11 octobre 2026

Saint Firmin, évêque (propre de Nîmes)

Auteur/autrice : Pierre Gelin

Combien de temps a-t-il fallu pour que le Symbole de Nicée-Constantinople soit adopté par toute l’Église ?

Le symbole de Nicée n’a pas été immédiatement adopté dans tous les diocèses. Combien de temps après le Concile de Constantinople le Symbole de Nicée-Constantinople a-t-il été adopté par ou dans toute l’Église ?

Voilà une question épineuse, à une époque où la mondialisation n’existe pas. Cela dépend des régions et de la rapidité de la propagation des décisions conciliaires. La réponse courte est : plusieurs décennies, et même plus d’un siècle si l’on parle de son usage liturgique dans toute l’Église, surtout en Occident… qui a toujours conservé en parallèle le Symbole des Apôtres, propre originellement à l’Église de Rome.

Pierre G. (SEDIF)

 

Lire aussi sur le même sujet :
=> Quel Credo baptismal à l’origine du Symbole de Nicée ? 
=> Catholiques, protestants et orthodoxes ont-ils le même Credo ?
=> Pourquoi le symbole des apôtres est-il beaucoup plus utilisé dans nos célébrations ?

 



CLIQUEZ ICI POUR REVENIR À LA FAQ FIDEO CREDO



 

Quelle est la formation des évêques et des prêtres dans l’Église primitive ?

Quelle est la formation des évêques et des prêtres dans l’Église primitive ?

La réponse à cette question est délicate, car elle ne saurait être donnée en trois lignes. La raison en est simple : on ne connaît pas de formation universelle stricte. Je vais donc devoir y aller à gros traits, en espérant susciter en vous le désir de creuser ces questions de votre côté.

L’obligation des séminaires est une invention moderne, suscitée par le concile de Trente (1543-1565) en réponse à la Réforme protestante qui voit émerger quantité de positions théologiques nouvelles et souvent incompatibles entre elles. Si cela vous intéresse, je vous invite à rechercher et lire le décret « Cum Adolescentium Aetas » sur l’organisation des séminaires, du 14 juillet 1563. Il nous est d’autant plus sympathique que ce texte a été proposé par les évêques français (cocorico !). Ce décret propose une formation longue et structurée autour de trois axes : la doctrine (Écritures et Tradition), la vie spirituelle (prière et sacrements) et la vie morale/pastorale (pour soi-même et pour la mission à venir).

Si l’ignorance du clergé a suscité nombre de critiques à l’époque (mais que dire d’aujourd’hui ?), cela ne signifie cependant pas qu’il n’y avait aucune formation avant le XVIe siècle ! Il y eut auparavant des écoles cathédrales et monastiques, etc. Bref, des séminaires avant l’heure de leur officialisation !

*

Si nous en revenons aux premiers siècles, l’affaire se corse : ce que nous savons tient dans les témoignages des Pères de l’Église, qui n’évoquent jamais de formation au contenu défini ni d’établissements consacrés à la formation des clercs.

Voici les éléments à notre disposition, qui éclairent sur la « formation » reçue par les prêtres et évêques :

¤ les formules de foi : ce que tout baptisé doit savoir ;

¤ les critères d’ordination : chrétien éprouvé, à la vie morale irréprochable, capable de transmettre fidèlement le dépôt de la foi et de servir ses frères ;

¤ la présence centrale de l’évêque : les candidats se forment dans son environnement proche, en l’écoutant prêchant, en participant à la liturgie, en prenant progressivement des responsabilités, etc. ;

¤ l’existence très tôt de « centres spirituels » majeurs, qui ne sont pas des institutions établies mais des écoles de pensée où vivent des sages et où l’on vient se nourrir : Alexandrie, Antioche, Césarée… ;

¤ les nombreux sermons et traités écrits par quantité de Pères de l’Église, d’Orient comme d’Occident.

On pourrait dire en quelque sorte que la formation est plus libre (ou relâchée) à l’époque qu’aujourd’hui ; on pourrait aussi dire qu’elle est plus existentielle qu’académique. Les apophtegmes des Pères du Désert (IVe siècle) portent par exemple la trace de cette disciple de vie, de ce modèle de vie chrétienne enseigné pendant les premiers siècles.

Pierre G. (SEDIF)

 

Lire aussi sur le même sujet :
=> Comment les premiers diocèses ont-ils été organisés dans l’Église primitive ?
=> Comment, par qui, l’évêque était-il nommé, élu, ordonné ?

 



CLIQUEZ ICI POUR REVENIR À LA FAQ FIDEO CREDO



 

Les non-croyants qui ont un comportement juste seront-ils sauvés ?

Les non-croyants qui ont un comportement juste seront-ils sauvés ?

On peut l’espérer ! Plus sérieusement, gardons à l’esprit que le salut vient toujours de Dieu par le Christ. Il sait ce qu’Il fait. Et ce qu’Il nous montre de Lui-même est une invitation profonde à la confiance… Le concile Vatican II nous montre l’exemple, en enseignant que celles et ceux qui, sans faute de leur part, ne connaissent pas l’Évangile mais cherchent sincèrement la vérité, écoutent leur conscience et s’efforcent de faire le bien peuvent parvenir au salut par la grâce du Christ (Lumen Gentium, 16).

