10 octobre 2026

Saint Ghislain

Auteur/autrice : Diocese De Nîmes

Ce vendredi soir, à Nîmes et partout ailleurs…

Suite au communiqué et à l’appel à la prière de la conférence des évêques de France, jeudi 29 octobre, ce vendredi soir, 30 octobre à 17h, à la Cathédrale de Nîmes, la prière pour les victimes de l’assassinat de Nice sera récitée.

Durant la journée, (entre 10h et 12h et entre 15h et 18h) on peut déposer un cierge sur l’arbre de Lumière dans la chapelle Notre Dame de Lourdes à cette intention pour manifester sa solidarité et son rejet de l’horreur islamisme barbare.
Chacun doit être muni de son autorisation de déplacement.

Seigneur,
Nous te confions notre pays alors qu’il vient de connaitre un nouvel événement dramatique à travers l’assassinat de plusieurs personnes dans la basilique Notre Dame de Nice. 
Ton Fils, sur la Croix, a crié le désespoir de notre humanité. Entends notre cri. Il nous entraine aussi dans sa résurrection. Qu’il nous enracine dans une authentique espérance. 
Nous te prions pour les défunts et leur famille. Nous te confions leur douleur. 
Nous te prions pour la communauté chrétienne et tous les habitants de la ville de Nice. Donne tout particulièrement aux catholiques d’être confortés et renouvelés dans leur témoignage évangélique.
A la veille de la Toussaint, que l’Esprit Saint fasse plus que jamais de nous des artisans de paix, dans la justice et la vérité. 
Par l’intercession de Notre Dame, nous te prions : Je vous salue Marie, pleine de grâce…

Attentat de Nice : des voix musulmanes « d’ici » manifestent leur compassion

Suite à l’attaque au couteau qui a eu lieu en la basilique Notre-Dame de l’Assomption, à Nice, jeudi 29 octobre et au cours de laquelle plusieurs personnes ont été mortellement touchées, de nombreuses voix continuent de s’élever pour manifester leur horreur, leur incompréhension et leur solidarité. Par l’intermédiaire de son délégué diocésain au dialogue interreligieux, Jean-Paul Rychener, plusieurs représentants de la vie associative ou de la religion musulmane du Gard ont également adressé leur soutien au diocèse de Nîmes.

Restons unis face à la haine. En cette veille de la fête de Toussaint, rappelons-nous les Béatitudes :  « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu ».

– En mon nom et aux noms de la communauté musulmane bagnolaise nous présentons nos sincères condoléances à nos amis frères de la communauté chrétienne, nos pensées vont tout d’abord aux victimes et leurs familles et nous prions notre seigneur tout puissant de les aider à traverser cette tragédie.
Cette barbarie atroce qui empoisonne notre vie et déchire nos cœurs ne trouvera pas place dans notre belle république et ni dans nos lieux de cultes respectifs, notre détermination est sans faille et tous ensembles nous maîtriserons ce mal.
Fraternellement.
Mahjoub, imam de la mosquée AT-TAWBA (Bagnols)

– Je suis triste et choqué d’avoir appris cette nouvelle tragédie à Nice.
Triste pour la famille des victimes à qui je transmets tout mon soutien dans cette épreuve.
Je transmets également mon soutien à la communauté Catholique.
Je suis choqué de voir que certains malades mentaux puissent s’en prendre à des citoyens Français sortant d’un lieu de culte.
Il n’y a pour moi aucune idéologie qui puisse justifier ces actes monstrueux que je condamne fermement.
C’est toute la France et toutes les religions qui sont en deuil aujourd’hui.
Non, on n’opposera pas les religions et les croyances entre elles.
Au contraire,
En tant que Français de confession musulmane j’appelle à l’unicité et à la solidarité car toutes les religions appellent à l’amour et au vivre ensemble.
Yassine Taleb, secrétaire de l’association cultuelle musulmane de Pont St Esprit.

