11 octobre 2026

Saint Firmin, évêque (propre de Nîmes)

Auteur/autrice : Diocese De Nîmes

Retour sur la journée des prêtres, vendredi 19 novembre

Monseigneur,

S’il est une joie que nous ne pouvons feindre, c’est celle de vivre cette fête des prêtres du diocèse avec notre nouvel évêque, de le recevoir comme un père, d’écouter sa parole et de partager sa mission.

Votre arrivée à Nîmes, précédée par la renommée d’un pasteur aux riches qualités et à la longue expérience épiscopale, a suscité en nous une forte espérance et fait monter vers le Seigneur notre alléluia de reconnaissance. Obéissant aux appels de l’Esprit, vous n’avez pas hésité en bon pèlerin de l’Evangile, à quitter la terre bénie de Lourdes pour venir accomplir chez nous une nouvelle étape de votre tâche missionnaire. Nous saluons votre disponibilité à notre égard et nous vous en remercions chaleureusement.

En vous présentant, le journal La Croix titrait : « L’Eglise du Gard face au défi de l’unité ». C’est vrai : la diversité est grande chez nous à plusieurs titres. Diversité géographique d’abord : allant du niveau de la mer aux 1.566 m du Mont Aigoual, notre territoire est couvert de vignes et de vergers en plaine maritime et rhodanienne, et de pommiers et châtaigniers en Cévennes, avec au centre les sauvages garrigues, et aux deux extrémités, d’un côté les Causses arides se prolongeant en Aveyron et de l’autre l’étendue calcaire de Païolive s’étirant vers l’Ardèche ; diversité sociologique aussi, avec une population cévenole et vivaraise au nord, languedocienne et provençale au sud, chacune ayant conservé quelques expressions de son parler local et de ses coutumes comme la tauromachie dont les corridas, bruyamment célébrées par les uns, farouchement contestées par d’autres ; diversité religieuse enfin, avec une population devenue progressivement chrétienne vers l’an 280 avec l’arrivée à Nîmes de St Baudile, constituée en diocèse au siècle suivant avec son 1er pasteur St Félix, et marquée depuis le haut Moyen-âge par la présence d’une petite mais influente communauté juive, par la permanence depuis le 16° s. de diverses confessions protestantes, et par l’arrivée récente de communautés musulmanes d’origines diverses, sans oublier fin 19ème siècle et début 20ème une importante immigration de population catholique italienne, espagnole, portugaise et polonaise qui, il y a encore 45 ans avait chacune son aumônier autochtone. Aujourd’hui la majorité de notre population glisse vers l’indifférence et notre diocèse, comme bien d’autres, s’appauvrit de plus en plus, non seulement en ressources financières, mais en nombre de fidèles et de vocations.

Mais arrêtons là ce constat qui n’est pas de mise en christianisme : la pauvreté ne saurait être prétexte à lamentation puisque selon St Paul c’est dans la pauvreté que déborde la richesse de Dieu, et dans la faiblesse que se déploie sa puissance. Rien donc ne devrait fissurer notre espérance et compromettre notre engagement.

Vous arrivez dans un pays culturellement divers, aux prestigieux monuments romains, parmi lesquels le fascinant Pont du Gard qui fut bâti au 1er siècle de notre ère pour ravitailler en eau la population d’Uzès, au moment même où un certain Jésus de Palestine bâtissait son Eglise pour répandre sur le monde l’eau vive de son amour. Je me permets toutefois de signaler que, non loin du Pont du Gard, reliant au dessus des gorges du Gardon les anciens diocèses de Nîmes et d’Uzès, nous avons un charmant petit pont construit au 13ème siècle par les Templiers, qui porte le nom prédestiné de pont St Nicolas ; vous avez déjà eu l’occasion de le franchir.

Depuis deux mois, vous commencez à nous connaître, à vous accoutumer à notre accent, à notre tempérament méridional, à notre tendance à la procrastination, à nos intelligences parfois lentes comme celle des disciples d’Emmaüs, et à notre caractère un peu reboussié comme on dit dans nos Cévennes.

Vous arrivez chez nous pour continuer la mission des apôtres, avec la grâce personnelle que vous donne la plénitude du sacerdoce et le partage de la condition baptismale que nous possédons tous en commun, ce que St Augustin se plaisait à souligner par une formule devenue célèbre : « Pro vobis episcopus, vobiscum christianus » : Pour vous je suis évêque, avec vous je suis chrétien. (Sermon 340)

Sous votre devise inspirée de la lettre aux Galates, nous sommes donc unis pour marcher ensemble dans l’Esprit St et œuvrer en synodalité pour le bien de tous. En cela, nous aurons toujours besoin d’être éclairés par la parole de Dieu, rassemblés dans l’eucharistie et guidés vers le Royaume. Il nous sera parfois nécessaire d’être réveillés de nos somnolences toujours possibles, d’être mis en garde contre la tentation de jouer l’ambigu jeu de rôle du cléricalisme ou celle de glisser dans les pièges du Malin.

