11 octobre 2026

Saint Firmin, évêque (propre de Nîmes)

Auteur/autrice : Pierre Gelin

Tout péché grave ne peut-il pas être pardonné lors de la rencontre avec Dieu ?

« L’Église croit qu’il existe un état de condamnation définitive pour ceux qui meurent chargés d’un péché grave. » L’Eglise croit ? Et nous, que devons-nous croire ? Est-ce que le péché grave ne peut pas être pardonné lors de la rencontre avec Dieu ? Qu’est-ce que ce péché grave ? Nous pensons à la petite Thérèse : « Si j’avais commis tous les crimes possibles, j’aurais toujours la même confiance, je sens que toute cette multitude d’offenses serait comme une goutte d’eau jetée dans un brasier ardent. »

Qui sommes-nous sinon l’Église ? Quand nous disons : l’Église croit que…, il ne s’agit pas d’une abstraction. C’est un acte de foi posé par toutes celles et ceux qui font partie de l’Église, hier, aujourd’hui et demain.

Pour répondre à votre question, il faut simplement tenir deux vérités :
1/ Dieu peut tout pardonner ;
2/ l’homme a une liberté irréductible.

Donc oui, Dieu peut tout pardonner, encore faut-il que l’homme le veuille… Si ce dernier ne l’a pas voulu durant sa vie ici-bas, faut-il penser qu’il le voudra quand il sera face à Dieu ? Nul ne le sait. On peut l’espérer, mais certainement pas l’affirmer.

En complément, je vous invite à lire quelques questions posées par d’autres cénacles, qui devraient vous permettre d’approfondir votre réflexion :
=> Pourquoi le péché contre l’Esprit est-il impardonnable ?
=> Comment concilier les « conséquences irrévocables » de nos actes et la miséricorde infinie de Dieu ?
=> Judas : damné pour avoir refusé la miséricorde de Dieu ?

Pierre G. (SEDIF)

 



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Que veut dire « Jugement des nations » ?

Que veut dire « Jugement des nations » ?

Pour comprendre ce que signifie le « jugement des nations », par comparaison avec le jugement individuel, il me semble intéressant de repartir de l’évangile selon saint Matthieu, au chapitre 25 : on y voit tout d’abord le jugement particulier à travers la parabole des talents (Mt 25,14-30), puis le jugement universel à travers le jugement des nations (Mt 25,31-46). Dans le premier cas, il s’agit d’un jugement individuel ; dans le second cas, il est précisé ai verset 32 : Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs.

Ce passage est compris comme une description du jugement dernier, où le critère décisif n’est pas une appartenance extérieure ou une simple profession de foi, mais la charité vécue concrètement. Les « nations » représentent l’humanité entière, jugée sur la réponse donnée au Christ présent dans les pauvres et les souffrants. Ainsi, ce jugement manifeste publiquement la vérité intérieure des vies : l’amour authentique envers Dieu se reconnaît dans les œuvres de miséricorde envers le prochain.

 

Pierre G. (SEDIF)

 



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Pourquoi les protestants ne prient-ils pas pour leurs morts ?

Il semble que les protestants ne prient pas pour leurs morts de la même manière que les catholiques, pourquoi ? Croient-ils en cette purification après la mort, à l’utilité d’une prière pour les défunts ?

Je ne suis pas un connaisseur de la multitude des Églises protestantes (il y en a tellement), mais si l’on parle de la Réforme et de ses courants historiques, le jugement particulier se réduit à la communion avec Dieu (le salut) et à la séparation d’avec Dieu (la damnation). Il n’y a donc pas d’état intermédiaire de purification comparable au purgatoire catholique : ils ne croient par conséquent pas à l’efficacité des prières pour changer la condition des défunts. Il existe néanmoins des prières commémoratives dans la High Church anglicane, mais ce ne sont pas des prières pour les morts dans le but d’influencer leur destinée.

Il faut dire que les protestants ne reconnaissent pas les livres deutérocanoniques, écrits en grec, dont font partie les livres des Maccabées qui affirment l’importance de la prière pour les défunts. Par ailleurs, les protestants (luthériens), à la différence des catholiques, affirment que c’est Dieu qui prédestine au salut, minimisant de ce fait la coopération libre de l’homme.

Calvin va même plus loin en évoquant une double prédestination de toute éternité : Dieu a décrété depuis toujours certains pour le salut, d’autres pour la damnation – tout cela, de manière totalement indépendante à nos mérites, à nos choix, à notre volonté, à nos décisions. Dieu sauvant par pure grâce et laissant les autres dans leur état de péché, à quoi peut-il bien servir de prier, a fortiori après la mort ?

Certains courants évangéliques sont revenus à une position plus proche du catholicisme, mais c’est un autre sujet.

Pierre G. (SEDIF)

Lire aussi, sur le même sujet :
=> À quoi sert une prière pour les morts : adoucir le Purgatoire, ou le raccourcir ?
=> Comment sait-on que le purgatoire existe car rien n’est marqué dans l’évangile ?
=> Si le péché est le fait de ne pas croire en Dieu, suffit de croire pour être purifié ?

 



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Si nous sommes jugés sur l’amour, que veut dire « être jugé sur notre foi » ?

« Jugement particulier à notre mort sur notre foi et nos actes » : si nous sommes jugés sur l’amour, que veut dire « sur notre foi » ?

Votre question semble opposer « foi et œuvres » d’un côté et « amour » de l’autre. Peut-être est-ce là le vrai problème : les deux langages (biblique et spirituel) décrivent en réalité le même jugement sous des angles différents.

