11 octobre 2026

Saint Firmin, évêque (propre de Nîmes)

Auteur/autrice : Pierre Gelin

Judas : damné pour avoir refusé la miséricorde de Dieu ?

Damnation : refus du Christ, de la miséricorde et de l’amour de Dieu (exemple de Judas, damné pas seulement pour avoir livré le Christ mais aussi pour s’être pendu et avoir refusé la miséricorde de Dieu).

Ce n’est pas une question, mais je voulais revenir sur cette remarque qui conclut un compte rendu par ailleurs assez remarquable…

Pour varier les plaisirs, et pour faire découvrir Prixm si jamais vous n’avez pas encore pris le temps de regarder ce que c’est (ce n’est pas faute d’avoir inondé les malles à outils de FIDEO Bible avec leurs articles !), je vous invite à lire cet article qui dit l’essentiel, de manière fort sympathique au demeurant : Pourquoi Judas le traître a-t-il alimenté l’antisémitisme ? La dernière partie de cet article pose la question : « Judas est-il damné ou sauvé ? » Ça vous changera de mon verbiage !

Et puis il y a cette parole du Seigneur à sainte Gertrude : « De Salomon ni de Judas, je ne te dirai ce que j’ai fait, pour qu’on n’abuse pas de ma miséricorde. » Certes, il s’agit d’une révélation privée, mais cela confirme qu’un mystère demeure concernant sa destinée…

En tête de l’article de Prixm, il y a également un podcast associé à cet article, à écouter en voiture, en faisant le repassage ou avec un bon whisky au coin de la cheminée… à la fin du Carême, cela va de soi. Vous verrez, cela a un petit goût de reviens-y (Prixm, hein, pas le whisky… encore que, pourquoi opposer les deux ?).

Pierre G. (SEDIF)

 



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Si l’Esprit procède naturellement de la substance du Père, que devient le Fils ?

Il est écrit dans le texte de Gilles Emery que l’Esprit procède naturellement de la substance du Père, cela se comprend dans l’explication donnée par l’auteur, mais dans le Credo nous disons qu’il procède du Père et du Fils… comment ?

Eh bien, les deux sont vrais ! La source unique de la divinité est le Père : en théologie, nous disons que le Père est l’archè, c’est-à-dire le principe sans principe de la Trinité. Tout procède de Lui, par engendrement (le Fils) et par spiration (l’Esprit). Tous trois partagent la même substance divine (l’Amour).

Mais dans le même temps, l’Esprit procède également du Fils. C’est là qu’intervient la subtilité et la plupart des incompréhensions : il n’y a pas deux sources, mais une seule, à savoir le Père. Le Père communique toute la divinité au Fils, de toute éternité : le Père spire l’Esprit ; et le Fils, ayant reçu du Père tout ce qu’Il est (sauf d’être Père, évidemment), spire conjointement l’Esprit. Le principe de la procession de l’Esprit est donc à la fois unique et communiqué, ce que le concile de Florence, cité par le P. Nicolas Germain, exprime ainsi dans une formule qui ne se trouve pas dans le polycopié : « L’Esprit procède du Père en tant que source première et du Fils en tant qu’il le reçoit du Père. »

Votre question rejoint précisément la petite divergence qui existe entre catholiques et orthodoxes. C’est vrai que le Credo, en disant simplement « Filioque », ne marque apparemment pas de distinction entre Père et Fils, ce qui a suscité un différend profond entre les Églises. Aujourd’hui, depuis le concile Vatican II, nous reconnaissons conjointement que le Père est la source unique et que le Fils joue un rôle médiateur réel dans la manifestation – ou l’envoi – de l’Esprit (on trouve l’expression : « Esprit du Christ » dans le Nouveau Testament). Finalement, le désaccord porte surtout sur la manière dont on exprime l’origine, et non sur la vie trinitaire elle-même. Une formule fait consensus : « Il procède du Père par le Fils ». Interprété ainsi, le « Filioque » a toute sa place.

Dans la FAQ FIDEO Credo, vous trouverez en complément une réponse à cette question posée par un autre cénacle : Le « Filioque » est-il une doctrine secondaire dans la foi catholique ? Et surtout, vous aurez de plus amples explications lors de la rencontre 7, avec le père-évêque, qui traite de l’Esprit comme troisième Personne dans la Trinité. Donc si cela ne vous paraît pas clair pour le moment, un peu de patience, cela le deviendra probablement au fil de votre étude de la vie trinitaire.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Que signifie « transparents à sa lumière » ?

Le dernier paragraphe du texte de Maurice Zundel nous interroge : que signifie « transparents à sa lumière », pénétrés par la lumière de Dieu, aucun obstacle entre Dieu et les hommes ?

