11 octobre 2026

Saint Firmin, évêque (propre de Nîmes)

Auteur/autrice : Pierre Gelin

Les défunts continuent-ils à « évoluer » après leur mort ?

Questionnement sur les défunts : continuent-ils à « évoluer » après leur mort (prière agissante pour leur salut) ?

Le mot « évoluer » n’est pas adéquat : on ne parlera pas d’évolution, au sens d’une changement libre ou d’un progrès autonome. Le choix fondamental de la personne pour ou contre Dieu est en effet considéré comme fixé au moment de la mort. En revanche, comme nous l’avons vu dans les questions précédentes, il existe une purification pour celles et ceux qui meurent en amitié avec Dieu mais encore imparfaitement purifiés. Dans cet état, les défunts ne « méritent » plus par eux-mêmes, mais ils peuvent être transformés et purifiés par la grâce de Dieu : au fond, on pourrait dire que ce n’est pas une « évolution », mais davantage un « accomplissement ».

Les prières des vivants (messes, suffrages, intercessions) sont alors « efficaces » non parce que les défunts changent par eux-mêmes, mais parce que Dieu applique ces prières à leur purification dans la communion des saints. Ainsi, on peut dire qu’il y a un progrès vers la pleine communion avec Dieu, mais ce progrès est entièrement « passif » du côté du défunt et « actif » du côté de la grâce divine.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Pourquoi donner le nom de « Adam » à cet être céleste et incorruptible dans lequel le chrétien se transforme ?

Pourquoi donner le nom de « Adam » à cet être céleste et incorruptible dans lequel le chrétien se transforme ?

L’image du premier Adam et du dernier Adam (le Christ) se retrouve dans plusieurs textes de saint Paul. Je vous invite à relire le chapitre 5 de l’épître aux Romains, pour bien comprendre dans quelle mesure le premier Adam annonce le dernier et comment le dernier Adam renvoie au premier : Adam préfigure celui qui devait venir (Rm 5,14).

Il faut bien comprendre que cette image est propre à la théologie de saint Paul : il considère le Christ ressuscité comme l’origine d’une nouvelle humanité, tout comme le premier Adam fut l’origine de l’ancienne. Une autre lettre est particulièrement explicite et lumineuse sur ce point, je vous en cite un extrait :

L’Écriture dit : Le premier homme, Adam, devint un être vivant ; le dernier Adam – le Christ – est devenu l’être spirituel qui donne la vie. Ce qui vient d’abord, ce n’est pas le spirituel, mais le physique ; ensuite seulement vient le spirituel. Pétri d’argile, le premier homme vient de la terre ; le deuxième homme, lui, vient du ciel. Comme Adam est fait d’argile, ainsi les hommes sont faits d’argile ; comme le Christ est du ciel, ainsi les hommes seront du ciel. Et de même que nous aurons été à l’image de celui qui est fait d’argile, de même nous serons à l’image de celui qui vient du ciel. (1 Co 15,45-49)

En résumé, Adam est l’homme tiré de la terre, chef de la création déchue, tandis que le « dernier Adam » — le Christ — est l’Homme venu du ciel, chef de l’humanité réconciliée. On l’appelle Adam non pour dire qu’il est une créature, mais pour dire qu’il est le principe d’une race nouvelle. De même que nous recevons notre nature mortelle du premier Adam, nous recevons la vie incorruptible du Christ. Ainsi, en étant configurés au Christ, nous devenons membres de ce nouvel Adam, une humanité recréée, non plus marquée par la chute, mais par la gloire.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Pourquoi parler d’Église « catholique » et non « universelle » si les deux sont synonymes ?

Pourquoi ne dit-on pas dans le Credo « Église universelle » puisque catholicité = universalité ?

Les mots étant presque synonymes, je ne comprends pas bien le sens de votre question. Peut-être parce que, dans l’usage contemporain et dans votre esprit, le vocable « catholique » serait devenu identitaire, alors que le terme « universel » désigne la totalité ?

Au fond, votre question pourrait impliquer deux dimensions : d’une part, il y a une interrogation sémantique sur les éventuelles nuances entre les termes « catholique » et « universel » ; d’autre part (et surtout ?), il y aurait toute une ecclésiologie à développer pour bien comprendre ce qu’est l’Église…

Je vais me contenter de répondre ici à la première des deux dimensions. Il y effectivement une nuance entre « universel » et « catholique » : « universel » exprime une expansion géographique totale, tandis que « catholique » signifie à la fois l’universalité, la plénitude et la communion dans la même foi. En gros, quand on parle d’Église catholique, on ne dit pas seulement qu’elle est répandue partout, mais qu’elle possède la plénitude de la foi et des moyens du salut.