Cette fête des prêtres se déroule à quelques semaines du rapport Sauvé qui a produit en nous une douleur abrasive sans égale, nous remplissant de honte et de tristesse. Comment des fils de l’Eglise parmi les plus chers ont-ils pu commettre les fautes les plus impensables et les trahisons les plus perfides pour devenir des oxymores mélangeant la sainteté de la fonction et la turpitude du comportement ! Le baiser de Judas à Gethsémani se répèterait-il toujours ? Mais ne jugeons pas ; regardons plutôt si nous n’avons pas quelque poutre au coin de l’œil et pour une fois imitons les prêtres de Jérusalem qui confessaient leurs péchés et « pleuraient entre le portique et l’autel, en disant : pitié, Seigneur, ne livre pas ton héritage au déshonneur et au persifflage des nations » (Joël 2,17). Nous avons tous un discernement spirituel à opérer en nous rappelant que notre cœur pourrait être notre premier lieu de mission, qu’on ne saurait être un authentique témoin de l’Evangile sans être vrai avec soi-même, et être ami du Christ sans entretenir avec lui une fervente relation d’amour.

Cela nous appelle à désensabler régulièrement la source de notre générosité et à mettre en œuvre les plus petits de nos talents. Vous serez là, Père, pour nous aider à reprendre souffle, à oser l’espérance et à poursuivre ensemble la construction du royaume de Dieu, sans oublier que « si le Seigneur ne bâtit la Maison, en vain travaillent les maçons » (Ps. 126)

Pour cette construction, certains n’apprécient pas les positions du pape François, préférant rester entre eux plutôt que risquer les périphéries. Il y a pourtant longtemps qu’il nous a été dit d’aller aux nations, que Vatican II nous a rappelé que, par nature, l’Eglise était missionnaire et qu’à la même époque Paul VI écrivait « qu’une Eglise qui n’entrerait pas en dialogue avec le monde et ne se ferait pas message, parole et conversation, ne saurait être l’Eglise du Christ. ».(Ecclesiam suam § 67). Ce qui signifie comme le rappelait récemment Jean Marc Aveline, le talentueux archevêque de Marseille, « que le centre de gravité de l’Eglise n’est pas en elle-même, ni même entre Dieu et nous, mais entre Dieu et le monde. » Nous ne pouvons donc rester enfermés dans ce que certains appellent « l’Eglise de toujours », mais devons être prêts à viser le large, avec l’amour du Christ chevillé au cœur.

Il est dit dans la bible qu’un jour Jacob rencontra un ange qui le blessa à la hanche pour la vie. Nous aussi un jour nous avons rencontré le Christ dont l‘amour nous a blessé au cœur pour la vie, et depuis, par cette bienheureuse blessure, n’ont cessé de couler en nous les grandes eaux de sa miséricorde dont nous faisons mémoire quotidiennement en célébrant le sacrement cardinal de notre salut et de la gloire de Dieu.

Cela aussi, Père, vous nous aiderez à le vivre et à le partager. Certes il y aura toujours des difficultés à surmonter et des choix à vérifier, mais le souffle de l’Esprit et votre présence seront là pour nous relancer dans une mission que nous ne pouvons abandonner. N’oublions pas ce mot qu’un chrétien du second siècle adressait à son ami païen Diognète : « Le poste que Dieu nous a confié, lui écrivait-il, est si beau qu’il ne nous est pas permis de le déserter ». L’heure en effet n’est pas à la désertion, au laisser-aller, à la routine, mais à la vigilance pour que chacun, comme le bon serviteur de l’évangile, reste fidèle au poste que Dieu lui a confié.

Ainsi, puissions-nous ensemble, évêque, prêtres, diacres, consacrés, fidèles, faire de notre diocèse une Eglise engagée, une Eglise qui ne se replie pas sur elle-même mais soit ouverte à la rencontre et au dialogue, une Eglise accueillante et fraternelle où « les joies, les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps » (G&S 1,1) soient partagés, une Eglise qui n’ait pas peur de dire sa foi sans répéter le passé, d’engendrer l’avenir sans renier la Tradition et de rester ferme sur son Crédo tout en étant ouverte à la réforme de son Droit et à l’aggiornamento de sa gouvernance, une Eglise qui ne gémisse pas sans cesse sur son peu de membres mais s’interroge plutôt vers qui elle va, une Eglise enfin où les petits, les pauvres, les oubliés, les lointains ne soient pas laissés pour compte mais accueillis comme des frères.