– Au nom de l’association Amen et de ses membres, je tiens à apporter le soutien à toute la communauté chrétienne de France et de Navarre ainsi qu’à tous les chrétiens de ce monde. Que Dieu apaise nos cœurs et nous protège du mal en ces temps difficiles.
Fraternellement,
Fahim Abdoul-djabar
Association AMEN (Association des mosquées de l’Est Nîmois – St Gervasy)

– Encore un acte de folie meurtrière qui a souillé cette fois la  basilique de Nice.
Je ne peux qu’être affligé et horrifié.
Nos prières accompagnent les victimes et leurs famille et proches.
Que le tout puissant nous préserve, ainsi que toute l’humanité, de ce cercle infernal de violence et de haine.
Et qu’Il inspire la sagesse nécessaire aux responsables politiques, le chef de l’État en premier, pour trouver les mots et l’attitude qui permettent d’apaiser les choses et de rompre avec cette violence insupportable qui attente à la vie d’innocents, répand la peur, brise l’esprit de fraternité, et salit l’islam et les musulmans.
Bien à vous 
Sahnoune Karrad, communauté musulmane d’Alès

– C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai appris l’attaque de notre Dame à Nice et la mort de trois personnes par un personnage inhumain barbare qui s’aime la terreur et la haine.
L’Islam est une religion pacifique comme toutes les religions.
J’espère que l’a raison l’emporte et que la paix soit avec nous tous
Vive la république et vive la France.
Amitié.
Driss El Moudni, Nîmes
président des Associations culturelles et culturelles du Gard 

Ce jeudi 29 octobre 2020, à Nice, dans la basilique Notre-Dame du Port, un nouveau drame sauvage et barbare a fait 3 victimes.
D’abord, nous nous associons à la douleur des familles auxquelles nous présentons nos sincères condoléances.
Nous souhaitons un prompt rétablissement aux blessés.
Plus largement, c’est fraternellement que nous participons au deuil de la communauté Catholique et comme tous nos compatriotes, nous sommes une nouvelle fois malheureusement, horrifiés, consternés, et meurtris.
C’est avec la plus grande fermeté que le Collectif des Mosquées du Gard condamne cet acte odieux.
Dieu est Grand ! Il veillera sur Nous, notre Nation, et le Vivre Ensemble de nos enfants.
Le Collectif des Mosquées du Gard

Je suis de tout cœur avec vous et j’ai une pensée très émue pour tous mes frères chrétiens.  Attaquer un lieu de culte, c’est s’en prendre à l’essence même de toutes les religions, c’est attaquer à l’Amour, celui qui nous unit.
La barbarie n’aura jamais de place dans nos religions.
Très fraternellement.
Nidhal,  Jeune femme musulmane épouse d’un catholique

– Chère communauté catholique,
En tant que Musulmane je tiens à vous témoigner mon soutien et ma compassion devant une telle horreur qui s’est passé hier, cet individu ne peut contenir aucun atome de foi ou d’humanité pour commettre ce genre de crime. Les victimes étaient en paix dans un lieu où chaque être humain devrait se sentir en sécurité, je présente mes sincères condoléances aux familles de ces victimes; ces monstres qui agissent au nom de Dieu N’ont fait que provoquer sa colère parce que c’est une part De Dieu qu’ils tuent a chaque fois puisque Dieu a mis une part de son Esprit dans chaque être humain. Lislam ne peut tolérer accepter ou cautionner ces crimes. Tous mes proches et la communauté musulmane se joint à ce message pour vous témoigner notre solidarité et notre peine devant ces actes terroristes effroyables . Mme Amirrouche

Permettez-moi, après l’effroyable attentat survenu ce matin à Nice, de dire par ces quelques lignes ma compassion et ma solidarité à l’ensemble des catholiques.
Nous ne trouvons pas les mots pour qualifier ce triple assassinat terroriste commis par un barbare dans une basilique, lieu de culte, lieu sacré par excellence. Nous ne trouverons pas non plus de mots assez forts pour condamner de toute notre âme cet effroyable attentat et son auteur qui a ôté la vie à des fidèles venus chercher la paix et le recueillement dans la prière.
J’ignore si cela a un grand sens, mais il me tient à cœur de témoigner à l’ensemble des chrétiens mes condoléances et mon soutien.
Je vous saurai gré de faire savoir que votre peine comme votre colère et votre sidération sont nôtres.
Puissent la paix triompher et s’installer définitivement.
Fateh Kimouche, Journaliste indépendant

