11 octobre 2026

Saint Firmin, évêque (propre de Nîmes)

Auteur/autrice : Pierre Gelin

Que signifie le mot « gloire » ?

Questionnement autour du terme de gloire : qu’entend-on vraiment par gloire, comment se la figurer exactement ? Une victoire sur le mal ?

Le terme de « gloire » est l’un des plus beaux de toute la Bible. Il serait bien long de vous en faire toute l’Histoire, de l’Exode jusqu’à l’évangile de Jean.

Pour la faire courte, le mot hébreu kavod signifie étymologiquement « le poids », le fait que ce soit lourd : il désigne par conséquent ce qui a du poids, de la consistance, voire de l’importance… Ce mot est attribué aux rois, aux figures honorées, parfois même aux parents (Tu honoreras ton père et ta mère = c’est le terme kavod qui est employé).

Évidemment, ce mot va aussi être rapidement attribué à Dieu, le peuple d’Israël ne fonctionnant jamais avec des concepts, pour exprimer la majesté divine, la splendeur et la présence manifeste de Dieu comme une réalité « pesante » qui s’impose. On retrouve cette gloire au désert pendant l’Exode et, surtout, dans le Temple de Jérusalem : le mot kavod désigne la présence divine qui imprègne le Saint des Saints. Dans la continuité avec le Premier Testament, l’évangile selon saint Jean va reprendre ce mot : le terme grec doxa, qui traduit kavod, renvoie tout à la fois à la révélation – donc la présence, la réalité « pesante » – de Dieu dans la personne de Jésus, et à la communion entre le Père et le Fils, gloire que Jésus partage avec ses disciples en les introduisant dans la vie divine.

Je la fais courte, mais si vous voulez des précisions sur un emploi particulier du terme « gloire », n’hésitez pas ! Je vous recommande par ailleurs les excellents dictionnaires de vocabulaire biblique qui sont, par exemple, à la bibliothèque diocésaine de Nîmes et qui vous donneront quantité de détails supplémentaires… Je m’en suis inspiré pour cette réponse.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Beaucoup sont solidaires sans le Christ… Que leur manque-t-il de vital ?

Il faut que tous les hommes, désormais plus étroitement unis entre eux par les liens sociaux, techniques, culturels, réalisent également leur pleine unité dans le Christ. TEXTE le but de la constitution de l’Église. Quelle est la nature de cette obligation d’unir tous les hommes dans le Christ ? Beaucoup de personnes se sentent solidaires des autres et proches de leurs voisins sans qu’ils n’éprouvent le besoin de s’unir au Christ. Que leur manque-t-il que seule l’union au Christ peut leur apporter et qui leur est vital ?

Pour être certain qu’il n’y ait pas d’ambiguïté dans la compréhension que vous avez de ce passage de l’encyclique Lumen gentium, précisons d’emblée que cette obligation n’est pas d’abord celle d’imposer le Christ au monde, mais celle, pour l’Église, de rendre présent le don que Dieu offre à tous. Si le Christ est venu, ce n’est pas seulement pour améliorer les relations humaines, mais pour introduire l’humanité dans une communion de vie avec le Père, par l’Esprit Saint. La solidarité, l’amitié, le souci du bien commun sont des biens authentiques, mais ils ne répondent pas à toute la vocation de l’homme.

Car l’être humain n’est pas seulement appelé à vivre avec les autres : il est créé pour vivre de Dieu. Saint Augustin l’exprime en une formule célèbre : « Notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi. » L’union au Christ apporte ce qu’aucun lien humain, si beau soit-il, ne peut donner : la participation à la vie même de Dieu, le pardon qui recrée, l’espérance plus forte que la mort et une charité qui prend sa source en Dieu. L’Église n’a donc pas pour mission de remplacer les solidarités humaines, mais de les ouvrir à leur accomplissement ultime. En faisant connaître le Christ, elle ne retire rien à ce qui est déjà vrai, bon et beau ; elle annonce que tout cela trouve en lui sa plénitude et sa destinée définitive.