Poussés par l’Esprit Saint, puissions-nous, «comme des pierres vivantes prêtes à s’édifier en maison spirituelle » (1 P. 2.5), former en Christ une Eglise de Nîmes heureuse de vivre sa vocation et de marcher vers son accomplissement dans le Père des Cieux qui un jour sera pour nous Parousie de joie, Plérôme de gloire, Dieu tout en tous, nous comblera d’un bonheur sans fin et nous rendra pour toujours «saints et immaculés devant sa face dans l’amour. » (Eph 1.4).

C’est dans cette espérance, Père, que nous sommes heureux aujourd’hui d’être rassemblés avec vous pour renouveler intérieurement le don fait de nous-mêmes lors de notre ordination et pour nous souhaiter joyeusement les uns aux autres : bonne fête !

Père René Guignot

Et si cette proposition était pour vous ?

Proposé par plusieurs services diocésains (Formation, catéchèse, catéchuménat, pastorale des jeunes, pastorale liturgique et sacramentelle) et l’Enseignement catholique du Gard, le parcours de formation « Disciples-Missionnaires », dont la seconde session démarre en janvier prochain, est une vraie opportunité pour des laïcs en responsabilité, susceptibles de l’être, ou tout simplement très motivés pour développer leur foi et leur vie chrétienne. Et si cette démarche était pour vous ? Informez-vous et posez-vous la question…

Le fondement de la proposition ?

Une exhortation apostolique : « Disciples-Missionnaires », le pape François utilise très souvent cette expression et en a fait le cœur de son message dans son exhortation « La joie de l’Évangile » : « Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus Christ ; nous ne disons plus que nous sommes « disciples » et « missionnaires », mais toujours que nous sommes « disciples-missionnaires ». Evangelii Gaudium, 120

Son organisation et ses objectifs ? 

Le parcours Disciples-missionnaires est un parcours de formation sur un an et demi, à raison d’une rencontre tous les deux mois et de deux week-end (mai 2022 et 2023).
La seconde session commencera le samedi 22 janvier 2022 et se terminera en juin 2023. (ici le calendrier complet).
Attention cependant : s’agissant d’un parcours il demande un engagement et probablement des choix pour le suivre dans la durée, mais les témoignages des participants révèlent que ce n’est pas un frein et que ça en vaut la peine.

Le parcours qui alterne apports et travaux d’équipes et conjugue à la fois une dimension apostolique et pastorale, théologique et spirituelle, vise à :
• Soutenir des personnes en responsabilité ou susceptibles de l’être.
• Consolider les fondements de sa foi.
• S’ouvrir à la dimension diocésaine de l’Eglise.
• Devenir « Disciples-missionnaires ».

« Le véritable missionnaire, qui ne cesse jamais d’être disciple, sait que Jésus marche avec lui, parle avec lui, respire avec lui, travaille avec lui. Il ressent Jésus vivant avec lui au milieu de l’activité missionnaire, » écrit encore le Pape François dans La joie de l’Evangile (266). Que ces paroles fortifient la confiance en Jésus-Christ et stimulent tous ceux qui sont ou se sentent appelés, à faire le pas.


Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 22 décembre 2021.
Vous êtes intéressé (e) ?
Contactez votre curé ou adressez-vous directement au Pôle Annonce de la foi

Téléchargez le flyer
Télécharger l’affiche

 

 

 

Et dans le Gard ?…

Dimanche prochain 21 novembre a lieu la journée nationale du Secours catholique Caritas France et sa collecte. Une semaine après la Journée Mondiale du Pauvre, ce rendez-vous est stimulant pour placer au cœur de nos communautés l’attention aux personnes avec une vie difficile, précaire. C’est aussi un appel pour qu’au quotidien de nos vies nous ayons ce souci, même si nous savons que regarder vers le pauvre est toujours difficile…

. Au plan national, jusqu’à 7 millions de personnes auraient eu recours à l’aide alimentaire en 2020, soit près de 10 % de la population française. La pandémie de Covid-19 a déstabilisé des situations budgétaires déjà très serrées.

. Dans le Gard, le Secours Catholique a soutenu plus de 1 500 ménages pour une somme de 280 000 € en chèques services, tandis qu’après le besoin d’écoute, l’aide alimentaire est de loin la première demande exprimée par les ménages rencontrés par le Secours Catholique.
Cela se traduit par la mise en place d’un projet de paniers solidaires – sur certaines communes de la Vallée du Rhône (Beaucaire, bientôt Bagnols, les Angles) et du sud du Gard (Vauvert, Aimargues, Redessan, Garons, St Gilles, bientôt Sommières) – d’une épicerie solidaire à Aramon, et enfin du jardin la Main Verte à Alès.

