tradition dans son prolongement. Nous savons que les justes participeront à la « résurrection de vie » : leur corps sera glorieux, incorruptible et participant à la béatitude céleste.

Quant aux damnés, pour eux, il est seulement question de la « résurrection de jugement » (cf. Jn 5,29). Qu’est-ce à dire ? La question est délicate. Disons simplement que leur résurrection n’est pas une glorification, mais la réintégration de leur personne entière (âme et corps) dans un état de séparation définitive d’avec Dieu. Ainsi, même ceux qui iraient en enfer ressusciteraient corporellement, car la justice divine concerne l’homme tout entier, corps et âme.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Quel sont les rapports entre le visible et l’invisible ?

Dieu est Créateur de l’invisible et du visible. Quel sont les rapports entre le visible et l’invisible ? Y a-t-il étanchéité totale entre ces deux univers ou existe-t-il des rapports, des relations ?

Dans la Bible et la foi chrétienne, le visible et l’invisible ne sont ni séparés ni confondus. Ils sont distincts mais en relation, unis dans un même acte créateur de Dieu. Quand le Credo dit : « Créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible », il ne parle pas de deux mondes parallèles étanches, mais de deux dimensions de la même création.

Tout le Premier Testament regorge d’exemples en ce sens, que ce soit les visiteurs d’Abraham au chêne de Mambré, le combat de Jacob au gué de Yabbok, la nuée qui guide le peuple dans le désert, le récit imagé de Tobie guidé par l’ange, etc. Il n’y pas un livre biblique qui n’aborde pas, quasiment à chaque page, l’irruption de l’invisible dans le visible.

Nous en avons également de nombreuses traces dans le Nouveau Testament, concrètes ou imagées : les anges et les démons interviennent constamment, les guérisons physiques en raison de la foi des personnes, les déchirements des cieux et du rideau du Temple se succèdent, les morts se promènent dans Jérusalem à la mort du Christ, etc., etc.

Tout cela peut se vérifier dans notre expérience quotidienne, à commencer par l’âme et le corps. Nous sommes des êtres visibles (corps) animés par un principe invisible (âme). Ou encore : une pensée (invisible) peut faire bouger nos bras et nos jambes (visibles). Ou encore : une blessure du corps peut affecter notre psyché et notre âme. Nous sommes les preuves vivantes et permanentes que visible et invisible communiquent sans arrêt.

Et que dire de la prière ? Et des sacrements, signes sensibles institués par notre Seigneur Jésus-Christ pour produire ou augmenter la grâce divine en nos âmes, selon la formule des vieux catéchismes ? Mais nous entrons ici dans une tout autre dimension, que nous verrons l’an prochain avec FIDEO Sacrements (3e saison à venir de notre passionnante série !).

Pierre G. (SEDIF)

 



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Que veut dire : « en lui » tout fut créé ?

Au commencement était le Verbe et dès le départ tout a été créé dans les cieux et sur la terre par Lui, en Lui et pour Lui. À ce propos, la question de : En Lui a été posée – qu’est-ce que cela signifie ?

Je trouve toujours intéressant qu’une expression qu’on a l’habitude d’entendre (ne serait-ce qu’à la messe : « Par lui, avec lui et en lui ») fasse soudainement l’objet d’une interrogation personnelle. C’est le signe d’une belle vitalité !

Pour répondre à votre question, il faut se remettre dans le contexte de l’épître aux Colossiens. Lorsque S. Paul dit : Tout a été créé par Lui, en Lui et pour Lui (Col 1,16), il parle évidemment du Christ, le Verbe éternel évoqué aussi dans Évangile selon Jean (1,1-3). Cela, vous l’avez bien identifié dans votre question.

Apparemment, les expressions « par Lui » et « pour Lui » ne vous posent aucun souci. Reste donc cet énigmatique « en Lui »… Cela signifie simplement que toute chose trouve dans le Christ son principe de cohésion, son ordre et sa subsistance. En ce sens, il faut regarder le verset qui suit dans l’épître aux Colossiens car S. Paul précise bien : Tout subsiste en Lui (Col 1,17). En d’autres termes, le monde n’est pas seulement créé une fois pour toutes : il demeure porté, maintenu et orienté intérieurement par le Verbe de Dieu.

Les Pères de l’Église ont vu ici l’idée que les raisons ou l’intelligence de toute créature résident dans le Logos. En Christ, tout reçoit son sens profond. Saint Athanase et saint Maxime le Confesseur enseignent par exemple que le Verbe est à la fois origine, harmonie et finalité de la création.

