11 octobre 2026

Saint Firmin, évêque (propre de Nîmes)

Auteur/autrice : Pierre Gelin

Entre vérité, salut et inspiration, quelle place reste-t-il pour l’Église ?

Entre vérité, salut et inspiration, quelle place reste-t-il pour l’Église ?

Voilà une autre question fondamentale ! Mais nous n’y répondrons pas ici car cette question sera au centre de bien des enseignements, jusqu’à la conclusion de la dixième et dernière rencontre, sur Écriture et Tradition. L’idéal serait que la réponse naisse en nous au fur et à mesure, de sorte que nous puissions la faire vôtre. D’autant que, l’an prochain, un FIDEO Credo sera lancé en complément : le symbole de l’Église par excellence !

Mais pour ne pas laisser totalement cette question en suspens, il est possible de lire cet extrait du Catéchisme de l’Église catholique : L’interprétation de l’héritage de la foi.

Et pour ceux qui en ont le courage, il y a également tout le passionnant chapitre du Catéchisme intitulé : « Dieu à la rencontre de l’homme » (numéros 50 à 141). Il reprend beaucoup de points évoqués dans cette première rencontre : la Révélation biblique, les étapes de cette Révélation, la place centrale du Christ, le rôle de la transmission apostolique et de l’Église, la canonicité et l’inspiration par l’Esprit Saint…

Pierre G. (SEDIF)

 



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Qu’est-ce que le salut ?

Qu’est-ce que le salut ?

Le salut est le fait d’être arraché au mal et au péché : ce salut se réalise sur la croix par le don total que Jésus – vrai Dieu et vrai homme – fait de lui-même par amour. Ce salut s’accomplit aujourd’hui en nous par la grâce de Dieu et sera définitif aux jours derniers. D’un point de vue biblique, il y a deux temps :

1/ la loi dans la Première Alliance, c’est-à-dire le Premier Testament, avant le Christ ;
2/ et la grâce dans la Nouvelle Alliance, avec, dans et par le Christ.

C’est pourquoi on parle d’« économie du salut  » en théologie : cette économie du salut est le plan divin, c’est-à-dire la merveilleuse pédagogie de Dieu Lui-même qui se révèle peu à peu aux hommes et les éduque progressivement à son Amour.

On pourrait l’imager avec l’Exode : les Hébreux sont libérés de l’esclavage en Égypte ; le salut est déjà à l’œuvre, même s’il y a encore des combats au désert, des errances, des envies de renoncer, etc. L’entrée dans la Terre promise, avec Josué (= même prénom que Jésus qui veut dire : « le Seigneur sauve »), est la grâce définitive du salut. De même, le salut est déjà à l’œuvre par le don du Christ, en dépit de nos errances et renoncements ; nous continuons d’avancer, dans l’attente du Royaume – notre Terre promise.

Si vous souhaitez en savoir plus, voici un court extrait du Catéchisme de l’Église catholique : La liberté humaine dans l’économie du salut.

Et vous avez tout un chapitre du Catéchisme de l’Église catholique intitulé : « Le salut de Dieu : la loi et la grâce » (numéros 1949-2051).

Pierre G. (SEDIF)

 



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La grâce est-elle une manifestation de l’Esprit Saint ?

La grâce est-elle une manifestation de l’Esprit Saint ?

La grâce est en effet intimement liée à l’Esprit Saint, qui est Dieu lui-même. On pourrait presque dire que la grâce est l’action privilégiée et gratuite de l’Esprit Saint en nous pour nous permettre de devenir pleinement enfants de Dieu. La grâce, c’est la vie divine infusée en notre âme par l’Esprit pour la guérir du péché, la purifier, la sanctifier. Le Catéchisme de l’Église catholique dit notamment : « La grâce est d’abord et principalement le don de l’Esprit qui nous justifie et nous sanctifie. » (n. 2003). Ensuite, le Catéchisme évoque les grâces qui sont dons de l’Esprit (vertus, sacrements, charismes, etc.). Dans tous les cas, la grâce est l’expression de Dieu-Esprit.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Si l’Esprit Saint nous est révélé à la Pentecôte, sa présence était-elle déjà connue des hommes dans l’Ancien Testament ?

Si l’Esprit Saint nous est révélé à la Pentecôte, sa présence / son existence était-elle déjà connue des hommes dans l’Ancien Testament ?

La réponse est « non », si vous pensez à l’Esprit Saint comme troisième personne du Dieu unique. Mais cette réponse est également valable pour le Père et le Fils. Il faut voir combien tous ont été déroutés par Jésus-Christ, jusqu’à ses apôtres. En revanche, l’action de l’Esprit, à la lumière de ce que nous savons par sa réception à la Pentecôte, est palpable dès les origines : Dieu souffle lors de la création.

