« Seigneur faites nous un » : quel est le lien entre unité et vérité ?
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« Seigneur faites nous un » serait le cri de tous les hommes. Est-ce le désir de vérité, partagé par tous alors que le désir de ne faire qu’un semble étranger à beaucoup ? Pourrait-il y avoir un lien entre unité et vérité ?
Ut unum sint – « Qu’ils soient un » : c’est au cœur de la prière sacerdotale de Jésus, dans l’évangile de Jean : Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi (Jn 17,21) Jésus prie pour l’unité de ses disciples, afin que le monde croie ; cette unité trouve son modèle dans la communion trinitaire elle-même (qui est la vérité totale). Alors oui, il y a un lien étroit entre unité et vérité. Dans l’Église, cette parole est devenue un fondement majeur de la recherche de l’unité entre chrétiens. Saint Jean-Paul II a repris cette expression comme titre de son encyclique Ut unum sint (1995), consacrée à l’engagement irréversible de l’Église catholique en faveur de l’œcuménisme, affirmant que l’unité des chrétiens est au cœur de la mission de l’Église.
Au fond, celui qui exprime le mieux ce lien indissociable entre unité et vérité, outre le Christ lui-même bien entendu, c’est encore saint Paul : il exprime à plusieurs reprises que l’Église ne se comprend pas d’abord comme une association humaine, mais comme le Corps du Christ, fondé sur la vérité révélée par Dieu (cf. 1 Co 12,12-27 ; Rm 12,4-5 ; Ep 4,15-16 ; Col 1,18.24…). Si l’on fait écho à ce que Jésus dit de lui-même : Je suis le chemin, la vérité et la vie (Jn 14,6), on comprend que l’unité chrétienne ne peut être séparée de la communion dans la vérité du Christ.
Qu’est-ce que cela signifie pour nous, membres de l’Église ? L’unité visible de l’Église — dans la foi, les sacrements et la communion avec les pasteurs, en particulier le successeur de Pierre — est considérée comme un signe et un fruit de la vérité reçue des apôtres. Selon le Concile Vatican II (Lumen gentium, n. 1), l’Église est « le sacrement […] de l’unité du genre humain », ce qui implique qu’elle est gardienne et servante de la vérité salvifique. Cependant, pour l’Église catholique, la vérité ne s’impose pas par contrainte mais se propose dans la charité. L’œcuménisme lui-même ne vise pas un compromis doctrinal, mais une pleine communion dans la vérité tout entière. Ainsi, unité et vérité s’embrassent : l’unité authentique naît de la vérité accueillie et vécue dans l’amour.
Pierre G. (SEDIF)
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