– Chers amis et chères amies,
C’est le cœur lourd et larmoyant que je vous écris ces quelques mots en mon nom et en celui de mes collègues de l’association. Je ne sais pas par quoi commencer, tellement les mots me manquent face à la colère, l’incompréhension et la douleur que nous ressentons.
Nous sommes choquées, outrées, nous tenons à vous témoigner notre soutien notre amitié en ce moment si douloureux. Dieu n’a jamais préconisé ou ordonné de tuer un être humain comme ça, gratuitement, nous ne sommes pas en pleine guerre !!! Une amie tout à l’heure me rappelait que Dieu interdit de tuer dans un lieu de culte même si une guerre se déroulait à l’extérieur, si une personne se réfugie dans un lieu de culte, il est interdit à un musulman d’y entrer pour ôter la vie à qui que ce soit. L’Islam pour rappel, prône la paix, l’entente, la générosité, l’entraide, pas l’horreur ni la haine.
NON, ce n’est pas l’islam que de tuer des innocents.
Ce n’est pas l’islam que de tuer des femmes, des vieux. NON, ce n’est pas l’islam. Ces paumés de la vie font le mal au nom de l’Islam.
Chers amis et chères amies, chers frères et sœurs de cœur, nous sommes avec vous.
Nous pleurons à vos côtés, au nom de l’association « Agir ensemble toutes », nous vous soutenons dans cette douloureuse épreuve. Que Dieu punisse toutes personnes qui de près ou de loin ont contribué à cette attaque meurtrière. Fraternellement.
Association féminine « Agir ensemble toutes »

Nice : malgré la douleur, faire face à cette menace traître et aveugle (communiqué du 29/10/2020)

Les meurtres perpétrés ce matin à Nice dans la Basilique Notre-Dame plongent la Conférence des évêques de France dans une immense tristesse. Nos pensées et nos prières vont aux personnes victimes, aux personnes blessées, à leur famille et à leurs proches. C’est parce qu’elles se trouvaient dans la Basilique que ces personnes ont été attaquées, assassinées. Elles représentaient un symbole à abattre.
Ces assassinats nous rappellent le martyre du Père Jacques Hamel. À travers ces actes horribles, c’est tout notre pays qui est touché. Ce terrorisme vise à installer l’angoisse dans toute notre société. Il est urgent que cette gangrène soit stoppée comme il est urgent que nous retrouvions l’indispensable fraternité qui nous tiendra tous debout face à ces menaces.
Malgré la douleur qui les étreint, les catholiques refusent de céder à la peur et, avec toute la nation, veulent faire face à cette menace traître et aveugle.

Partout où cela sera possible, le glas des églises de France sonnera aujourd’hui à 15h. Les catholiques seront invités à une prière pour les personnes victimes.

Seigneur,
Nous te confions notre pays alors qu’il vient de connaitre un nouvel événement dramatique à travers l’assassinat de plusieurs personnes dans la basilique Notre Dame de Nice. 
Ton Fils, sur la Croix, a crié le désespoir de notre humanité. Entends notre cri. Il nous entraine aussi dans sa résurrection. Qu’il nous enracine dans une authentique espérance. 
Nous te prions pour les défunts et leur famille. Nous te confions leur douleur. 
Nous te prions pour la communauté chrétienne et tous les habitants de la ville de Nice. Donne tout particulièrement aux catholiques d’être confortés et renouvelés dans leur témoignage évangélique.
A la veille de la Toussaint, que l’Esprit Saint fasse plus que jamais de nous des artisans de paix, dans la justice et la vérité. 
Par l’intercession de Notre Dame, nous te prions : Je vous salue Marie, pleine de grâce…

Profession solennelle de Sœur Anne à Cabanoule

“Nous ne méritons pas la vie religieuse, c’est un don d’amour que nous avons reçu”, écrit le Pape François dans son message du 2 février 2020, Journée mondiale de la vie consacrée. « Grâce à Dieu ! », la prochaine profession solennelle de Soeur Anne, au monastère cistercien La Paix Dieu à Cabanoule, l’illustre parfaitement. Entretien (vidéo, version courte – écrit, version longue).

Qu’est-ce que la profession solennelle ? A quoi allez-vous vous engager ?
La profession solennelle, c’est l’acte par lequel je m’engage définitivement à la suite du Christ dans la communauté cistercienne de la Paix-Dieu. C’est un « oui » pour la vie, à l’aide de trois vœux : stabilité, conversion de vie, obéissance.

