11 octobre 2026

Saint Firmin, évêque (propre de Nîmes)

Auteur/autrice : Pierre Gelin

Pourquoi parler du « salut » du corps ?

Le jugement de la fin des temps… le salut de l’âme et du corps ? Est-ce que vous pouvez nous détailler ? Surtout le « ET »…

Le jugement de la fin des temps est le jugement universel, collectif : si notre âme est jugée à notre mort (paradis ou enfer), il lui manque encore de retrouver notre corps… Car notre condition d’être humain, à l’image et à la ressemblance de Dieu, est précisément d’être corps et âme : c’est notre dignité, notre grandeur ! Il manque donc à l’âme la résurrection du corps pour que notre condition humaine soit pleinement restaurée.

Pourquoi parler de « salut » ? De la même manière que l’âme est purifiée devant Dieu, le corps est glorifié. On le voit bien à la résurrection : c’est vraiment le Christ qui apparaît, et pourtant on peine à le reconnaître de prime abord. C’est que son corps est glorieux. Par Dieu, avec Dieu et en Dieu, tout est à son accomplissement, à sa pleine mesure, notre âme comme notre corps.

Pour aller plus loin, je vous invite à relire le chapitre 8 de l’épître aux Romains, et plus particulièrement les versets 19 à 23, si possible dans une Bible de travail (pas une version de poche), avec renvois et notes de bas de page, afin de bien en saisir le sens.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Quid des personnes non baptisées qui se tournent vers Dieu : l’essentiel n’est-il pas de croire ?

Quid des personnes non baptisées ? Ceux qui se tournent vers Dieu, même après la mort, iront-ils au Paradis après le Purgatoire ? L’essentiel n’est pas de croire ?

Votre première question me rappelle celle d’un autre cénacle : Les non baptisés peuvent-ils participer à la « vie du monde à venir » ? Je vous renvoie à la réponse que je leur ai adressée, qui se trouve dans la FAQ FIDEO Credo.

Concernant votre deuxième question : il n’y a que deux « destinations », le Paradis ou l’Enfer. Le Purgatoire appartient à la première « destination ». Si ceux qui se tournent vers Dieu vivent une purification, oui, ils iront bien au Paradis après : je vous renvoie à ce sujet aux questions que vous avez posées sur la purification et la peur éventuelle du Purgatoire.

Concernant votre dernière question, qu’appelez-vous « croire » ? Si l’on en croit les évangiles, ceux qui expriment le mieux la vérité de Jésus-Christ, ce sont les démons : ils ne cessent de confesser qu’il est le Messie, le Fils de Dieu. Ont-ils l’essentiel ? Je suis sûr qu’en réfléchissant sur cet acte de croire, vous aurez la réponse à votre question. Sinon, je vous invite à consulter la FAQ FIDEO Credo, notamment les questions liées à la Rencontre 1… L’acte de foi y est décortiqué sous tous ses aspects.

Tiens, par exemple (mais non par hasard) : Que veut dire : le Credo ne vise pas à exprimer une vérité mais indique une prise de position existentielle ? Il faut croire que mon exemple démoniaque ne date pas d’aujourd’hui…

Pierre G. (SEDIF)

 



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Comment définir la résurrection, notamment auprès des enfants ?

Comment définir la résurrection, notamment auprès des enfants ? Jésus, même mort, est là. Pour des enfants, on pourrait dire qu’il est parti, puis qu’il est revenu.

Il me semble que pour parler de la résurrection aux enfants, il faut éviter d’en faire une simple « réanimation », comme si Jésus était juste revenu à la vie (pour mourir encore plus tard). Je ne dirais pas non plus qu’il est parti, puis revenu, car on pourrait avoir l’impression qu’il n’a fait que quitter la pièce pour revenir peinard, sans que rien n’ait changé.

Il faut parvenir à montrer que ce n’est pas un retour en arrière, ni même un « come-back » à la manière d’une vieille rock star, mais une transformation : Jésus n’est plus limité par la mort. Il vit une vie nouvelle…

Alors, comment l’expliquer de manière imagée ? Il me semble que l’image de la graine mise en terre peut aider… Elle semble disparaître, mais elle devient une plante. Ce n’est plus la graine, mais c’est bien la même vie qui continue autrement. Une autre image, que j’utilise avec mon fils : ici-bas, nous vivons une vie de chenille, avec toutes ses limites ; la chenille disparaît dans son cocon (la mort) pour réapparaître comme papillon. Ce n’est pas un autre être, c’est la même vie transformée, passant de la terre (animal rampant) au ciel (animal volant).

Toute comparaison a ses limites, évidemment… L’enjeu est de faire comprendre que la résurrection est la nouvelle vie donnée par Dieu après la mort, nous rendant vivant pour toujours.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Pourquoi l’âme est immortelle car spirituelle ?

Pourquoi l’âme est immortelle car spirituelle ?

Votre question vient de ce que vous ne faites pas directement le lien entre immortalité et principe spirituel. Résumons : le principe d’une réalité spirituelle, c’est de ne pas être composée de matière susceptible de se décomposer ou de disparaître : un principe spirituel est donc, par définition, incorruptible.

Comment passer de cette incorruptibilité à l’immortalité ? L’immortalité signifie qu’une réalité ne cesse pas d’exister dans le temps : elle implique la permanence de l’existence, notamment après la mort. Dieu conserve toute chose dans l’être. Or nous savons par Révélation que Dieu est vie, lumière, amour : ses dons sont sans repentance, Il conserve toute chose en Lui. Ainsi les réalités spirituelles sont-elles immortelles.

