Si Dieu est amour, les catastrophes naturelles sont-elles liées au péché de l’homme ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Si Dieu est tout puissant d’amour, est-ce que toutes les manifestations violentes de la nature sont en lien avec le péché de l’homme ?

Voilà une question passionnante, que je me suis longtemps posée jusqu’à ce que je lise La Femme pauvre de Léon Bloy, un roman prodigieux que je vous recommande ! Dedans, il est expliqué combien la faute originelle de l’humanité a entraîné toute la Création à sa suite.

Mais répondons en théologien : l’homme, destiné à être médiateur de la création, ayant rompu avec Dieu, la création elle-même en est affectée… C’est dire notre responsabilité ! Le Christ, nouvel Adam, restaure (et divinise !) cette même Création par sa mort et sa résurrection – nous demandant de prolonger cet acte dans notre propre vie… C’est dire (de nouveau) notre responsabilité ! Je vous recommande de lire le chapitre 8 de l’épître aux Romains, dans lequel saint Paul exprime cette réalité, avec notamment cette assertion : Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore (Rm 8,22).

Mais attention tout de même, une nuance s’impose pour éviter toute confusion : toutes les violences de la nature ne sont pas directement causées par un péché humain particulier. On a vu éclore cette thèse ici et là dans l’Histoire : tel tremblement de terre survient parce qu’une population aurait péché ; le SIDA est la conséquence, voire le châtiment, de la décadence morale des personnes homosexuelles, etc. L’Église a toujours rejeté cette logique terrible, dans le prolongement de ce que Jésus nous enseigne lui-même dans les évangiles.

Il y a d’ailleurs un épisode dans les évangiles qui aborde le sujet explicitement :

À ce moment, des gens qui se trouvaient là rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. (Lc 13,1-5)

Jésus distingue bien la violence naturelle de la violence morale… Un ouragan, un tremblement de terre, un tsunami n’a pas d’intention ni de volonté propre ! Le mal moral et spirituel (= péché) suppose une liberté.

Pour conclure : ce désordre du monde est la conséquence du péché en général : le péché originel a introduit un désordre dans l’harmonie originelle. Le salut est heureusement déjà en marche… à chacune et chacun de nous de faire notre part.

Pierre G. (SEDIF)

Lire aussi, sur le même sujet :
=> Quelle est la source du mal : notre liberté et le fait de dire non à Dieu ?
=> Où se situent le mal, le refus, la tentation, la chute, dans le Credo ?

 



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