Les deux premiers vœux sont propres à l’ordre cistercien.
Le vœu de stabilité : vivre la stabilité dans le lieu et dans la communauté, une stabilité qui dure dans le temps, peut ouvrir un espace pour une plus grande liberté intérieure. Elle permet d’approfondir sa vie spirituelle, d’être vraiment soi-même dans la liberté… Et pour se découvrir en vérité, dans l’amour du Christ, il peut être aidant de laisser tomber quelques échappatoires, d’éviter de se disperser… quoique le vœu ne constitue pas une garantie, mais il aide à tendre vers le but visé : demeurer dans l’amour du Christ !
Le vœu de conversion de vie : concrètement, cela consiste à chercher la simplicité dans sa vie, comme dans ses relations. Pauvreté et chasteté, incluse dans ce vœu, ouvrent un espace pour l’autre, pour sa vie et son mystère. Avec un grand désir de se laisser tourner vers le Christ. Jour après jour.

Le vœu d’obéissance : il libère ! Non pas de la responsabilité, ni des choix, et n’a pas pour vocation une quelconque démission de la personne ! Lorsque je choisis d’obéir, je choisis de me soustraire à la tyrannie du moi. Je le remets à sa place, il est second par rapport au bien commun, il ne sait pas tout, et n’est pas toujours à même de choisir la vie. L’espace s’ouvre encore. Au-delà de cela, et plus profondément, il s’agit d’entrer dans le propos du Christ obéissant au Père. Mon désir de suivre Jésus, source de vie, passe par l’obéissance au Christ. Lui seul est à même de me donner de devenir qui je suis réellement. Dans la vie communautaire, c’est l’obéissance à la Prieure, qui a été élue par la communauté pour rendre le service de l’autorité. « Obéissance » vient du mot « écouter ». On aura une obéissance d’autant plus prompte que l’écoute aura été fine, d’un côté comme de l’autre. Et ensemble, nous cherchons la volonté de Dieu.

Vous avez été appelée et vous avez répondu, mais comment est né ce désir de devenir moniale ?
Je suis née dans un milieu porteur pour cela ! D’une famille chrétienne, avec des parents engagés dans l’Eglise (longtemps auprès de la Société de Marie, puis dans le diocèse de Nîmes), tout semblait prêt pour « une vocation » !
Et pourtant, c’est relativement tard, à 27 ans, que je l’ai entendu de cette oreille…

J’avais découvert la richesse de la vie spirituelle. Un peu. J’avais rencontré des témoins de la foi. Beaucoup. J’avais témoigné moi-même, notamment dans mes engagements en aumônerie. Longtemps. Mais je ne savais pas réellement de qui il s’agissait !
Il manquait cette rencontre personnelle où Dieu et ma vie n’ont fait plus qu’un.

A partir de là est né le désir d’en être proche au quotidien, sans savoir où, ni comment. Pourtant, je fréquentais déjà l’hôtellerie du monastère, pour des temps de ressourcement !
Mon attirance pour une vie de style communautaire m’a conduite à l’Arche de Jean Vanier, au Moulin de l’Auro (84), où je suis restée 3 ans. J’y ai reçu une formation d’AMP (aide médico psychologique). Moi qui auparavant avais enseigné le français, je découvrais le langage du cœur, et la richesse des personnes qui vivent leur handicap, leur pauvreté sans filtres. Beaucoup n’attendaient rien de moi ! Dépouillement essentiel, école de simplicité où vivre le présent comme un don – dans les bons jours, et les moins bons.

A quelle occasion avez-vous découvert Cabanoule ?
Au cours d’une journée de tourisme dans la région ! J’ai découvert la petite église (que je croyais être une chapelle), paisible et accueillante. Après cette halte, j’ai eu la chance de visiter le musée du Désert, guidée par un protestant qui ne jugeait pas, ni les personnes, ni l’histoire. Ensuite, le musée Haribo !

Sans le savoir vous étiez dans la dynamique du monastère qui est de prier pour l’unité des chrétiens !
C’est ça ! L’histoire est présente ici ! (rires)
Et patiente, car je ne suis entrée au monastère que des années après !

Quelles sont les étapes qui précèdent la profession solennelle ?
Le 1er contact (pour découvrir) : Pour un premier contact, on peut passer quelques jours à l’hôtellerie du monastère, partager la vie de prière. Ce que je faisais sans imaginer devenir moniale un jour !

Le « VVD » (comment orienter ma vie ?) : Ensuite, pour découvrir davantage la vie monastique, dans une dynamique de discernement pour orienter ma vie, j’ai fait un « VVD : Viens, vis et Deviens ». C’est un service d’Eglise, qui n’a pas vocation à « recruter » ! Je me sentais appelée, sans trop savoir… C’était l’occasion de découvrir davantage, de poser mes questions, de sentir les choses aussi !