Il faut repartir du mot hébreu qui a donné l’esprit : « ruah« . Il signifie le souffle, le vent, l’esprit. Ce souffle prend des formes très différentes… Vous avez certainement en tête ce moment où Élie ressent la brise légère, qui est l’expression de Dieu (lire ici). Ce mot « ruah » désigne aussi la respiration de l’homme qui vient de Dieu :  Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant.) (Gn 2,7)… Sur ces différents sens, je peux vous donner de nombreuses références si vous le souhaitez.

En d’autres termes, « ruah » exprime dans la Bible tout ce qui relève du vivant et de la vie divine en l’homme et à l’extérieur de l’homme. Cela touche aussi la conscience, le lien intime de l’homme avec Dieu. Il y a par exemple ce beau verset du psaume 30 (31), qui sera repris par le Christ lui-même : Je remets mon esprit entre tes mains ; tu m’as racheté, ô Éternel, Dieu de vérité !

Enfin, et ce sera notre dernier point, l’Ancien Testament pressent à certains moments l’existence d’un Esprit Saint et sanctifiant, qui est la source de toutes les transformations intérieures. Voici deux exemples :

  • Isaïe 11,1-2 : Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur…
  • Ézéchiel 36,26-27 : Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon esprit, je ferai que vous marchiez selon mes lois, que vous gardiez mes préceptes et leur soyez fidèles…

Pierre G. (SEDIF)

 



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Dieu peut-il, encore aujourd’hui, inspirer des auteurs ?

Dieu peut-il, encore aujourd’hui, inspirer des auteurs ?

Oui, fort heureusement. Il ne cesse d’inspirer son Église, qui a pour charge de transmettre la révélation divine. Peut-être même qu’Il inspire les enseignements de FIDEO, les échanges en cénacle, notre désir de Le connaître et de Le faire connaître…

Mais attention : l’inspiration des Écritures est tout de même singulière, d’un ordre différent. Le Saint-Esprit est à l’œuvre pour révéler Dieu à travers les hagiographes bibliques. Dieu s’est définitivement révélé en Jésus-Christ : l’inspiration de l’Esprit, depuis la Pentecôte, vise autre chose, qu’on pourrait résumer comme la transmission vivante de la Parole de Dieu, son accomplissement pour aujourd’hui, en chacun de nous – individuellement et collectivement.

Une comparaison, très imparfaite, pourrait éclairer ce point : l’inspiration des Écritures, ce serait un peu l’amour de parents (évidemment dignes de ce nom), amour qui serait le point à la fois de départ et de repère de notre propre capacité d’aimer. L’inspiration biblique fondamentale est le point de départ et de repère de toutes les inspirations qui lui ont succédé. Cette comparaison trouve vite sa limite et n’est pas à absolutiser, mais peut-être peut-elle faire comprendre la différence d’ordre entre les différents types d’inspiration : tout est contenu dans l’Écriture sainte et tout est encore à déployer pour aujourd’hui. Le Saint Esprit est à l’œuvre dans les deux cas.

En quoi Dieu se serait-il arrêté d’inspirer les auteurs ?

Il ne s’arrête pas d’inspirer les auteurs, mais Il les inspire autrement, puisqu’Il a tout dit avec, dans et par son Fils, Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme, médiateur et plénitude de la Révélation.

Pierre G. (SEDIF)

 Certains cénacles ont demandé à recevoir des questions posées par d’autres cénacles, pour vérifier leur compréhension des enseignements reçus. À la question : «En quoi Dieu se serait-il arrêté d’inspirer les auteurs ? », une personne de Bouillargues a proposé cette belle réponse :

« Oui Dieu peut inspirer des auteurs, qui donneront un éclairage sur la Révélation, qui nous aideront à la comprendre mais n’y ajouteront pas d’élément nouveau. Il existe des écrits de personnes croyantes et priantes, qui nous aident à avancer dans notre vie de foi et qui, à ce titre, nous parle de Dieu. Ils nous éclairent sur les enseignements du Christ qui est venu tout achever et récapituler.

Dieu continue d’inspirer les auteurs pour que chacun puisse recevoir son message selon ses capacités, son époque, sa réalité quotidienne. Mais leurs écrits inspirés par l’Esprit ne sont pas du même ordre que la Bible, surtout que l’Évangile, qui récapitule tout.

Peut être pourrait-on envisager de nouveaux écrits similaires aux Actes des Apôtres par exemple, qui viendraient raconter le cheminement de l’Église aux différentes époques ?

