10 octobre 2026

Saint Ghislain

Auteur/autrice : Diocese De Nîmes

« Faustine, apôtre de la Miséricorde » sort au cinéma en 3 séances pour la Pentecôte !

Les salles de cinéma réouvrent le 19 mai prochain après 6 mois de fermeture. SAJE sera présent pour célébrer cet événement avec la sortie du film Faustine, apôtre de la Miséricorde. Ce film écrit, réalisé et produit par Michal Kondrat est tiré du livre «Le petit journal de sœur Faustine». Il est soutenu par la Fondation du Cinéma Saint Maximilien Kolbe.

  • Le film Faustine, Apôtre de la Miséricorde sortira au CGR de Nîmes. Les séances seront le 20 (en soirée) , 23 et 24 mai (en après-midi).

Dans les années 1930, sœur Faustine reçoit des révélations privées au cours de nombreuses apparitions du Christ. Ce dernier la charge de diffuser au monde entier le message de sa Miséricorde Divine, une mission que poursuivra le Père Michel Sopocko, son confesseur, après la mort de Faustine…

Hélène Kowalska est née le 25 aout 1905, en Pologne. Elle entre à 20 ans chez les sœurs de Notre Dame de la Miséricorde à Varsovie et devient Sœur Marie Faustine du Très Saint Sacrement. Sa vie est très simple : elle travaille au service de ses sœurs en cuisine, dans le jardin ou encore comme portière. Mais derrière cette simplicité se cache une grande communion avec Dieu. Ses 13 ans de vie religieuse furent marqués par de grandes souffrances physiques et morales (maladies, moqueries, critiques) ainsi que par de nombreuses expériences mystiques. Lors d’un entretien avec le Christ, elle reçoit une grande mission : celle de rappeler au monde entier Son Amour Miséricordieux. Elle reçoit également de Jésus la demande de faire réaliser un tableau d’après ce qu’elle a elle-même contemplé lors de sa vision mystique, et de faire vénérer cette image dans le monde entier. Toutes ses expériences mystiques et ses entretiens avec Jésus ont été mis par écrit par la Sainte elle-même, dans le Petit Journal, sur la demande de son directeur spirituel, le bienheureux Père Michel Sopocko. Emportée par la tuberculose, elle meurt à 33 ans, le 5 octobre 1938, en odeur de sainteté. Elle est déclarée bienheureuse par le Pape Jean Paul II, le 18 avril 1993, le premier dimanche après Pâques. Puis elle est canonisée le 30 avril 2000, ce même dimanche après Pâques, par le pape Jean Paul II qui institue également la Fête de la Miséricorde Divine.

20 ans d’Episcopat de Mgr Wattebled

«Duc in altum ! Cette parole résonne aujourd’hui pour nous et elle nous invite à faire mémoire avec gratitude du passé, à vivre avec passion le présent, à nous ouvrir avec confiance à l’avenir :  » Jésus-Christ est le même, hier et aujourd’hui, il le sera à jamais » »… C’est sur cet extrait de la Lettre apostolique « Au début du nouveau millénaire » de Jean-Paul II que s’ouvre le numéro du mois de mai de la revue diocésaine « Eglise de Nîmes » qui consacre plusieurs pages aux 20 ans d’épiscopat de Mgr Robert Wattebled.

«Çà fait quoi d’être confirmé(e) ?»

« C’est le début ! C’est le début de quelque chose. J’ai été baptisé il y a plus de cinquante ans et c’est un nouveau départ ! »… « C’est une grande joie. Et donc du coup là je suis parti pour une « grosse » éternité ! » … « Ah. C’est une belle cérémonie. Je suis très content… Et moi je suis sa grand-mère et je suis très fière de mon petit-fils ! »… « C’est une fierté ! »… « Ça fortifie, je crois que c’est le mot : on se sent marqué du Christ ! » … « Une bonne équipe d’accompagnants. J’ai eu beaucoup de chance sur ce chemin vers le Christ et j’espère que ça va continuer ! » … « Je suis contente, tellement contente : MERCI ! »… « Cela fait longtemps que j’attendais et on y est. La préparation a été intense, au bout de deux ans c’est un soulagement ! »… « Je crois que cela va m’apporter une grande paix et une réponse à beaucoup de questions ; et après ce sera un grand chemin, en fait, donc c’est le début… » … « C’est une étape de franchie, un nouveau départ et ça fait beaucoup de bien ! »… « C’est la poursuite du chemin. On a été mis sur le chemin de Jésus déjà par le baptême et là maintenant on suit sa voie et on le trace ! »… « La dame qui me fait le catéchisme m’avait dit que tant qu’on n’avait pas les trois piliers (le baptême, la communion, la confirmation) on était comme un peu bancal, pas stable… et là, du coup, je me sens vraiment stable ! » … « Cela signifie que dans mon cœur il y a un engagement que je prends, moi, vis-à-vis du Seigneur, pas dans l’autre sens. Je lui dis vraiment Oui. Je vais essayer ensuite de faire au mieux, mais c’était très important pour moi, très symbolique de dire Oui ! » (1)