Comme elles avaient la bonne odeur du Christ, un parfum de liberté et de croissance, j’ai souhaité approfondir davantage.

Les Sœurs qui m’accompagnaient, dans leur sagesse, m’ont demandé de laisser passer un petit peu de temps, de manière à voir si l’appel perdurait ou non. D’être accompagnée spirituellement, et d’aller voir ailleurs, dans d’autres formes de vie consacrée, contemplatives, apostoliques….

Le stage (suis-je appelée à la vie monastique ?) : J’ai demandé à faire un stage un petit peu plus long – j’ai profité de mes vacances car je travaillais à l’époque. Et j’ai vraiment senti que ma place était ici. Je n’aurais pas pu l’expliquer : c’est comme si l’on me demandait d’expliquer pourquoi l’on est tombé amoureux de telle ou telle personne. Là c’était un lieu, une communauté… Le Christ !

Le postulat (commencer, et recommencer !) : Il y a ensuite le postulat. Entre le stage et le postulat, j’ai laissé mon travail, mon logement… A la surprise de tous ! C’est un temps où l’on quitte sa famille, ses amis, de manière à vivre une immersion dans la vie monastique, en découvrir la communauté et le rythme.
J’étais alors « au noviciat », c’est-à-dire dans un lieu à part pour dormir, faire lectio divina. Au bout de 9 mois, j’ai demandé à faire un pas de plus dans la vie monastique, et j’ai reçu l’habit de novice.

Le noviciat : Au noviciat, on reçoit l’habit de novice après en avoir fait la demande. Cette étape dure deux ans. Pendant cette période, on poursuit l’adaptation et la formation spécifique avec les transmissions données ici par différentes sœurs de la communauté, en fonction de leur domaine de compétence.
C’est encore un temps de discernement, de lâcher prise (sans responsabilités, il apparaît que le faire ne me définit pas), de découverte. Et de découverte de soi, avec toute la pâte humaine qui nous constitue, et ses heureuses imperfections !
Quand on quitte son habit d’avant, qui nous identifie beaucoup, et que l’on reçoit un autre vêtement, on laisse une certaine idée de soi. Le vêtement blanc offre de replonger dans l’identité baptismale.

Puis vient la profession temporaire ou l’on s’intègre davantage à la vie de la communauté, avec des petites responsabilités qui nous sont confiées.

La profession solennelle, c’est pour toujours, mais ça sera aussi chaque jour. Pouvez-vous nous en parler ?
La fidélité qui va commencer ce jour-là, va se vivre complètement à la grâce de Dieu ! Il me semble qu’il y a à la fois l’audace de l’engagement, la confiance en Dieu et en la communauté et aussi dans l’Ordre. Mais c’est Dieu qui construit tout ça !
J’engage ma fidélité auprès de celle de Dieu, mais si je le fais c’est parce que le Seigneur sera fidèle. Et c’est là que je m’engage : j’engage ma confiance auprès de sa fidélité à Lui. On dit que le moine, c’est celui qui chaque jour tombe et se laisse relever par le Christ. Et ainsi, ma fidélité… C’est la sienne ! Après, j’ai ma part de responsabilité et j’engage ma liberté auprès de lui.

Comment s’équilibrent et se complètent la vie personnelle et la vie communautaire ?
Nous sommes beaucoup ensemble, et dans la vie communautaire, je trouve un encouragement précieux pour être dans la fidélité à moi-même, aux autres, au Christ. C’est un lieu où l’on peut être en vérité car le fait d’être ensemble dans la durée permet de se découvrir et de découvrir les autres différemment. Le cadre de notre vie est très présent : six fois par jour, tous les jours, aux mêmes heures, nous prions ensemble, nous prenons nos repas ensemble, nous vivons dans l’espace de la clôture monastique, et en fonction des besoins, des emplois, nous travaillons ensemble… Aujourd’hui, il me semble que paradoxalement ce cadre assouplit les cadres et autres idées parfois préconçues que l’on peut avoir à l’intérieur de soi ! Voire les fait exploser pour plus de vie… Cela ouvre un espace de liberté intérieure. Qui est évangélique, car je crois que dans l’Evangile, le Christ fait ça tout le temps !
Alternant avec cette vie communautaire forte, il y a un espace pour la vie plus personnelle. Pour être avec soi, avec le Christ, pendant le temps du grand silence, du soir, à complies, jusqu’au lendemain matin : il y a du temps pour prier, pour suivre davantage son rythme, pour se reposer et dormir tout simplement, ou encore pour prendre un moment de lectio divina, de lecture priante de la Bible qui est juste gratuite. C’est là qu’on se met très spécialement à l’écoute du Christ dans notre cœur : il y faut du calme, de la solitude, de la liberté !