Les derniers versets de l’Apocalypse, que je viens de découvrir, dissuadent toutefois de rajouter quoi que ce soit aux Écritures : Et moi, devant tout homme qui écoute les paroles de ce livre de prophétie, je l’atteste : si quelqu’un y fait des surcharges, Dieu le chargera des fléaux qui sont décrits dans ce livre ; et si quelqu’un enlève des paroles à ce livre de prophétie, Dieu lui enlèvera sa part : il n’aura plus accès à l’arbre de la vie ni à la Ville sainte, qui sont décrits dans ce livre (Ap 22, 18-20). »

Ajout de Pierre G. – Cette réponse est d’autant plus intéressante qu’elle répond à sa propre interrogation (3e §) en citant l’Apocalypse. Il ne peut y avoir rien de plus à la Révélation, pas même un écrit similaire aux Actes des Apôtres. En revanche, il existe bien des écrits inspirés par Dieu qui donnent un éclairage sur la Révélation… achevée dans et par le Christ.

 Si, vous aussi, vous souhaitez recevoir des questions d’autres cénacles pour tenter d’y répondre à votre tour, n’hésitez pas à nous contacter…

 



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Ex 4,24-26 – Comment comprendre la circoncision du fils de Moïse ?

Le passage de la circoncision du fils de Moïse n’est pas clair. Auriez-vous des précisions ?

Gloups ! C’est un des passages les plus sibyllins de toute l’histoire de Moïse (Ex 4-24-26)… D’une part, il y a une grosse imprécision grammaticale en hébreu : on ne sait pas à qui correspond le « il », s’il s’agit de Moïse ou de son fils Guershom ; d’autre part, on peine à comprendre que Dieu veuille faire mourir celui qu’il a choisi juste avant. Les exégètes bibliques pensent donc que ce (très) court récit aurait été rajouté a posteriori.

Bibliquement, ce texte a plusieurs interprétations possibles, et toutes peuvent être justes, la Bible étant Parole de Dieu, donc n’épuisant pas toutes les logiques humaines. Quelques exemples non exhaustifs…

1/ Que Dieu veuille faire apparemment mourir ne signifie pas qu’Il le veuille véritablement : nous en avons un cas éloquent avec Isaac, que Dieu demande à Abraham d’offrir en holocauste (Genèse 22). C’est plus une manière de raconter qu’une réalité proprement dite, ce que nous confirmeront les prophètes par la suite (ex : tout le livre de Jonas !) et, surtout, le Christ Lui-même, qui donne le véritable sens à toute chose.

2/ L’intervention de Dieu manifeste toutefois qu’il se passe quelque chose de grave… L’insertion de ce court récit à cet endroit précis peut être expliquer l’affaire : les versets précédents évoquent la mort du fils premier-né de Pharaon. Or pour ne pas mourir, il faut être intégré dans l’Alliance avec Dieu, qui passe depuis Abraham par la circoncision. Guershom en était exclu puisqu’il n’était pas circoncis. La négligence de Moïse envers l’Alliance peut entraîner la mort de son fils.

3/ C’est Cippora qui coupe le prépuce de son fils, c’est-à-dire une Madianite et non une fille d’Israël. Madiân est un des fils qu’Abraham a eu avec Quetoura (Gn 25,1-2). Elle est donc descendante d’Abraham, mais pas d’Isaac et de Jacob-Israël, qui sont ceux en qui la promesse se prolonge… On pourrait dire à première vue que Madiân a été retranché de l’Alliance (les Madianites et les Israélites connaîtront de gros conflits plus tard, dans les livres des Nombres, de Josué et des Juges) ; on voit ici – et déjà précédemment avec Jethro (Ex 2,15-22), qu’on retrouvera d’ailleurs au premier plan plus tard (Ex 18) – que l’élection d’Israël n’est pas exclusive. Plus encore, si Cippora est celle qui sauve Moïse et/ou son fils, c’est elle – l’étrangère – qui devient en quelque sorte la garante de l’Alliance… que Moïse, choisi par Dieu au buisson ardent, était censé prolonger. La place de l’étranger dans l’œuvre du salut est une thématique biblique à part entière (Ruth, la veuve de Sarepta, Naaman le Syrien, la Syro-phénicienne, le centurion, Corneille…).

4/ L’expression « époux de sang » ou « protégé par le sang » connaîtra enfin une longue postérité biblique, pas que dans le récit de l’Exode, mais bien au-delà… Dans le Lévitique par exemple, le sang a valeur d’expiation et permet de renouveler la relation à Dieu (lire aussi : He 9,7-28). Évidemment, le Christ viendra donner un nouveau sens à ces réalités tout à la fois symboliques et archaïques.

On pourrait ainsi multiplier les exemples, tout en restant prudent… Je vous recommande de nouveau de parcourir les notes de votre Bible de travail.

Pierre G. (SEDIF)

 

Lire aussi : Gn 17 – La circoncision : quelle est son origine et sa signification ?

 



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