Françoise Kizlik (Responsable du service diocésain du catéchuménat) 
> regarder l’album photos

C’est avec l’huile parfumée que Monseigneur Robert Wattebled a marqué le front de quatorze confirmands adultes dimanche 2 mai 2021 en l’église St Charles, à Nîmes.
Il s’agissait de Pauline, Graziella, Jonnhy, David, Surya, Romain et Catherine qui ont été baptisés cette année à Pâques ; mais également : Pierre, Vanessa, Sébastien, Jean Baptiste, Djamila déjà baptisés, tout comme Guylène et Jolan qui ont également reçu ce jour-là leur première communion.
Nés à une vie nouvelle par leur baptême, fortifiés par le sacrement de confirmation et ayant communié au Pain de la Vie éternelle, souhaitons leur « bonne route » à la suite du Christ et soyons-leur unis par notre prière et notre accueil fraternel au sein de nos communautés.
Sans oublier les 30 autres adultes qui se préparent eux aussi à la confirmation et qui seront confirmés prochainement, à Uzès, Nimes ou au Vigan et avec la seconde célébration diocésaine qui se déroulera samedi 26 juin à Vergèze.

 

Mgr Robert Wattebled (aux catéchumènes, dans son homélie) (1)
> Textes du jour 2 mai 2021 – dimanche, 5ème Semaine du Temps Pascal — Année B

Je vous propose de revenir un peu sur ce qu’on a entendu dans la première lecture. Celle des Actes des apôtres, pace que c’est une situation facile à imaginer et à comprendre. Saul était surement connu, peut-être pas de tout le monde à Jérusalem, mais il devait être connu de tous les pratiquants très fidèles de la religion. Il avait étudié sur place et puis il devait être connu parce qu’il était plein de zèle, plein d’ardeur pour défendre la religion qu’il avait reçue de ses pairs. Il devait être connu comme celui, comme un de ceux, qui ne pouvait pas supporter les disciples de Jésus qu’on appelait pas encore chrétiens. Il ne pouvait pas supporter ce que l’on disait de Jésus dans ces cercles-là. Pour lui c’était des blasphèmes. Il avait été présent, si l’on en croit les actes des apôtres au moment où Etienne avait été lapidé et c’est lui qui gardait les vêtements.
Alors, qu’en un certain temps après, alors qu’il avait été envoyé en mission pour ramener de Damas des chrétiens et pour les faire passer en jugement. Alors quand il revient sans ramener de chrétien à faire passer en jugement et en cherchant à se joindre aux disciples, le livre des Actes des apôtres nous dit : « Tous ont peur de lui ».
Et c’est compréhensible.
Et c’est Barnabé, selon le texte, qui va le prendre avec lui. Il va sans doute l’écouter, le comprendre un peu, un peu mieux ; et il va le présenter aux apôtres. On pourrait dire, toute proportion gardée, que Barnabé a été un peu « le parrain » ou « l’accompagnateur » de Saul. En tout cas il s’est porté garant de lui et de sa sincérité. Et cela a fait tomber la peur que l’on avait.
Il me semble que ce petit épisode, bien compréhensible, toute proportion gardée bien sûr, ressemble un peu au parcours des catéchumènes ou des « recommençants » comme on dit.
Bien sûr vous n’avez pas été persécuteurs des chrétiens et on a pas eu peur de vous ! MAIS votre parcours est tellement particulier ; tellement original. Quand je lis vos lettres, forcément, il n’y en a pas deux qui se ressemblent. Un peu comme le parcours de Saul n’était pas du tout le même que celui des premiers apôtres…
Votre parcours à vous, il est particulier, original. Et il serait important en toute discrétion et en tout respect, bien sûr, de pouvoir partager quelque chose des richesses que vous avez découvertes dans l’évangile, dans la personne de Jésus, bien sûr, dans la vie de l’Eglise aussi. Il serait important de pouvoir le partager avec ceux qui sont chrétiens depuis plus longtemps. Ceux et celles, on pourrait dire, qui ont reçu l’évangile un peu comme un héritage et qui ont eu à le prendre à leur compte, personnellement.
Ce serait certainement une richesse pour notre vie chrétienne personnelle, comme pour la vie de nos paroisses, de nos communautés, de nos mouvements. Il semble que nous avons et nous aurons peut-être toujours davantage dans les années qui viennent, à découvrir nous qui sommes chrétiens depuis longtemps, baptisés depuis longtemps, nous avons à découvrir que les catéchumènes, les « recommençants », ont vraiment quelque chose d’original à partager avec nous, comme nous avons quelque chose à partager avec eux de ce que nous trouvons dans l’évangile… dans notre rapport à la personne de Jésus… dans notre vie au sein de l’Eglise.
Parce que nous sommes les uns et les autres des sarments de cette vigne unique dont parle Jésus, ou plutôt de cette vigne qu’il dit être Lui-même, à la Gloire de son Père. « Demeurez-en moi comme moi en vous, dit-il ». Nous n’aurons jamais fini de découvrir et d’approfondir ce mystère-là. Comment demeurer personnellement et ensemble en Jésus comme Lui demeure en nous ? La 1ère lettre de st Jean (c’était la deuxième lecture), nous disait voilà comment nous reconnaissons qu’il demeure en nous puisqu’il nous a donné part à son Esprit. C’est l’esprit de Jésus qui ne cesse de nous être offert, qui nous est proposé, qui nous est donné. C’est lui qui l’unité, la communion, entre tous les disciples de Jésus aux parcours si divers, si particuliers, si originaux. C’est lui l’Esprit du Seigneur qui guidait déjà Barnabé, qui guidait Saul, qui guidait d’autres apôtres, qui guidait la communauté chrétienne. C’est lui qui les apprenait à aimer en actes et en vérité, comme il veut nous apprendre nous-mêmes à aimer en actes et en vérité. AMEN