 

Pierre G. (SEDIF)

 



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Vin et pain : que représentent-ils ? Le corps et le sang ?

Vin et pain : signification exacte à la suite de la lecture du second texte. Que représentent-ils ? Corps et sang ?

Je ne suis pas certain de savoir si votre question porte sur le texte du P. Teilhard de Chardin ou sur « le pain et le vin » en général. Alors je vais répondre aux deux !

Dans le premier cas, le P. Teilhard de Chardin fait l’expérience de n’avoir ni pain ni vin pour célébrer la messe. Alors il décide d’offrir le monde tout entier au Père. J’en parle en répondant à cette question dans la FAQ FIDEO Credo : Pain et vin : peut-on faire un parallèle avec ciel et terre ? Il faut bien comprendre qu’il s’agit d’un acte symbolique et spirituel : dans la mesure où le pain et le vin, à chaque messe, représente la totalité de ce qui existe, alors faute de pain et de vin, il offre cette totalité elle-même. L’idée ici n’est pas de faire un cours sur l’Eucharistie, avec ses règles canoniques, mais de manifester que toute la Création est ultimement appelée à être offerte à Dieu.

Si votre question porte sur « le pain et le vin » en général, il suffit simplement de relire l’épisode de la Cène : c’est le Christ Lui-même qui choisit le pain et le vin, dans la lignée du Seder (repas pascal des Juifs qui comprend une bénédiction du pain et du vin), non pas pour représenter son corps et son sang, mais pour qu’ils le deviennent réellement, substantiellement : il ne dit pas « Ceci représente mon corps et mon sang », mais Ceci est mon corps et mon sang. c’est le fameux mystère de la transsubstantiation. Je n’en dis pas plus, car ce sera l’objet de la troisième et dernière année FIDEO, sur les sacrements. Patience, donc !

J’espère avoir répondu à votre question…

Pierre G. (SEDIF)

 



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Quels sont les textes bibliques cités par S. Grégoire de Naziance ?

Enfin, merci de nous confirmer les passages bibliques question 3 / texte 2 nous pensons : baptême, pentecôte, le désert, les miracles.

Oui, ce sont des passages possibles… Dans cette question, nous ne voulions pas quelque chose d’académique, mais que vous puissiez goûter combien les Pères sont imprégnés d’Écriture sainte. C’est d’ailleurs valable avec saint Irénée, comme le souligne votre précédente question. En d’autres termes, il n’y a pas de « bonne » réponse ici.

Pour ma part, par exemple, quand j’entends Grégoire de Naziance dire que « le Christ vient au monde, l’Esprit le précède », il m’est difficile de ne pas songer aussitôt à l’Annonciation (Lc 1,35). Les scènes du baptême et des tentations au désert sont explicites : je consonne donc naturellement avec vous. Quand il est question du Christ qui s’en va et de l’Esprit qui lui « succède » (un mot à manier avec précaution au demeurant), on peut penser à la promesse d’un autre Paraclet (Jn 14,16), etc.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Si chaque religion reflète un rayon de la Vérité, quel intérêt a la mission ?

Si chaque religion reflète un rayon de la Vérité, quel intérêt a la mission ? Dès lors, évangéliser, n’est-ce pas détourner le croyant d’une religion vers une autre et lui faire perdre l’illumination particulière de sa religion initiale ?

Vous touchez là l’un des points qui fait le plus débat depuis le concile Vatican II. Ce dernier a repris à son compte les fameuses « semences du Verbe » présentes dans les différentes cultures et religions – une vision héritée des Pères de l’Église.