Que diriez-vous à celles qui sont peut-être interpellées par la vie consacrée mais qui ne savent pas, où n’osent pas aller plus loin ?
Je vais juste dire ce que j’ai vécu… Quand je me suis posé la question de la vie religieuse, de la vie monastique, c’était d’abord la question de Cabanoule car je m’y suis sentie appelée. Je n’ai pas pensé à être religieuse ailleurs. Cette question revenait sans cesse, comme une idée bizarre, mais en même temps comme si ma vie en dépendait. J’avais beau prier, lire des livres sur la question, je ne savais que faire. D’autant plus que je me savais bien imparfaite, faillible, incapable de bien prier ni de bien aimer, alors porter la prière de l’Eglise et avec l’Eglise, c’était clairement impossible !!
J’ai demandé de l’aide au diocèse dans lequel je me trouvais à ce moment-là et j’ai rencontré le responsable du service de vocations. Il m’a dit simplement : « Pourquoi ne pas essayer ? Sinon vous allez vivre avec cette idée toute votre vie… Essayez, vous serez fixée ! »

J’ai suivi le conseil, et c’est comme ça que j’ai osé en parler aux sœurs de Cabanoule, qui m’ont proposé un VVD, pour pouvoir discerner si j’étais appelée à la vie monastique ou autre… Ensuite, j’ai rencontré d’autres communautés, pour découvrir la vocation apostolique. Là, je n’ai pas poursuivi, mais cette ouverture était belle, et importante pour pouvoir réfléchir durant les jours pluvieux voire orageux de mon discernement au cours du noviciat et des vœux temporaires !
Ce qui a beaucoup compté dans mon cheminement, c’était de me sentir très libre, et absolument pas récupérée : ni par la communauté, ni par l’Ordre. Par Dieu, ça n’est pas possible : Il ne fait jamais cela !
Un autre point, c’était de sentir un certain déploiement intérieur, de l’ordre de la vie, de la joie qui ouvre un espace.
Avec ces deux éléments, croissance et liberté, il me semble qu’on peut commencer à commencer.


-> Découvrir le Monastère cistercien La Paix Dieu


« Lettre d’information du Denier »

« Mais comment percevoir l’importance du Denier si les finances du diocèse et des paroisses demeurent inconnues ? »*

lire la lettre d’information – donner en ligne au Denier

Outil de communication majeur dans la campagne annuelle du Denier, La Lettre d’Information du Denier 2020 est en cours d’acheminement. Son but est au seuil de l’automne d’informer sur la collecte et de contextualiser celle-ci au regard des autres ressources et de l’action pastorale qui lui donne tout son sens.
L’envoi du document est également l’occasion si l’on n’a pas encore donné au Denier cette année, ou si l’on souhaite renouveler son geste, ce qui arrive parfois, de participer à l’être et à la mission de l’Eglise. Car, par conviction ? par fidélité ? par gratitude ? Les raisons pour lesquelles «je», «nous» donnons au denier sont toujours le fruit de notre sentiment d’appartenance à l’Eglise et de la présence de Jésus dans nos vies.

Betty Delichère
Service diocésain de la communication

* Extrait de l’éditorial de Mgr Robert Wattebled

Réaction à l’assassinat du professeur de collège à Conflans-Sainte-Honorine le 16 octobre 2020

L’assassinat de M. Samuel Paty, professeur de collège à Conflans-Sainte-Honorine, nous bouleverse comme tous les citoyens attachés aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Nous le portons dans notre prière, avec sa famille, ses collègues, ses élèves, et tous ceux que cet acte révoltant blesse au plus profond d’eux-mêmes.

Comme en écho à cette violence terroriste résonne en nous la question que pose le pape François dans sa récente encyclique sur la fraternité…

-> lire la suite du communiqué du 16 octobre de Mgr Eric AUMONIER, évêque de Versailles et Mgr Bruno Valentin, évêque auxiliaire

-> lire aussi : L’Enseignement catholique solidaire de toute la communauté scolaire (19/10/2020)