 

(1) Merci à Laure Vidal (son Radio Ecclésia) et Hubert Emmery (photos) pour leur collaboration
Extraits à retrouver sur Radio Ecclésia dans l’émission « Au cœur du Diocèse » et en podcast, à partir du mercredi 12 mai 2021

55ème journée mondiale des communications sociales 2021

La Journée Mondiale des Communications Sociales, seule journée mondiale instituée par le Concile Vatican II ( » Inter Mirifica « , 1963), est célébrée dans de nombreux pays le dimanche qui précède la Pentecôte. En 2021, ce sera le dimanche 16 mai.

Dans son message pour la 55e Journée mondiale des communications qui a pour thème «Viens et vois (Jn 1, 46). Communiquer en rencontrant les gens où et comment ils sont», le Pape François met en garde contre le risque d’une information formatée, en exhortant les gens à aller «là où personne d’autre ne va» et à ne pas raconter la pandémie uniquement avec les yeux du monde riche. L’appel à «venir et voir» est aussi «la méthode de toute communication humaine authentique». Tel est le cœur du message du Pape François pour la 55e Journée mondiale des communications sur le thème «Viens et vois (Jn 1, 46). Communiquer en rencontrant les gens, où et comment ils sont» qui a été publié aujourd’hui, à la veille de la commémoration de saint François de Sales, patron des journalistes. Cette journée tombe en mai 2021 et a été célébrée pour la première fois en 1967. Le premier texte écrit par un pape à cette occasion porte la signature de Paul VI. Ce rendez-vous annuel de prière et d’engagement pour les communications sociales a été introduit dans l’Église par le Concile Vatican II, avec le décret Inter mirifica.

> lire la suite (sur vatican.news)

 

REFLEXION : « Une fin de vie libre et choisie ? »

Alors que les partisans de l’euthanasie sont revenus à la charge depuis quelques semaines avec un projet de loi ouvrant droit à « une fin de vie libre et choisie » et faisant l’objet de débats parlementaires, nous avons demandé à Marie-Hélène Bourdrel de nous aider, forte de son expérience, à réfléchir sur les questions extrêmement sensibles soulevées par le sujet. Médecin de formation, aumônier au Centre Hospitalier de Montélimar pendant 9 ans, Marie-Hélène est  également l’épouse de Pierre, médecin retraité, diacre ; tous deux nouvellement installés dans le diocèse. 