Nous serons jugés sur la qualité de notre vie intérieure, de notre cœur, de notre charité : l’acte de foi n’est pas une adhésion intellectuelle mais un engagement de tout notre être, en esprit et en vérité ; les actes ne sont pas seulement des actions extérieures, mais le témoignage de ce que nous sommes, en esprit et en vérité. La clef de la foi et des œuvres, c’est la charité, au sens le plus beau, le plus grand, le plus vrai du terme, à savoir l’amour de Dieu et du prochain – l’unique commandement qui nous reste, à en croire saint Jean. C’est cet amour de charité qui donne sa valeur aux actes, au point que saint Jean de la Croix résume cela en une formule radicale : « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour. »

Ce n’est pas une opposition à la foi ou aux œuvres, mais une synthèse : Car, dans le Christ Jésus, ce qui a de la valeur […] c’est la foi, qui agit par la charité (Ga 5,6). La foi est un fondement qui est appelé à « agir » (= œuvres) dans la charité, au-dedans de l’amour. C’est la charité qui donne sa véritable forme, sa pleine direction, à la foi.

Est-ce plus clair ainsi ?
Car il y a bien des manières d’expliquer les liens entre foi, œuvres et charité.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Comment réagir quand un prêtre n’obéit pas à son évêque ?

Obéissance des prêtres au père évêque ! Comment réagir quand cela n’est pas le cas…

Question épineuse… qui nécessite un rappel sur ce qu’est l’obéissance pour un chrétien. Dans l’Église, l’obéissance n’est jamais une soumission aveugle ou servile, mais une relation spirituelle et ecclésiale liée à la mission reçue dans l’Église. C’est d’ailleurs valable pour chacune et chacun de nous aussi ! Cela suppose un discernement, car il peut y avoir des abus dans les deux sens. D’où l’importance d’être accompagné spirituellement…

Pour en revenir au prêtre diocésain, son ministère participe du ministère de son évêque : il agit en communion avec lui pour servir le peuple de Dieu. Le concile Vatican II, notamment dans Lumen Gentium et le décret “Presbyterorum Ordinis” (cf. Numéros 7 et 15), présente cette obéissance comme une communion ordonnée à la mission de l’Église plutôt qu’un simple rapport administratif ou militaire.

Concrètement, cela implique d’accepter les missions confiées (paroisse, service pastoral, etc.), de respecter la discipline et l’enseignement de l’Église et de collaborer loyalement à l’unité du diocèse. Cette obéissance est comprise comme une participation à l’obéissance du Christ au Père, vécue dans la charité et le service.

Elle a toutefois des limites absolues : l’évêque ne peut pas demander quelque chose de contraire à la foi, à la morale ou à la conscience droite. Il existe d’autres limites, non plus absolues mais contingentes : un prêtre peut refuser une nomination pour diverses raisons (santé, etc.). Tout cela est à discerner et à vivre dans la charité, cela va de soi !

J’en viens à l’autre partie de votre question : comment réagir ? La réponse n’est pas simple, car cela dépend du type de « désobéissance » que vous constatez ; par ailleurs, l’Église institutionnelle n’a pas d’instance dédiée à ce type de problématiques. Je vous avoue être incompétent en la matière et ne pas connaître de voies simples, à part en parler directement au prêtre lui-même, ou écrire à l’évêque en cas de fait grave. Mais en toutes choses, que notre attitude soit dictée par un esprit de vérité et de charité !

Pierre G. (SEDIF)

 



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L’Église est-elle un mémorial ?

L’Église est-elle un mémorial ?

De nouveau, il faudrait savoir ce que vous entendez par « mémorial »… Mais spontanément, pour ne pas s’embarquer dans des réflexions trop complexes, je répondrais par la négative. L’Église n’est pas un mémorial : elle fait mémoire, c’est-à-dire qu’elle vit d’un mémorial, comme Jésus Lui-même le demande : Faites ceci en mémoire de moi (Lc 22,19).

Si votre père ou votre mère vous demande de prolonger une tradition après leur mort, comme offrir un cierge à Lourdes tous les 15 août, vous ne devenez pas mémorial en soi, mais vivez d’un mémorial. Attention, comparaison n’est pas raison ! Il faut apporter des nuances…

D’une part, le mémorial de l’Église est une totalité : cela ne se vit pas que le 15 août, à l’occasion de l’offrande d’un cierge, mais toujours et partout. D’autre part, l’anamnèse (= mémorial) chrétienne n’est pas qu’un souvenir intellectuel ou la perpétuation d’une tradition, mais l’actualisation – sacramentelle notamment – d’une réalité : lors de la messe, le sacrifice du Christ est actualisé, l’événement du salut est rendu présent sacramentellement.

Il faudrait compléter cette réponse par tout ce qu’est l’Église : peuple de Dieu, Corps du Christ, sacrement du salut, médiation universelle, etc. On ne peut l’enfermer dans une seule dimension !

Il se trouve que le pape Léon XIV a commencé au début de cette année une série de catéchèses simples et profondes sur les textes du Concile Vatican II. Après avoir abordé « Dei Verbum« , sur la Parole de Dieu, il poursuit en ce moment même une explication de « Lumen Gentium« , sur ce qu’est l’Église… N’est-ce pas une occasion parfaite de comprendre ce qu’elle est, tout en nous mettant à l’écoute du pape que l’Esprit a suscité pour notre temps ?

Voici le lien vers les premières catéchèses, en attendant les prochaines audiences générales (chaque mercredi) :

Pierre G. (SEDIF)

Pour aller plus loin, sur le même sujet :
=> Pourquoi parle-t-on de notre Mère l’Église ?
=> Pourquoi parler d’Église « catholique » et non « universelle » si les deux sont synonymes ?

 



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