29 avril 2026

Sainte Catherine de Sienne

Auteur/autrice : Pierre Gelin

S’il est si peu présent, le mot « Messie » est-il le plus adéquat pour parler du Christ ?

Isaïe ne mentionne le mot « messie » que pour désigner Cyrus, par contre les textes des prophètes que nous lisons avant et à Noël (Isaïe, Michée, Malachie…) nous parle de la naissance d’un enfant, du Sauveur (?)… Il semble que le mot « messie » n’est donc pas le terme adéquat dans l’Ancien Testament pour retrouver les textes qui annoncent la venue du Christ. Quels sont les noms utilisés par les prophètes pour parler du « Christ »?

Tout le Premier Testament est révélation de Dieu pour notre salut… En un sens, il constitue une vaste prophétie sur Dieu, donc sur le Christ, Verbe de Dieu. Il ne faut donc pas attendre que le mot « Messie » apparaisse pour essayer de comprendre ce que tel ou tel passage dit de Dieu et du Christ.

Au fond, « Messie » et « messianisme » sont des mots pour décrire une réalité de fond, qui prend des formes et des formulations très diverses. Messie veut dire « Oint » : cela définit explicitement la bénédiction de Dieu et renvoie plus concrètement à l’onction des rois et des prêtres ; c’est pourquoi ce vocable peut rassembler en lui et assumer toutes les attentes messianiques qui, nous l’explique le P. Neuhaus dans l’entretien, ne sont pas monolithiques. Il y a en effet plusieurs messianismes qui coexistent. Certains veulent le rétablissement de la royauté en Israël, d’autres attendent une personne capable d’incarner parfaitement les 613 commandements de la Torah (donc de parfaire l’alliance), d’autres encore conçoivent le messie comme un prêtre, etc.

Pour conclure, prenons un exemple concret : le bonheur. Essayez de décrire en cénacle ce qu’est le bonheur dans l’absolu et en quoi il consisterait pour vous, aujourd’hui, dans le (très) concret de vos vies. Vous tomberez d’accord sur plusieurs éléments : la paix dans le monde, la fin de toute maladie, etc. Mais d’une part, vous le formulerez différemment car certains n’aiment pas le mot bonheur et le remplaceront très vite par d’autres termes, qu’ils jugeront à tort ou à raison plus adaptés ; d’autre part il y aura des variantes de vision d’une personne à l’autre, en raison de vos vies différentes.

Ainsi, sans forcer le trait, du messianisme…

Pierre G. (SEDIF)

 



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Que signifie l’inhabitation de l’Esprit Saint ?

Nous n’avons pas compris le sens de la phrase d’Hélène de Saint-Aubert, plus particulièrement le dernier mot, « inhabitant » : « L’Esprit Saint a accompagné cette diversité et la singularité de chacun des auteurs des évangiles et de leur communauté en la respectant et en l’inhabitant. »

L’inhabitation est un des très beaux mots de la théologie catholique : elle désigne le fait d’habiter « en » un autre. Seul Dieu en est capable !C’est ce qui advient lors du baptême, rendant ce sacrement incomparable pour notre salut : l’inhabitation de Dieu en notre âme qui sauve de tout péché – « Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés ». Pourquoi disons-nous une telle parole ? Le baptême n’est pas un rite vaguement magique ; elle est l’expérience d’un Dieu Trinité qui prend pleinement ses quartiers en nous, en notre âme. En d’autres termes, c’est parce qu’il y a inhabitation de Dieu Trinité dans l’âme au baptême que ce sacrement revêt une telle importance ! Et c’est pourquoi l’Église préconise l’accès de ce sacrement aux tout-petits : pour qu’ils vivent de cette présence divine en eux dès leur conception.

Cette inhabitation, suprême dans le baptême, peut revêtir d’autres formes : l’Esprit de Dieu peut insuffler en nous une parole prophétique, le Christ peut nous brûler de sa présence, etc. C’est cette expérience que font les évangélistes et leur communauté, inspirés par l’Esprit Saint dans l’écriture de leurs textes…

Pierre G. (SEDIF)

 



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Abraham, Moïse… Y a-t-il une ou plusieurs alliances ?

Est-ce que la première alliance s’est faite à la sortie d’Égypte du peuple de Dieu (avec Moïse) et quelle différence avec l’alliance faite plus tôt avec Abraham ?

Cette question capitale est au cœur de la rencontre n°3 ! L’avoir compris intuitivement en en débattant en cénacle dès la deuxième rencontre est un beau signe… En attendant cette troisième rencontre, pour ne pas laisser cette question sans un début de réponse, disons ceci : il n’y a qu’une seule alliance dans le Premier Testament, constamment renouvelée et approfondie tout au long de l’Histoire et des livres… Il ne faut pas oublier que le Premier Testament est aussi appelé « Première Alliance » – ou « Ancienne Alliance » –, au singulier. À partir du Verbe fait chair, c’est une autre histoire… dont nous ne parlerons pas (encore) ici.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Y-a-il eu des prophètes après la venue de Christ ?

Y-a-il eu des prophètes après la venue de Christ ? Y en a-t-il aujourd’hui ?

Vous parlez d’une corrélation entre les livres historiques et prophétiques qui justifie de parler des livres prophétiques avant les livres sapientiaux ? Quelle est (brièvement) cette corrélation ?