Une fois encore, en pleine période de pandémie, les tentatives de légiférer en faveur de l’euthanasie refont surface. Le 8 avril 2021, chacun a pu lire dans la presse ou voir à la télévision les débats houleux à l’assemblée nationale suite à la proposition de voter une loi pour  permettre « une fin de vie libre et choisie ».On sait que plus de 3000 amendements ayant été déposés, la loi n’a pas eu le temps d’être votée.

Le sujet reviendra en force n’en doutons pas   Car les tentatives se font plus pressantes,  on édulcore les mots  on parle de compassion, d’amour, de liberté ultime…

Comment s’y retrouver et ne pas céder au chant des sirènes  quand on ne baigne pas dans le sérail médical, politique, philosophique, juridique voire idéologique ?  Sans prétendre faire ici,  le tour d’une question vaste et complexe,  tentons de voir un peu plus clair dans cette demande de légiférer autour de l’euthanasie et/ou du suicide assisté.

Peut-être est-il d’abord nécessaire de  s’entendre sur la définition du terme euthanasie, étymologiquement du grec, la « Bonne Mort  ». Qui ne souhaiterait  vivre une mort bonne ?  Peu à peu ce terme a pris la connotation de donner, provoquer une mort douce.  Chacun a sa définition de ce terme et on parle d’euthanasie active, passive, indirecte, avec ou sans consentement. Et le débat se brouille…

Il ne faudrait en fait n’employer le terme d’euthanasie que pour l’acte de provoquer la mort d’une personne. Par exemple, en disant que l’arrêt ou la diminution de traitements curatifs faisant l’objet d’une obstination déraisonnable,  alors même que sont maintenus les soins de confort  dits palliatifs pour soulager la douleur, est une euthanasie passive ou indirecte,  on essaie de faire accepter par la société que l’euthanasie entre dans le champ des soins palliatifs… Non, provoquer délibérément la mort d’une personne n’est pas la même chose que laisser la mort arriver, parce qu’inéluctable, tout en l’accompagnant  par des soins appropriés.

Le refus de la toute puissance médicale

Dans un premier temps, les tenants de l’euthanasie, notamment autour de l’association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD), refusaient la toute « puissance médicale  » pour justifier leur demande ;  les différentes lois depuis 2002 et notamment la loi dite Léonetti  sur la fin de vie (2005) inscrivent le droit des malades à être informés  et à exprimer leur consentement éclairé sur les choix thérapeutiques les concernant, à refuser un traitement, elles introduisent  « les personnes de confiance » et les « directives anticipées » au cas où la personne en fin de vie ne soit plus en état de communiquer.  Ces lois font donc  tomber cette revendication. Or,  en  maintenant  la demande de  l’euthanasie ne donne-t-on  pas aux médecins  une toute puissance inégalée, celle de donner volontairement la mort ? Même dans le cas du suicide assisté il faut bien un prescripteur pour obtenir le produit létal. Est-ce le rôle des soignants ?

Par rapport à cette « toute  puissance médicale », l’Eglise catholique  dit aussi clairement  le droit du malade à refuser un acharnement thérapeutique (on parle maintenant d’obstination déraisonnable) :

Ainsi dans l’Encyclique du Pape Jean-Paul II, l’Evangile de la Vie, au paragraphe  n°65 : « Il faut distinguer de l’euthanasie la décision de renoncer à ce qu’on appelle « l’acharnement thérapeutique », c’est-à-dire à certaines interventions médicales qui ne conviennent plus à la situation réelle du malade, parce qu’elles sont désormais disproportionnées par rapport aux résultats que l’on pourrait en espérer ou parce qu’elles ont trop lourdes pour lui et  sa famille. »

Rappelons que l’indisponibilité du corps humain  est inscrite dans le droit français (Art 16 du code civil)   et que l’enseignement de l’Eglise à toujours tenu la vie humaine comme un don de Dieu  et son inviolabilité comme un principe intangible.

La dignité

Mourir dans la dignité, un autre terme utilisé pour demander un droit à l’euthanasie : C’est aussi  le souhait de chacun d’entre nous. De quelle dignité parlons-nous ?

Pour nous chrétiens la vie est un don de Dieu et ne s’arrête pas à notre vie terrestre. Le fait d’être un être humain fonde notre dignité intrinsèque.  Perdons-nous notre dignité et  ne sommes-nous plus dignes de vivre dès lors que nous perdons des capacités intellectuelles, physiques  etc. … La  dignité se fonde-t-elle sur des convenances personnelles car dans ce cas  où mettre le curseur de ma dignité ? Mes premières rides ou prothèses dentaires ? La perte  progressive d’une certaine autonomie ?  La dignité d’un être humain dépend elle uniquement de son apparence, de l’image donnée, de ses capacités à faire ?