Attention toutefois ! Cela ne signifie pas que les bonnes œuvres sauvent par elles-mêmes, ni que toutes les religions se valent. Cela signifie que Dieu peut agir dans le cœur de toute personne de bonne volonté. Comme l’écrit saint Paul, les païens peuvent montrer que la loi est écrite dans leur cœur (Rm 2,14-16).

L’Église affirme donc deux vérités : le Christ est l’unique Sauveur, et la miséricorde de Dieu peut atteindre même ceux qui ne le connaissent pas explicitement. Le jugement final appartient à Dieu seul, qui voit les consciences et les intentions profondes. C’est pourquoi l’Église espère le salut de tous, sans jamais le présumer pour quiconque.

Pierre G. (SEDIF)

 



CLIQUEZ ICI POUR REVENIR À LA FAQ FIDEO CREDO



 

Comment, par qui, l’évêque était-il nommé, élu, ordonné ?

Comment, par qui, l’évêque était-il nommé, élu, ordonné ?

Sur le mode d’élection des évêques durant les premiers siècles, il y a des variations selon les lieux, mais la plupart du temps, il est choisi par l’Église locale, c’est-à-dire par le clergé (presbytres et diacres), le peuple chrétien et/ou par des évêques voisins.

Le quatrième évêque de Rome, S. Clément Ier, dans son Épître (texte majeur du christianisme primitif), nous renseigne sur le sujet dès la fin du Ier siècle : il explique que les apôtres, lorsqu’ils prêchaient dans des régions, choisissaient, pour en faire des évêques (« surveillants« ) et des diacres, et après les avoir éprouvés par l’Esprit, ceux qu’ils avaient convertis les premiers. Il écrit :

« Nous pensons donc que ceux qu’ils ont nommés, ou qu’ont nommés plus tard, et avec le consentement de toute l’Église, d’autres hommes éminents par leur piété, ne peuvent pas équitablement être dépouillés de leurs fonctions, s’ils ont veillé fidèlement sur le troupeau de Christ. »

La nomination vient toujours de responsables identifiés, « avec le consentement de toute l’Église » : il y a un équilibre entre les deux, responsables d’un côté et peuple de Dieu de l’autre.

*

L’un des autres témoignages les plus anciens et complets que nous avons sur le sujet est celui de S. Cyprien de Carthage (200-258), le Père de l’Église qui a le plus proclamé l’unité. Je lui laisse volontiers la parole :

« L’autorité divine elle-même demande que l’ancien soit choisi en présence du peuple, sous les yeux de tous, et que ce soit le jugement, le témoignage de tous qui le reconnaisse digne et capable de ses fonctions. […] Il faut s’en tenir, en matière d’ordination, à la pratique dérivée de la tradition divine et de l’usage apostolique, telle que nous la maintenons nous-mêmes et telle que presque toutes les provinces la maintiennent ; c’est-à-dire que tous les évêques environnants de la même province s’assemblent, et que l’évêque à ordonner soit choisi en présence de la congrégation tout entière. Car la congrégation sait très bien quelle a été la vie, quelle a été la conduite habituelle de chacun de ses membres. » (Ep. 67, § 4, 5).

Dans une autre épître, il donne trois critères à l’élection d’un évêque : « Le jugement de Dieu, la voix du peuple et l’adhésion des évêques, ses futurs collègues. » (Ep. 64, § 5).

*

Cet équilibre entre élection par quelques personnes formées et assentiment du peuple de Dieu traverse toute la littérature chrétienne des premiers siècles. Je vous donne quelques paroles succinctes, qu’il faudrait citer plus longuement pour en voir toutes les nuances :

¤ Origène (195-253) : « La présence du peuple est de rigueur pour l’ordination d’un presbytre, ou ancien, afin qu’on choisisse pour cet office celui qu’on sait être le plus savant, le plus saint, le plus excellent. » (Homélie VI, sur le Lévitique)

¤ Constitutions apostoliques (recueil des IIIe et IVe s.) : « Un évêque doit être élu par le peuple tout entier. Quand il a été nommé et approuvé, que le peuple s’assemble un dimanche avec le conseil des anciens et les évêques, et qu’il donne son consentement. »

¤ Pape S. Léon Ier (391-461) : « Celui qui doit être placé au-dessus de tous, doit être choisi par tous. »

*

Il est certain que cet équilibre a perdu du terrain par la suite, au profit du seul choix hiérarchique. Il faut dire que les pouvoirs temporels ont souvent tenté, parfois avec succès, de confisquer ce pouvoir de nommer les ministres de l’Église : ce resserrement est aussi le fruit de tensions politiques et paraissait alors raisonnable.