Ainsi, plus de 415 foyers bénéficient du projet de paniers solidaires, qui permet à des publics en précarité d’acheter à très bas prix des fruits et légumes issus de l’agriculture bio locale. Ces personnes évitent ainsi d’avoir recours à l’aide alimentaire classique, en leur permettant de participer à un projet dont elles sont à la fois bénéficiaires et actrices. En effet, les bénéficiaires contribuent, s’ils le souhaitent, à l’organisation et la mise en œuvre du projet, ils participent aux décisions et développent ainsi leur pouvoir d’agir.

Le projet a également pour objectif de soutenir les petits producteurs locaux de fruits et légumes bio. Cela contribue à revitaliser l’agriculture locale, à développer des circuits courts, et participe ainsi à la lutte contre le réchauffement climatique.

logo secours catho - Paroisse de Saint-Cyr-l'École
> lire le rapport sur l‘état de la pauvreté en France (power-point)
> lire le rapport sur l’état de la pauvreté dans le Gard (dossier de presse)
> lire la fiche synthétique qui reprend les éléments et les chiffres concernant le Gard
> retrouver la délégation du Gard en ligne 

Service diocésain de la communication

2 en 1 : la Journée mondiale des pauvres et la Journée nationale du Secours catholique

Si elles se déroulent à quelques jours d’intervalle ces deux journées sont étroitement unies puisqu’elle rappellent l’option préférentielle de l’Evangile (et donc de l’Eglise) pour les pauvres, « cette exigence éthico- sociale qui vient de l’amour de Dieu » et « qui n’est ni une option politique, ni une option idéologique. » (Pape François, audience du 19.08.2020).

Instituée par le pape François et fixée au 33e dimanche du temps ordinaire, la cinquième édition de la Journée mondiale des pauvres aura lieu le 14 novembre prochain. Dans son message, le Pape François nous invite à recevoir « les pauvres comme sacrement du Christ » et d’avoir une intention particulière pour eux.

Par ailleurs, le dimanche 21 novembre sera la Journée nationale et la collecte du Secours Catholique. On pourra également prendre connaissance à ce moment-là du rapport 2021 de l’organisation, sur l’état de la pauvreté en France et dans le Gard.

Infocom

Assemblée plénière des Evêques à Lourdes

L’Assemblée plénière d’automne des évêques de France s’est tenue du mardi 2 au lundi 8 novembre 2021 au sein du sanctuaire de Lourdes.

Cette assemblée s’est ouverte mardi 2 novembre par une journée consacrée à la lutte contre les violences et agressions sexuelles sur mineurs et à la réception du rapport de la CIASE.
Les après-midi des jeudi 4 et vendredi 5 novembre ainsi que la matinée du 6 novembre y étaient également consacrés. Des invités ont été accueillis, et, parmi eux, des personnes victimes. Ils ont échangé avec les évêques lors de ces temps de travail.
Un geste pénitentiel et un temps de prière sur le parvis de la basilique Notre-Dame-du-Rosaire de Lourdes ont eu  lieu samedi 10 novembre à 10h30.
> voir la vidéo du temp mémoriel

La journée du mercredi 3 et la matinée du jeudi 4 novembre étaient consacrées à la séquence “Clameur de la Terre, clameur des pauvres”, en présence de représentants de groupes de personnes en précarité, dans le sillage de la réflexion initiée par les évêques lors de l’Assemblée plénière de novembre 2019.

A noter également : dimanche 7 novembre sur France 2 a retransmis la messe télévisée en direct de la basilique Notre-Dame du Rosaire à Lourdes dans le cadre de l’Assemblée Plénière des Evêques.

Eglise et handicap : des progrès – fragiles

A l’occasion de son dossier du mois de septembre consacré à la place des personnes handicapées dans l’Eglise, la revue Ombres & Lumière a réalisé en juin-juillet une enquête auprès des catholiques de France, en partenariat avec la Conférence des évêques de France. Les résultats quantitatifs du sondage sont complétés par de nombreux propos libres (plus de 200 contributions), rassemblés dans un Livre blanc devant être remis aux évêques.

Plus de 500 personnes ont répondu à cette enquête. Une implication importante qui permet de dégager des résultats signifiants. La majorité d’entre elles (69, 1%) se disent concernés par le handicap (porteurs d’un handicap : 15, 3 % ; proches : 47, 95% ; les deux : 5, 8 %). Trois sur quatre environ (73%) sont des femmes.