Mais il faut reconnaître que certains en ont profité par la suite pour en conclure qu’il ne fallait plus évangéliser, que tout était bien partout et tout le temps, et que le dialogue paisible était une fin en soi. Disons-le tout de go : non, le dialogue n’est pas une fin en soi ! Tout est au service de la communion, de l’Amour de Dieu et du salut : « Je crois en un seul baptême pour le pardon des péchés », professons-nous, en nous souvenant avec saint Paul que le Christ est l’unique Rédempteur. Rompre un dialogue quand l’horizon de l’amour humain n’est plus là, ce n’est pas un mal (on le sait dans nos familles, dans certaines relations d’amitié, de voisinage…). Combien plus quand il est question de l’Amour de Dieu !

Alors quoi ? Où s’inscrit l’évangélisation si les semences du Verbe sont déjà un reflet de l’unique Verbe de Dieu ? Eh bien je vais laisser la parole à Jean-Paul II qui, dans une catéchèse du 9 septembre 1998, rappelle ce que sont les semences du Verbe exactement et montre en quoi ce n’est pas incompatible avec l’évangélisation bien comprise. Cela changera de mon verbiage. Bonne lecture !

Pierre G. (SEDIF)

 



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À quelles hérésies répondent la paternité, la toute-puissance et la création de Dieu ?

Sachant que le Credo est fondé pour répondre aux diverses hérésies, à quoi ces notions de « Père Tout-Puissant » et « créateur » s’opposent-elles ? Si ces hérésies n’ont pas disparu au point de nier toute paternité divine ou tout acte créateur, quelles sont les bases intellectuelles sur lesquelles se fondent ces hérésies ?

Lors de la rencontre 5, vous aborderez longuement les hérésies… concernant le Fils. Ce sont effectivement les plus connues. Il faut reconnaître que celles concernant le Père sont souvent moins abordées, parce qu’elles sont moins frontales.

Le rappel de la « paternité », de la « toute-puissance » et de la « création » de Dieu répond d’abord à un bain ambiant de l’Antiquité. À cette époque, plusieurs courants philosophiques et spirituels, comme le stoïcisme et les religions à mystères, croyait en un monde régi par la nécessité, par les étoiles, par des forces impersonnelles. Dire « Père » signifie tout bonnement que le monde n’est pas gouverné par un mécanisme, mais par une intelligence aimante. En affirmant sa « toute-puissance » les Pères conciliaires rappellent que rien – ni la matière, ni le mal, ni l’histoire – n’échappe à la souveraineté de Dieu. En d’autres termes, pour le dire de manière simple : à la lumière de la Révélation, le Credo réfute l’idée que le monde est un accident ou une prison.

Autre courant marquant à l’époque : le dualisme, qui prendra la forme d’hérésies comme le gnosticisme (qui connaît un regain de forme aujourd’hui) et le manichéisme. De mémoire, le P. Luc Mellet en parle dans son enseignement vidéo, quand il est question « du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible » ; mais cela concerne aussi sa « toute-puissance ». J’aborde cela en réponse à un cénacle qui m’interrogeait : C’est quoi le principe dualiste ? Je vous laisse donc regarder la réponse dans la FAQ FIDEO Credo, car elle répond à votre question.

Enfin, la question de la création est fondamentale : dans l’Antiquité, nombre de philosophes – notamment grecs – croient en l’éternité du monde. Je vous renvoie par exemple au Timée de Platon. Pour eux, la matière existe depuis toujours, Dieu s’occupe simplement de l’organiser. Or le Credo, dans la droite ligne du tout premier chapitre de la Genèse, affirme au contraire que le monde n’est pas une émanation ni un bricolage d’un Dieu désœuvré, mais un acte volontaire et gratuit d’un Dieu libre. Ce n’est pas rien ! Sans peut-être en avoir l’air, cela fonde rien moins que la dignité du monde, la liberté humaine et l’amour.

Concernant votre deuxième question, j’avoue que je sèche. Peut-être est-ce dû à ma mauvaise connaissance des hérésies contemporaines concernant le Père ? Il y a bien la résurgence d’hérésies telles que le gnosticisme aujourd’hui, mais est-ce cela dont vous parlez ? Vous devez probablement avoir vent de quelque chose que j’ignore… Vous me direz.

Pierre G. (SEDIF)

 



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