Reconnaissons enfin que l’approbation par le peuple de Dieu tient toujours en une phrase plus rituelle que réelle, prononcée par un clerc en charge de la formation – et non un laïc – lors de l’ordination sacerdotale :

« Le peuple chrétien a été consulté, et ceux à qui il appartient d’en juger ont donné leur avis. Aussi j’atteste qu’il a été jugé digne d’être ordonné. »

Cela peut paraître artificiel et bien mince : reste que les laïcs ont toujours le droit (et le devoir, en certaines occasions) de signaler à l’évêque ou au pape de mauvais agissements, qu’ils proviennent des séminaristes, des prêtres et… des évêques. Le tout sous la conduite de l’Esprit, mêlant charité et vérité – Caritas in veritate pour reprendre le titre de la première encyclique, magnifique, du pape Benoît XVI.

Pierre G. (SEDIF)

 

Lire aussi sur le même sujet :
=> Comment les premiers diocèses ont-ils été organisés dans l’Église primitive ?
=> Quelle est la formation des évêques et des prêtres dans l’Église primitive ?

 



CLIQUEZ ICI POUR REVENIR À LA FAQ FIDEO CREDO



 

Si l’homme gouverne les créatures, peut-il les soumettre et détruire la nature ?

L’homme seigneur gouverne toutes les autres créatures. Phrase choquante. Pouvons-nous soumettre les créatures et détruire la nature ?

Il me semble que pour comprendre cette phrase que vous citez, il faut la remettre dans le contexte, ne serait-ce que celui du paragraphe :

« L’homme ne commencera à connaître le sens de son destin ultime que s’il considère sa propre nature reçue de Dieu. Dieu a créé l’homme à son image et à sa ressemblance. Cela implique qu’il a fait l’homme capable de connaître Dieu et de l’aimer librement, et que l’homme, comme seigneur, gouverne toutes les autres créatures, les soumet et s’en sert. Cette capacité est fondée dans la spiritualité de l’âme humaine. Puisqu’en tout homme l’âme est créée immédiatement par Dieu, tout homme existe comme le fruit d’un acte concret de l’amour créateur de Dieu. »

Venons-en maintenant à votre question, très orientée au demeurant, puisqu’elle fait dire au texte… ce qu’il ne dit pas ! « Pouvons-nous soumettre les créatures et détruire la nature ? » Évidemment pas !

Pourquoi ? Parce que le commandement de gouverner et de soumettre la création (Gn 1,28) ne signifie pas l’exploiter sans limite ni la détruire : on est très loin du sens biblique ! Rappelez-vous que le texte commence par une prémisse essentielle : l’homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Or Dieu n’est pas un tyran ; Dieu est amour. Si l’homme exerce son autorité à l’image de Dieu, il devient non pas destructeur, mais collaborateur de l’œuvre divine, en quelque sorte « co-créateur » par participation.

Dans la Bible, gouverner signifie toujours prendre soin, ordonner, faire fructifier. Soumettre signifie mettre les forces de la création au service du bien, non les anéantir : c’est « mettre la Création sous »… non sous nous-mêmes, mais sous le plan de Dieu ! On oublie souvent cela, tellement on se regarde le nombril en oubliant que, dans la Genèse, c’est Dieu qui est à l’œuvre et ordonne toutes choses. Il nous est demandé d’agir comme un bon jardinier qui cultive son jardin, non comme un promoteur qui bétonne tout ! D’ailleurs, avant même de recevoir la mission de dominer, l’homme est placé dans le jardin pour le cultiver et le garder (Gn 2,15).

Le projet de Dieu est magnifique : il confie sa création à l’homme parce qu’il lui fait confiance. Les étoiles, les animaux, les plantes ne reçoivent pas cette mission ; l’être humain, oui. Cette responsabilité fonde notamment sa dignité unique. L’homme est appelé à révéler dans le monde la sagesse, la bonté et la fécondité de Dieu. Ainsi la domination biblique n’est-elle pas celle du prédateur, mais celle du gardien. Plus l’homme ressemble à Dieu, moins il détruit ; plus il protège, embellit et fait vivre. Voilà la grandeur de sa vocation.

Pierre G. (SEDIF)

 



CLIQUEZ ICI POUR REVENIR À LA FAQ FIDEO CREDO



 

L’homme justifié est-il celui qui reconnaît son péché ?

L’homme justifié est-il celui qui reconnaît son péché ?

Je ne formulerais pas les chose ainsi : la justification, nous dit saint Paul à longueur de lettres, est l’œuvre de la grâce de Dieu qui pardonne le pécheur et le rend juste. La reconnaissance sincère de son péché en est certes une condition essentielle, je dirais même naturelle (on le voit avec le publicain qui s’humilie devant Dieu en Lc 18), mais ce n’est pas cela qui justifie en soi. L’homme est justifié non par la seule conscience de sa faute, mais d’abord et avant tout par la foi, la conversion et l’accueil de la grâce divine qui le transforme intérieurement.

Pierre G. (SEDIF)

 



CLIQUEZ ICI POUR REVENIR À LA FAQ FIDEO CREDO