Concernant les résultats eux-mêmes :
1. Les catholiques pensent en majorité que les personnes handicapées « commencent à être mieux accueillies dans l’Eglise »
> 56 % des participants considèrent que les personnes handicapées « commencent à être mieux accueillies dans l’Eglise ». Une minorité considère qu’elles sont « globalement bien accueillies » (28, 5%) ; et une autre minorité qu’elles sont « mal accueillies » (15, 5 %). à noter que ce dernier chiffre monte à 30 % dans les réponses des personnes handicapées elles-mêmes.

2. Toutefois, cet accueil est perçu différemment selon les handicaps
> Les participants font une différence entre les handicaps. Ainsi l’appréciation est plutôt positive pour les personnes avec un handicap moteur (79, 9 % considèrent qu’elles sont plutôt bien accueillies ou très bien accueillies), sensoriel (51, 9%) et mental (54, 2%) ; beaucoup plus mitigée pour l’autisme (68, 9 % considèrent qu’il est plutôt mal ou très mal accueilli), et le handicap psychique (63, 5%).

3. Et la paroisse n’apparaît pas encore assez comme un lieu d’inclusion
> La paroisse est encore peu un lieu de rencontres de personnes handicapées. Pour une majorité des répondants, la paroisse est peu (48, 8 %) ou pas du tout (16, 2 %) un lieu qui donne l’occasion de rencontrer des personnes handicapées. En revanche, le rapport s’inverse dans les sanctuaires : ils sont très souvent (29, 8%) ou assez souvent (34, 3%) des lieux qui donnent l’occasion de rencontrer des personnes handicapées.
> 90 % des participants souhaitent une meilleure participation des personnes handicapées à la vie de la paroisse ; prioritairement dans les équipes pastorales (67%), comme servants d’autel (65, 9%), ou comme lecteurs (55%).

Et dans le diocèse de Nîmes ?

La Pastorale des Personnes Handicapées dans le diocèse de Nîmes rappelle, à temps et à contre temps la préférence de Dieu pour les pauvres, les petits, les vulnérables : « Les personnes avec handicap nous invitent à exercer notre regard pour entrer plus avant dans le regard de Dieu pour l’humanité. Ainsi, nos communautés gagneront en vie véritable si elles s’ouvrent à elles pour qu’elles y trouvent leur place. »

> La petite équipe diocésaine réunie autour de Bernard Fenet, diacre permanent et délégué diocésain à la PPH, invite cette année à se pencher plus particulièrement à l’accueil dans les familles : « Comment vivons-nous au mieux l’irruption parmi nous d’un membre (enfant, jeune, adulte, personne âgée) porteur de handicap ?
> Elle propose aussi une rencontre le 11 décembre à Nîmes, et des réunions en divers lieux du diocèse au printemps prochain pour partager et avance sur cet accueil. » BD

_______________________

“La grande majorité des personnes qui ont répondu souhaite une Église inclusive : attentive à chacun, qui accueille tout le monde y compris les plus fragiles, qui se met au service des plus petits… Mais il faut que nous mettions l’accent collectivement, notamment sur les personnes qui sont atteintes d’autisme et de handicap psychique. C’est plus difficile mais c’est vraiment une priorité aujourd’hui.

L’objectif, pour nous l’Église et pour nous dans l’Église, ce n’est pas d’admettre les personnes handicapées, ni de les mettre au premier rang pour se donner bonne conscience, mais de faire en sorte qu’elles soient vraiment au milieu de la communauté, comme des membres à part entière qui ont autant à nous apporter et à nous donner qu’à recevoir de nous.

Rester vigilants !
Attention à rester vigilant car les progrès sont fragiles. Souvent, une bonne inclusion des personnes handicapées, de leurs familles et des plus fragiles au sens large, dépend trop de personnes. Cela dépend d’un curé particulièrement impliqué, ou d’un évêque vigilant à rappeler régulièrement que l’accueil des plus petits est au cœur du message évangélique et de la vocation de l’Église, cela dépend de paroissiens engagés. Et l’on peut retomber assez vite si on ne reste pas vigilants.

Être exemplaires
Ce qui vaut pour les personnes handicapées vaut pour tous. Néanmoins, il y a un point important à avoir en tête : l’Eglise a au cœur de son message l’accueil des plus fragiles, ce qui n’est pas le cas de la société. Elle doit être exemplaire. Or il n’est pas certain que sur ce sujet, nous Eglise, nous soyons en tête du peloton.”

Emmanuel BELLUTEAU, président de la fondation OCH