11 octobre 2026

Saint Firmin, évêque (propre de Nîmes)

Auteur/autrice : Pierre Gelin

Si le baptême donne l’Esprit Saint, pourquoi le recevoir à nouveau lors de la confirmation ?

Lors de notre Baptême, il y a don de l’Esprit Saint, pourquoi devons-nous le recevoir à nouveau lors du sacrement de confirmation ?

Voilà une question fort pertinente et qui a secoué les théologiens bien des siècles… jusqu’à aujourd’hui ! Si nous recevons « tout » au baptême, à quoi sert donc la confirmation ? La réponse la plus simple consiste à dire qu’il ne s’agit (évidemment) pas de « recevoir un autre Esprit Saint », mais d’un approfondissement du même don déjà reçu au baptême.

Au baptême, l’Esprit Saint nous fait naître à la vie nouvelle : nous devenons enfants de Dieu (cf. Jn 3,5 ; Tt 3,5). La confirmation, elle, est comprise comme une « Pentecôte personnelle » : elle vient fortifier et déployer ce don initial pour la mission et le témoignage. On le voit déjà dans les Actes des Apôtres : des baptisés reçoivent ensuite l’imposition des mains pour recevoir l’Esprit en plénitude et être affermis (Ac 8,14-17 ; Ac 19,5-6).

L’Église comprend donc la confirmation comme le sacrement qui « achève » la grâce baptismale, en donnant une force particulière de l’Esprit (ses dons) pour vivre et annoncer la foi.

On pourrait faire une analogie : de même que nous naissons et qu’à la puberté, on devient capable de donner à notre tour la vie, de même le baptême est le don de la vie tandis que la confirmation est la capacité à donner la vie. C’est la même vie, le même Esprit, mais la grâce – elle – s’approfondit d’un sacrement à l’autre.

Pierre G. (SEDIF)

 



CLIQUEZ ICI POUR REVENIR À LA FAQ FIDEO CREDO



 

Qu’est-ce qu’être saint, dans la vie de tous les jours ?

Qu’est-ce qu’être saint, dans la vie de tous les jours ?

Vaste question ! Selon la foi chrétienne, être saint ne signifie pas être parfait ou extraordinaire, mais vivre chaque jour uni à Dieu dans l’amour. Être saint, c’est d’abord et avant tout laisser le Christ transformer peu à peu sa manière de penser, d’agir et d’aimer, au cœur même de la vie ordinaire. La sainteté se manifeste dans les gestes simples : aimer son prochain, pardonner, servir, dire la vérité, rester fidèle dans l’épreuve, prier, accomplir son devoir avec justice et humilité.

En guise de prolongement, je vous renvoie à ce petit article fort bien fait : Qu’est-ce que la sainteté et puis-je moi aussi devenir saint ?

Et si vous souhaitez prendre cette question plus au sérieux, je vous recommande la remarquable exhortation apostolique du pape François sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel : “Gaudete et exsultate”. Un texte simple et lumineux !

Pierre G. (SEDIF)

 



CLIQUEZ ICI POUR REVENIR À LA FAQ FIDEO CREDO



 

Catholiques, protestants et orthodoxes ont-ils le même Credo ?

Catholiques, protestants et orthodoxes ont-ils le même Credo ?

Cette question est effectivement essentielle. La réponse est positive : nous avons le même Credo… à un mot près : « Filioque » est un ajout de l’époque de Charlemagne, reconnu par les catholiques et (en grande majorité) par les protestants, mais non par les orthodoxes. Pour ces derniers, l’Esprit ne procède pas du Père « et du Fils », mais seulement du Père (principe sans principe).

Toutefois, et vous l’apprendrez par la suite, il y a eu une déclaration commune au XXe siècle : catholiques et orthodoxes s’entendent pour dire que l’Esprit procède du Père par le Fils. Cela explicite bien le « Filioque », sans pour autant le contredire : les relations entre les Personnes de la Trinité sont ainsi précisées. Je n’en dis pas davantage, vous y reviendrez amplement à l’occasion de la rencontre 4, sur le Fils dans la Trinité (par le P. Nicolas Germain), et lors de la rencontre 7, lorsque vous aborderez l’Esprit Saint avec le père-évêque.

Et s’il faut être précis jusqu’au bout, mais c’est plus de l’ordre de l’accidentel, une partie des communautés protestantes ont choisi de traduire le terme grec katholikèn par « universelle » et non « catholique », pour une raison évidente : se démarquer de l’Église catholique comme institution. Mais le sens concret du mot reste le même, « catholique » voulant dire étymologiquement « universel ».

Pierre G. (SEDIF)

 



CLIQUEZ ICI POUR REVENIR À LA FAQ FIDEO CREDO



 

Que veut dire : « Celui qui n’avait pas connu le péché, il l’a fait pécher pour nous » ?

Nous n’avons pas compris la phrase « Celui qui n’avait pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous. » Pouvons-nous avoir une explication ?

Dans le texte, il manque effectivement la référence : c’est un verset tiré du chapitre 5 de la deuxième lettre de saint Paul aux Corinthiens. Et il se trouve que saint Jean-Paul II a précisément expliqué cette parole, à l’occasion d’une messe pour la journée du pardon, lors de l’Année sainte 2000.

Je vous y renvoie, ça vous changera de mes réponses !

Pierre G. (SEDIF)

 

 



CLIQUEZ ICI POUR REVENIR À LA FAQ FIDEO CREDO



 

L’Esprit Saint agit-il si on ne le demande pas et sur les non-baptisés ?

Est-ce que l’Esprit Saint agit si on ne le demande pas ? Est-ce que l’Esprit Saint agit sur les non-baptisés ?