Oui, être transparents à la lumière de Dieu, c’est se laisser prendre tout entier par la vie de Dieu en nous, par son Amour débordant qu’Il souhaite inlassablement nous communiquer. Il s’agit là d’un thème très classique dans la littérature mystique : elle renvoie à un état spirituel dans lequel l’âme devient si purifiée, dépouillée et unifiée à Dieu qu’elle ne fait plus obstacle à la lumière divine — elle la laisse passer, comme une vitre limpide laisse passer la lumière du soleil.

Nous en avons des traces, déjà dans l’Écriture sainte, par exemple saint Paul quand il dit : Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi (Ga 2,20). La personne humaine ne disparaît pas, mais devient le reflet pur de la vie divine.

Beaucoup de citations pourraient être données ici, prises à quantité de mystiques et de saints. Je me contenterais d’un exemple… un choix bien arbitraire guidé par le fait que je l’ai lu récemment : Maître Eckhart parle du détachement (Abgeschiedenheit) : l’âme doit se vider d’elle-même, de toute image, de tout vouloir, pour devenir un pur miroir où Dieu peut se manifester. Une phrase résume parfaitement son approche : « Là où la créature se tait, Dieu parle. » La transparence est ici la pure disponibilité intérieure.

Vous le comprenez, être transparent à Dieu, ce n’est pas s’effacer au point de ne plus exister, mais être pleinement soi en Dieu. Nous retrouvons là une notion majeure de la théologie chrétienne : la grâce ne détruit pas la nature, elle la transfigure. Ainsi, la transparence n’est pas une disparition de l’humain, mais son achèvement dans la lumière divine. Tout un chemin à parcourir, c’est vrai, mais… Quel bel horizon de vie !

Pierre G. (SEDIF)

 



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Quel sens a le Démiurge dans la religion chrétienne ?

« Démiurge »… pouvez-vous nous donner plus de détail à ce sujet… nous avons eu du mal à bien comprendre le sens dans la religion chrétienne…

Attention ! Le démiurge n’a rien à voir avec la foi chrétienne, bien au contraire. C’est une notion qu’on pourrait qualifier aujourd’hui d’ésotérique, quitte à friser l’anachronisme.

Résumons brièvement : le démiurge est, dans la philosophie grecque (Platon) et surtout dans le gnosticisme, un être qui façonne le monde matériel. Dans les courants gnostiques, il est souvent vu comme un dieu inférieur, ignorant ou mauvais, qui aurait créé un monde imparfait. En gros, il existerait un Dieu bon, créateur des réalités spirituelles et invisibles, et un Dieu mauvais (le démiurge), créateur des réalités matérielles et visibles.

La foi catholique rejette totalement cette idée. Elle affirme qu’il n’existe qu’un seul Dieu, bon et tout-puissant, créateur direct de tout ce qui existe, matériel et spirituel. Le monde n’est pas mauvais en soi : il est créé bon, mais blessé par le péché. Le mal ne vient pas d’un démiurge mauvais, mais de la liberté mal utilisée des créatures.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Prier pour les défunts ne signifie-t-il pas que l’amour de Dieu ne suffit pas ?

Questionnement toujours sur la prière pour les défunts : peut poser question, car cela semble signifier que l’amour de Dieu ne suffirait pas ?

L’amour de Dieu suffit ! Et pourtant, il passe par nous… C’est fou non ?

C’est tout le mystère de la médiation de l’Église que nous verrons l’an prochain, de manière concrète et moins intellectuelle que FIDEO Bible et FIDEO Credo, lorsque nous aborderons la liturgie et les sacrements.

Pierre G. (SEDIF)

 



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Quelles sont les 3 étapes du dévoilement du mystère de Dieu selon Benoît XVI ?

Dans le texte de Benoît XVI : nous avons identifié les 3 étapes du dévoilement du mystère de Dieu, comme étant
– la révélation de Dieu, par les prophètes,
– les Évangiles : Dieu s’annonce,
– l’incarnation de Dieu : et le verbe s’est fait chair.
Mais c’est encore peu clair dans notre esprit.

C’est presque cela !

La première étape est la communication de Dieu par le don de sa Parole, avec notamment le fameux « Dieu dit » du Premier Testament. La deuxième étape est la Parole qui entre dans le temps, qui s’incarne : le Verbe fait chair. Avec ces deux premières étapes, la Révélation est close : Dieu a tout dit.

Mais le dévoilement de son mystère, la compréhension de ce mystère, doit s’accomplir encore pour nous aujourd’hui. Telle est l’œuvre propre à l’Église : la troisième étape du dévoilement du mystère de Dieu est ainsi l’interprétation à la lumière de l’Esprit, ce qu’on appelle aussi la Tradition.

Pierre G. (SEDIF)

 



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