Alors, pour résumer et conclure, on peut dire que « en Lui » signifie tout à la fois que toute existence dépend continuellement du Christ, que l’univers possède en Lui son unité et sa cohérence, et que l’homme ne comprend pleinement sa vocation qu’en demeurant uni au Christ.

Pierre G. (SEDIF)

 



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D’où l’Église tire son autorité : des écrits choisis par elle et qui confirme cette autorité ?

D’où l’Église tire son autorité ? Du Christ et donc des écrits qui nous la révèle. Mais qui choisit ces écrits, sinon l’Église ? Est-ce à dire que l’Église tire son autorité des écrits choisis par elle et qui confirme cette autorité ? Merci de dénouer ce raisonnement.

Votre question me rappelle un débat qui a agité l’Église catholique durant la première partie du XXe siècle : qu’est-ce qui est premier, l’Écriture ou la Tradition ? Car si les Saintes Écritures sont notre fondement, elles sont aussi le fruit de traditions, au sein du peuple d’Israël, puis parmi la communauté des premiers chrétiens. Prenons un exemple : il y a deux récits de la Création, issus de deux traditions différentes, le premier étant le plus tardif chronologiquement. Il y a donc des strates de rédaction qui manifestent la Tradition à l’œuvre…

Alors, qui de l’œuf ou de la poule finalement ? Votre difficulté vient d’un raisonnement circulaire apparent : l’Église recevrait son autorité du Christ à travers les Écritures, mais ce serait aussi l’Église qui aurait choisi les Écritures. En réalité, ce qui est premier n’est ni le livre ni l’institution prise isolément, mais l’Alliance dont Dieu lui-même prend l’initiative. Dieu appelle un peuple, lui parle, agit dans son histoire et, en Jésus-Christ, accomplit définitivement cette Alliance. C’est de cet événement vivant que naissent à la fois la prédication apostolique, les Écritures et l’Église.

C’est pourquoi, dans la foi catholique, Écriture et Tradition ne s’opposent pas et ne se concurrencent pas. Nous ne sommes pas protestants au sens où nous ne fondons pas notre foi sur l’Écriture seule (sola Scriptura). Nous avançons sur deux jambes : l’Écriture, Parole de Dieu mise par écrit sous l’inspiration de l’Esprit Saint, et la Tradition, qui est la transmission vivante de cette même Parole dans la vie de l’Église (déjà à l’œuvre en amont même des Écritures, nous l’avons dit). Le Magistère n’est pas au-dessus de la Parole de Dieu ; il est à son service, chargé de l’interpréter fidèlement.

Les Pères de l’Église témoignent déjà de cette unité. Saint Irénée de Lyon, dans son fameux Contre les hérésies, dont vous avez eu l’occasion de lire un extrait cette année, montre que la foi des Églises fondées par les Apôtres est le critère de la juste interprétation des Écritures. Saint Augustin écrit : « Je ne croirais pas à l’Évangile si l’autorité de l’Église catholique ne m’y portait » (Contre la lettre de Manichéus, V, 6). Il ne place pas l’Église au-dessus de l’Évangile, mais rappelle que c’est elle qui en est la gardienne et le témoin.

Le concile Vatican II exprime admirablement cet équilibre : « La Sainte Tradition et la Sainte Écriture constituent un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu ». Je vous recommande d’ailleurs de lire les numéros 9 et 10 de Dei Verbum qui constituent une formidable synthèse de ces rapports : c’est court, clair et concis. Vous pouvez aussi lire les numéros 80 à 95 du Catéchisme de l’Église catholique, ou encore Verbum Domini de Benoît XVI, qui montre comment la Parole de Dieu est toujours reçue, vécue et transmise dans l’Église.

Évoquons rapidement le canon des Écritures pour finir : si vous avez suivi FIDEO Bible, je vous renvoie à la rencontre 1, dans laquelle je cite les règles de canonicité : l’Église n’a pas « fabriqué » le canon des Écritures ; elle l’a reconnu. Ce n’est pas une reconnaissance arbitraire de tel ou tel livre, comme un videur de boîte de nuit choisirait à la gueule qui rentre et qui ne rentre pas. Plusieurs critères ont guidé ce discernement : l’origine apostolique ou le lien avec les Apôtres, la conformité à la règle de la foi reçue des Apôtres, l’usage liturgique constant et universel dans les Églises, ainsi que la reconnaissance durable par le peuple de Dieu sous la conduite de l’Esprit Saint. Ainsi, c’est le même Esprit qui a inspiré les Écritures, fait vivre la Tradition et guidé l’Église dans la reconnaissance du canon.

Pierre G. (SEDIF)

 



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