Il est important que chacun s’interroge de temps à autre et réfléchisse au fait que nous sommes mortels, vulnérables car personne ne souhaite être malade, accidenté ni finir « grabataire » sur un lit en maison  de retraite ; personne ne souhaite être dépendant de quelqu’un d’autre pour sa toilette, pour manger et si nous nous contentons de fermer les yeux sur ces réalités qui un jour peuvent arriver à nous ou à nos proches,  nous risquons de donner prise par peur à l’argument que mourir dans la dignité c’est uniquement abréger le plus vite possible cet état et demander à être euthanasiés .

Il faut se redire que la valeur de la vie va jusqu’au bout de l’existence. Et qu’il est  de la responsabilité de chacun d’être présent, de visiter, d’entourer, d’accompagner et ainsi de montrer à la personne qu’elle garde toute sa valeur, sa dignité.

Rappelons ici que la « petite » Thérèse de Lisieux dont on imagine les souffrances avec une tuberculose qui avait aussi atteint les intestins, demandait à ce qu’on ne laisse pas des médicaments à portée de main des malades car la tentation d’en finir est trop grande quand on souffre.  Il ne suffit pas de dire qu’on est contre l’euthanasie, il faut aussi se confronter aux difficultés et réalités désagréables et non les fuir en espérant qu’elles ne nous atteindront pas.

Qu’en est-il de la souffrance physique ?

L’Eglise ne glorifie pas la souffrance et si une attitude « doloriste » a pu exister à une époque rappelons que dès les années 50, Pie XII, répondant à des anesthésistes [1], justifiait la prise des analgésiques pour soulager les douleurs intenables même si la vie devait être abrégée de quelques jours car l’intention était de soulager et non de tuer.

En février 2016 la loi dite Claeys-Leonetti, tout en confortant celle de 2002, introduit la possibilité pour  le patient d’avoir une sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu’au décès.

L’Eglise reconnait le bien fondé d’une sédation qui puisse être levée pour que la personne communique avec ses proches par exemple ou pour passer un cap particulièrement difficile mais elle met en garde contre le procédé de la sédation profonde et continue jusqu’au décès qui doit rester très exceptionnel.

Les Soins  Palliatifs

Une réponse au mourir dans la dignité, avec une prise en charge de la douleur physique, de la souffrance psychique est apportée par les soins  palliatifs :

Tels que définis par la Société Française d’accompagnement et de Soins Palliatifs (SFAP) : les soins palliatifs sont « des soins actifs et continus pratiqués par une équipe pluridisciplinaire, en institution ou à domicile. Ils visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance physique, sauvegarder la dignité de la personne malade et soutenir son entourage. C’est une manière d’organiser  et de faire des soins attentifs, compétents, centrés sur la personne et surtout de « prendre soin ». « Ils prennent le parti d’accompagner le malade jusqu’au bout  en évitant les 2 extrêmes que sont l’obstination déraisonnable et l’euthanasie ».

Des témoignages nombreux et ma propre expérience d’aumônier pendant 9 ans dans un centre hospitalier, montrent que des personnes ayant demandé à en finir au plus vite, bien accompagnées dans ou par ces services, ne réitéraient pas leur demande.

Depuis 1999 la loi garantit l’accès aux soins palliatifs en établissement de santé ou à domicile ; les choses s’améliorent mais on n’en parle pas encore assez et il faudrait bien sûr augmenter les moyens pour augmenter les possibilités de prise en charge. Il est bon aussi de savoir que la loi du 2 mars 2010 donne droit à une allocation financière pour accompagner à domicile une personne en fin de vie et sa famille.

La liberté ultime ?

Choisir le moment de sa mort comme liberté ultime ?

Est-on vraiment libre de choisir quand on souffre ? Quand on demande à mourir ne demande-t- on pas que cesse un état de souffrance ?

Notre société devenue de plus en plus individualiste tend à réclamer cette liberté. C’est mon choix !  C’est respectable mais  ce choix là doit-il être inscrit dans la loi ? Jusqu’à présent les lois étaient  faites pour  protéger le plus faible du plus fort et de plus en plus on exige que les lois répondent à des intérêts particuliers.

Lorsqu’on refuse l’aide des soins palliatifs au nom d’un choix personnel qui participe bien d’une  idéologie doit-on y engager toute la société ?