Voilà de belles questions… dont certaines – liées au baptême – seront justement approfondies l’an prochain avec FIDEO Sacrements – un nouveau parcours moins « intellectuel », bien plus accessible et concret, qui permettra de descendre dans les profondeurs vécues de la vie chrétienne. Mais hors de question de vous laisser en suspens jusque-là !

Rien de mieux que les Écritures pour fonder sa réponse… et les Écritures, justement, sont très explicites sur un point : l’Esprit souffle où il veut (Jn 3,8). Voilà qui doit nous rendre humbles ! Nous ne pouvons pas mettre la main sur l’Esprit ni le circonscrire à la compréhension que nous en avons. L’Esprit Saint peut ainsi agir même lorsqu’on ne le demande pas explicitement : l’action de Dieu précède souvent notre demande ; c’est ce qu’on appelle, en théologique classique, la grâce « prévenante ».

Concernant les non-baptisés, l’Écriture et la tradition catholique affirment aussi que l’Esprit Saint peut agir en eux. Par exemple, Corneille reçoit l’Esprit avant même d’être baptisé (Ac 10,44-48), montrant que Dieu peut toucher le cœur en dehors des sacrements. Saint Paul suggère également que Dieu agit dans la conscience des païens (Rm 2,14-16).

Si la grâce sanctifiante (= la vie divine) est donnée habituellement par le baptême, Dieu peut évidemment agir et sauver, s’Il le souhaite, en dehors des moyens visibles qu’il a donnés. En complément, je vous invite à lire la réponse à cette question posée par un autre cénacle : Les non baptisés peuvent-ils participer à la « vie du monde à venir » ?

Pierre G. (SEDIF)

 



CLIQUEZ ICI POUR REVENIR À LA FAQ FIDEO CREDO



 

Quelle place occupe l’Église, des commencements jusqu’à la fin des temps ?

Le premier texte nous a laissé un peu dubitatifs. Ainsi à la question : « Quelle place occupe l’Église, des commencements jusqu’ à la fin des temps ? », peut-être quelques éclaircissements seraient appréciés. Le second texte nous a paru plus facile.

Ce que dit le premier extrait de Lumen Gentium, c’est que l’Église est préfigurée dans le Premier Testament – comme l’est le Christ. Elle n’est pas un plan B après le péché, mais elle au contraire pensée dès l’origine dans le dessein du Père : Dieu veut rassembler les hommes dans la communion avec Lui, faire d’eux un seul peuple et les rendre participants de la vie divine. C’est précisément ce que fait l’Église, lieu historique de cette communion et – pour reprendre les mots du concile Vatican II, « sacrement […] de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain ».

*

Peut-être est-ce la réalité de l’Église dans le Premier Testament qui vous interroge… Je vous renvoie sur ce point à FIDEO Bible et notamment à la rencontre 2 consacrée à la Bible comme histoire et comme texte. En marge du texte du concile Vatican II, j’explique ce qu’est la « figure » ou « type ».

Pour résumer, la figure est une réalité de l’Ancien Testament – une personne, un événement, une institution ou un symbole – qui annonce et prépare une réalité plus accomplie dans le Nouveau Testament : Adam est une figure du Christ (Rm 5,14) ; l’agneau pascal annonce le sacrifice du Christ ; le passage de la mer Rouge est une préfiguration du baptême ; la manne dans le désert annonce l’Eucharistie, etc. On parle de typologie biblique. L’idée centrale est que Dieu agit dans toute l’histoire du salut avec une cohérence profonde : ce qui est commencé dans le Premier Testament trouve son accomplissement dans le Christ et dans l’Église.

Pour en venir à notre sujet : l’Église n’apparaît pas soudainement à la Pentecôte sans préparation ; elle est mystérieusement annoncée dès le Premier Testament. La figure la plus évidente est le peuple d’Israël lui-même : Dieu appelle un peuple choisi, convoqué, sanctifié, destiné à être lumière des nations… Cela annonce l’Église – littéralement, ekklesia signifie « assemblée convoquée » – comme peuple de Dieu, assemblée des croyants, corps uni par l’Alliance nouvelle. On pourrait citer d’autres figures :

  • l’arche de Noé préfigure la barque de l’Église (cf. 1 P 3,21) ;
  • l’alliance au Sinaï annonce la Nouvelle Alliance dans le Christ ;
  • les douze tribus préfigurent les douze apôtres ;
  • la sortie d’Égypte (esclavage) par la mer Rouge annonce le salut par le baptême ;
  • la Loi de Moïse => la Loi de l’Esprit ;
  • la terre promise est figure du Royaume de Dieu ;
  • le Temple de Jérusalem avec le Saint des Saint => l’Église avec l’Esprit ;
  • etc.

J’imagine que sa place est plus claire après son institution par le Christ… Elle est Peuple de Dieu, Corps du Christ, communion, instrument de salut, etc.

*

Ce que montre in fine les quatre premiers chapitres de Lumen Gentium, c’est que l’Église traverse toute l’histoire du salut, depuis le dessein éternel de Dieu jusqu’à l’accomplissement final dans la gloire. Les Pères conciliaires cherchent à montrer que l’Église n’est pas seulement une institution visible, mais une réalité voulue par le Père, préparée dans l’histoire d’Israël, annoncée tout au long du Premier Testament, fondée par le Christ, animée par l’Esprit Saint, en marche vers la plénitude du Royaume où tous, nous ne ferons plus qu’un en Dieu.

Pierre G. (SEDIF)

 



CLIQUEZ ICI POUR REVENIR À LA FAQ FIDEO CREDO