La Révélation biblique ne dit pas autre chose : Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité, il a fait de lui une image de sa propre identité (Sg 2,23). Commentant cette phrase, saint Thomas d’Aquin écrit : « D’où l’on peut déduire que l’homme est impérissable, c’est-à-dire incorruptible, pour la raison qu’il est à l’image de Dieu. Or il est à l’image de Dieu par son âme, comme Augustin le dit au livre du De Trinitate. Donc l’âme est incorruptible. » (Si cela vous intéresse, je vous recommande la question 14 du De Anima, que vous trouvez en ligne sur l’internet).

Bref, résumons : tout esprit est par définition incorruptible et immortel. Il en est ainsi des anges, qui sont des esprits purs, donc immortels par nature. Il en est également ainsi de l’âme, à ceci près qu’elle est créée pour être le principe de vie, la forme d’un corps. Elle est donc naturellement ordonnée à l’union avec le corps. Mais là où le corps se décompose, l’âme, elle, peut subsister après la mort.

Donc pour répondre à votre question : étant spirituelle, l’âme n’est pas sujette à la corruption matérielle et ne peut être détruite par la dissolution du corps ; elle ne disparaît pas avec la mort du corps, mais continue d’exister parce que Dieu la conserve dans l’être.

Si vous souhaitez approfondir cette thématique, je vous recommande un remarquable petit ouvrage introductif du P. Pierre-Marie Emonet : L’âme humaine expliquée aux simples. Il n’est hélas plus réédité, mais se trouve facilement d’occasion. Une pépite !

 

Pierre G. (SEDIF)

 



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Qu’est-ce que la glossolalie : un balbutiement d’enfant devant le Père ?

Puis nous nous sommes heurtées à l’existence de la glossolalie. Certaines en ont été parfois témoins sans en comprendre la nécessité. Faut-il la considérer comme un balbutiement d’enfant, des tout-petits que nous restons devant un père qui nous dépasse infiniment ? Ou faut-il croire les prophètes qui leur trouvent un sens caché comme il est dit dans les Actes des apôtres ? C’est resté pour nous un mystère…. D’ailleurs la rencontre s’intitulait « Mystères et ministères de l’église » !

La glossolalie, littéralement « parler en langues », est un phénomène mentionné dans le Nouveau Testament, surtout dans les Actes des Apôtres et les lettres de saint Paul.

Le passage le plus célèbre est celui de la Pentecôte dans Actes des Apôtres 2 : les apôtres, remplis de l’Esprit Saint, parlent et chacun les entend dans sa propre langue. Ici, il s’agit d’un signe missionnaire : Dieu veut que l’Évangile soit annoncé à tous les peuples.

Il faut distinguer ce premier phénomène d’un second, celui que saint Paul évoque dans sa Première épître aux Corinthiens (1 Co 12-14). Dans le cas présent, on est face à quelque chose de plus mystérieux, lié à la prière inspirée par l’Esprit. S. Paul la considère comme un charisme, c’est-à-dire un don spirituel accordé pour l’édification de l’Église. Mais Paul insiste fortement sur plusieurs points : ce don n’est pas le plus important, il doit rester ordonné, discerné, et il ne peut jamais créer de désordre ni de supériorité spirituelle ; et par-dessus tout, évidemment, il faut garder en mémoire que la charité est supérieure à tous les charismes. S. Paul lui-même écrit : Je préfère dire cinq paroles avec mon intelligence de manière à instruire les autres, plutôt que d’en dire dix mille en langues (1 Co 14,19).

Venons-en à ce qu’en dit l’Église… La glossolalie est reconnue comme un possible charisme authentique de l’Esprit Saint. Elle n’est donc ni rejetée ni considérée comme anormale en soi. Cependant, l’Église demande toujours – comme tout phénomène sortant de l’ordinaire – prudence, discernement, équilibre spirituel et fidélité aux vertus théologales.

Gardons donc bien à l’esprit que la glossolalie – telle que conçue par saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens – n’est en aucun cas une preuve automatique de sainteté ou d’une présence plus forte de Dieu. La grande majorité des saints n’ont jamais parlé en langues. Le signe principal de l’action de l’Esprit Saint demeure la conversion du cœur, la foi, l’humilité et la charité. Ainsi, pour l’Église catholique, le parler en langues peut être un don réel, mais il reste secondaire par rapport à l’essentiel : grandir dans l’amour du Christ et l’unité de l’Église.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Faut-il avoir peur du Purgatoire ?

Faut-il avoir peur du Purgatoire ?

Non. Le Purgatoire est une œuvre de la miséricorde de Dieu qui achève en nous la sainteté nécessaire pour le voir « face à face ». Ce n’est pas une menace, mais une étape de guérison et d’accomplissement de l’amour.

S’il y a une souffrance, c’est d’être privé « temporairement » (encore qu’il faudrait retirer la notion de temps) de la vision de Dieu et d’être arraché à tout ce qui n’est pas de l’ordre de l’amour. La seule « peur » au sens spirituel peut être celle de ne pas aimer assez Dieu, mais même cela est enveloppé dans l’espérance : le purgatoire est précisément ce qui rend possible la pleine joie du Ciel.

Pierre G. (SEDIF)

 



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