Et l’argument  disant que c’est juste un droit en plus qui n’oblige en rien ceux qui n’en veulent pas,  ne tient pas :

  • On nous assure que la loi sera très encadrée mais on sait bien que les garde fous tomberont les uns derrière les autres…Regardons honnêtement ce qui se passe aux Pays Bas et en Belgique.
  • Notre médecine si belle et performante est devenue très dépendante de l’économie… Imagine-t-on la pression psychologique sur des personnes âgées ou gravement malades qui  se désolent de la peine qu’elles donnent à leur entourage ? Il leur sera difficile de ne pas se sentir coupables de ne pas utiliser la possibilité d’en finir dès l’instant où  la loi le permet ! Et on leur fera peut-être comprendre qu’elles coûtent cher à la société… Vers quelles dérives sociétales risque-t-on d’aller ?

« On pourra nous opposer que nos arguments sont aussi une idéologie alors que de nombreuses voix dans la société, non suspectes de catholicisme militant, s’opposent aussi à la légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté. »

Laissons le dernier mot à Philippe Pozzo di Borgo, tétraplégique depuis 28 ans et dont la vie a inspiré le film Intouchable :

« Beaucoup de personnes revendiquent la liberté de choisir leur mort et argumentent que leur choix est personnel ; elles n’envisagent même pas les conséquences que cette décision peut avoir pour d’autres fragiles encore plus seuls et souffrants. Cette liberté revendiquée par ceux qui disent vouloir être euthanasiés à de lourdes répercussions sur ma liberté et sur celle des plus fragiles et des plus faibles. Si la société dit à celui qui souffre, comme moi, qu’il a le droit d’être euthanasié, c’est comme si elle le disait à moi-même, comme si elle me criait à la figure que notre vie ne vaut plus d’être vécue. On croit respecter un droit, une liberté, on bafoue ma vie, notre vie, à nous autres les très différents et vulnérables.

Ne touchez donc pas aux intouchables, et vous verrez qu’en vous penchant sur eux, en étant en relation avec eux, en les considérant, vous vous réconcilierez avec votre finitude, vous vous sentirez mieux et notre société y trouvera sa dignité. »

[1] Cité par Mgr J. Suaudeau in  Actes du Colloque sur la Bioéthique du 4 février 2012,  Diocèse de Valence (26)

Marie-Hélène Bourdrel

 

 

 

 

 

Unis pour la Terre

Ce dimanche 9 mai en de nombreux endroits de France sont prévues des marches pour le climat. Pourquoi cette date, alors que nous connaissons encore des restrictions liées à la circulation de la Covid ? C’est que la loi « Climat et résilience » issue des travaux de la Convention citoyenne sur le climat est actuellement en cours de préparation. Avec quelle détermination notre pays va-t-il s’engager ? Quelles seront les ambitions de sa politique écologique et sociale ? Les préoccupations concernant le climat ne peuvent nous laisser indifférents.

Parmi les organisateurs de ces manifestations, parmi les participants à ces marches se trouvent des chrétiens. Leurs analyses et leurs perspectives sont sans doute diverses mais leurs motivations profondes prennent appui sur l’appel de l’encyclique Laudato si à une conversion : comme la charité et la fraternité, la conversion à l’écologie intégrale n’est pas facultative pour qui entend vivre à la suite du Christ. Vivre la vocation de protecteur de l’œuvre de Dieu n’est pas quelque chose d’optionnel ni un aspect secondaire de l’expérience chrétienne (Laudato si, n°217).

Nous ne rejoindrons certes pas tous les manifestations de dimanche*. Mais elles nous offrent à tous la possibilité d’avancer d’un pas… Quelques suggestions : découvrir ce que recouvre le label « Eglise verte », nous intéresser à ce qui se fait chez nous et ailleurs en ce domaine, nous informer davantage sur la préparation de la loi « Climat et résilience », échanger avec des personnes engagées, progresser dans le dialogue intergénérationnel au sujet de notre « maison commune » et, bien sûr, nous confier les uns et les autres au Seigneur dans la prière.

« O Dieu des pauvres,
Guéris nos vies
Pour que nous soyons des protecteurs du monde et non des prédateurs,
Pour que nous semions la beauté et non la pollution ni la destruction.
Apprends-nous à découvrir la valeur de chaque chose. »
(Pape François)

Le 5 mai 2021,

Denis ODE, diacre, référent diocésain pour l’écologie intégrale
+ Robert WATTEBLED, évêque de Nîmes

* Une manifestation est prévue chez nous à Nîmes. Elle se déroulera à 14h30 (au départ de la Maison Carrée).


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