*

L’explication de cette nuance nous conduit naturellement à la seconde dimension : l’ecclésiologie. Sur ce sujet, je vous renvoie à « Lumen Gentium » du concile Vatican II. Si le texte vous semble trop ardu pour une première approche, il se trouve que le pape Léon XIV a eu la bonne idée de commencer, au début de cette année, une série de catéchèses simples et profondes sur les textes conciliaires.

Après avoir abordé « Dei Verbum » sur la Parole de Dieu, il poursuit en ce moment même une explication de Lumen Gentium, sur ce qu’est l’Église… N’est-ce pas une occasion parfaite de comprendre ce qu’elle est, tout en nous mettant à l’écoute du pape que l’Esprit a suscité pour notre temps ?

Voici le lien vers les premières catéchèses, en attendant les prochaines audiences générales (chaque mercredi) :

Pierre G. (SEDIF)

Pour aller plus loin, sur le même thème : 
=> Comment dire que l’Église est « universelle », si on considère les autres confessions et religions ?
=> L’Église est-elle un mémorial ?
=> Pourquoi parle-t-on de notre Mère l’Église ?

 



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Lorsque nous ressusciterons serons-nous comme Jésus Christ : 100 % Dieu et 100 % homme ?

Lorsque nous ressusciterons serons-nous comme Jésus Christ : 100 % Dieu, 100 % homme ?

Non. Seul Jésus-Christ est à la fois 100 % Dieu et 100 % homme : c’est ce qu’on appelle en théologie « l’union hypostatique » ; je ne me souviens plus si le P. Nicolas Germain évoque cette expression : en gros, cela désigne l’union parfaite des deux natures en une seule personne.

À la résurrection, nous demeurerons pleinement humains, mais transfigurés et glorifiés. Nos corps ressuscités seront incorruptibles, lumineux et spirituels (1 Co 15), à l’image du Christ ressuscité. Nous participerons réellement à la vie divine par la grâce (la « divinisation » ou théosis), mais sans devenir Dieu par nature. Ainsi, nous serons semblables au Christ dans sa gloire, mais jamais égaux à lui dans sa divinité.

Ou pour le dire en une formule simple : nous serons « divinisés » mais non « déifiés ».

Pierre G. (SEDIF)

 



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Qu’est-ce que les séquelles du péché ? Qu’en est-il de la réconciliation ?

Qu’est-ce que les séquelles du péché ? Qu’en est-il de la réconciliation ?

Les séquelles du péché, qu’on appelle aussi « peine temporelle », sont les désordres qui demeurent même après le pardon du péché. Le péché blesse la relation avec Dieu, mais aussi la personne elle-même, les autres et l’ordre moral : attachements mauvais, habitudes, dommages causés…

Le pardon rétablit la communion avec Dieu, mais ces blessures doivent encore être guéries et réparées. Dans le sacrement de pénitence et de réconciliation, l’absolution remet la faute et la peine éternelle… et c’est bien là le plus important ! Mais il peut rester cette peine temporelle. Elle est purifiée par la pénitence, la conversion concrète, la charité, la prière et, dans la doctrine catholique, éventuellement par le purgatoire.

Au fond, c’est un peu comme la vie de couple ou l’amitié… Si quelqu’un ment ou trahit, le pardon peut être donné, mais la confiance reste blessée, même inconsciemment. La relation est rétablie, mais il faut souvent du temps, des gestes concrets et des changements pour guérir la blessure.

Ainsi la réconciliation pardonne-t-elle réellement le péché, mais la guérison complète du cœur et des conséquences demande souvent un chemin de transformation intérieure.

Pierre G. (SEDIF)

Pour aller plus loin, sur le même thème : 
=> Comment concilier les « conséquences irrévocables » de nos actes et la miséricorde infinie de Dieu ?
=> La purification de nos âmes est-elle compatible avec notre nature humaine ?
=> La rémission de nos fautes lors du sacrement de pénitence laisse-t-elle des séquelles à purifier après notre mort ?

 



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Quelle est la différence entre « génération » et « engendrement » ?

Pourriez-vous préciser pourquoi le terme « génération » est employé par le P. Gilles Emery dans l’engendrement ?

Ces deux termes sont parfois employés indifféremment dans la théologie trinitaire, comme des synonymes, bien qu’il existe effectivement une petite distinction : l’engendrement décrit l’acte personnel du Père, qui engendre activement le Fils ; la génération désigne davantage la relation entre le Père et le Fils (en gros : le résultat de l’engendrement).

L’avantage de parler de « génération » et non pas simplement d’ « engendrement », surtout au cours des premiers siècles, c’est que cela permet d’éviter certaines erreurs, tel le subordinatianisme : en parlant de génération, on réaffirme l’égale divinité du Père et du Fils, on ne sous-entend plus de priorité temporelle, ni de supériorité ontologique.

Pierre G. (SEDIF)

 



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