Dans sa première épître aux Corinthiens, lorsqu’il évoque les dons et charismes de l’Esprit, saint Paul mentionne le don de prophétie (1 Co 12). La Vierge Marie, dès les premiers siècles avec les Pères de l’Église, est considérée comme une figure prophétique, image que le pape Jean-Paul II reprend en partie : je vous renvoie à la réponse que j’ai faite à la question d’un autre cénacle sur ce sujet. Et que dire de Jean le Baptiste ? Et que dire que nous sommes, par le baptême, prêtres, prophètes et rois ? En un sens, les prophètes ne sont pas circonscrits aux seules figures du Premier Testament… de même que la figure du prêtre et du roi n’est pas réduite aux prêtres et aux rois d’Israël. On pourrait d’ailleurs dire la même chose des sages, figure que vous étudierez la fois prochaine.

Une fois que nous avons dit cela, il faut regarder la spécificité du prophétisme, comme mouvement constitué. J’en parle, de mémoire, dans mon enseignement vidéo : le prophétisme comme phénomène « organisé » apparaît avec la royauté et disparaît au retour d’exil, avec l’achèvement de tout retour de la royauté. Il ne dure en tout et pour tout que quelques siècles. En ce sens, nous rejoignons ici la seconde question : « Vous parlez d’une corrélation entre les livres historiques et prophétiques qui justifie de parler des livres prophétiques avant les livres sapientiaux ? Quelle est (brièvement) cette corrélation ? » La corrélation est historique : prophètes et rois sont contemporains dans l’Histoire d’Israël… Les prophètes sont en miroir des rois : Dieu se choisit des porte-parole pour rappeler au pouvoir royal qu’il ne saurait être un pouvoir total, absolument souverain, réduit à un seul homme. La loi des hommes ne saurait se couper de la loi de Dieu ; la légalité politique n’a de sens que si elle se fonde sur une légitimité divine.

Enfin, ce qui fait la spécificité du prophétisme biblique est le mode d’inspiration : souvenez-vous, lors de la première rencontre, nous avons parlé de l’inspiration spécifique à l’Écriture sainte : la révélation de Dieu pour notre salut. L’Esprit de Dieu « a parlé par les prophètes » , comme nous le professons dans le Credo. En ce sens, le prophète du Premier Testament vise à révéler Dieu dans l’Histoire, ce que les prophètes d’aujourd’hui ne font pas. Pourquoi ? Parce que la Révélation est close avec le Verbe de Dieu – qui dit tout de Dieu – et avec la mort du dernier apôtre – qui transmet ce Verbe par ses mots. Si donc je reçois ou si vous recevez la belle grâce de prophétiser, ce n’est pas pour révéler Dieu dans l’Histoire (le Christ s’en est pleinement chargé), mais pour l’actualiser dans notre temps.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Ne sommes-nous pas un peu comme les Juifs lorsque nous attendons la venue du Christ dans la gloire ?

C’est qu’à partir du livre de Daniel qu’on annonce la venue du Messie. On se posait la question : est-ce que ce sera vraiment la fin du monde quand Jésus viendra ? On a aussi l’impression qu’on est arrivé au même niveau que les Juifs dans cette attente ? est-ce vrai ?

Merci beaucoup pour cette question, qui lie avec une grande pertinence l’attente messianique et la Parousie. La Parousie sera au cœur d’un enseignement lorsque sera lancé le FIDEO Credo, puisque nous professons effectivement dans le Symbole de Nicée-Constantinople : « Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts, et son règne n’aura pas de fin. » Que signifie une telle vérité de foi ? Je laisse le P. Nicolas Germain l’expliquer l’an prochain… En attendant, je vous invite à lire, comme une mise en bouche synthétique, l’article du Catéchisme de l’Église catholique qui porte sur le sujet.

Mais il y a tout de même un point sur lequel j’aimerais revenir : contrairement à ce que l’on entend hélas trop souvent, y compris dans la bouche de certains prédicateurs, les Juifs ne sont pas en train d’attendre quand nous aurions déjà tout reçu avec la venue du Christ. Juifs et chrétiens vivent l’attente… L’avènement glorieux du Verbe de Dieu, encore à venir, mettra définitivement fin au mal, à la souffrance, au péché – ce que n’avait pas fait le premier avènement. En ce sens, le peuple d’Israël et la première Alliance ont beaucoup à nous apprendre : ils vivent l’attente intimement, dans leur chair, quand nous avons tendance à penser que pour nous, l’affaire est réglée. Relire le Premier Testament nous permet en un sens de retrouver cette attente et cette révélation d’un Dieu encore à venir…

Il me semble ainsi que toute notre vie chrétienne devrait être envisagée à la lumière des deux venues du Christ : notre foi deviendrait alors plus juste, plus humble, plus tournée vers Dieu.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Pourquoi Paul Beauchamp parle-t-il de mort et de résurrection de l’Église ?

Le peuple de Dieu est conduit au bord de la même mort… même chose du chemin que Dieu fit suivre à son Fils et qu’Il indique à son Église… comment devons nous comprendre cette dernière partie… mort et résurrection de son Église ?

Ce que veut dire Paul Beauchamp, me semble-t-il, est que nous vivons une expérience similaire au psalmiste : de même que le psalmiste fait acte de foi devant le récit de ses ancêtres qui traversent la Mer Rouge (symbole aujourd’hui du baptême, donc de mort et de résurrection), de même nous faisons acte de foi devant le récit de la mort et de la résurrection du Christ. Nul n’en connaît la trace dans les deux cas : un acte de foi profond et radical est en jeu.

Pierre G. (SEDIF)

 



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