À quelles hérésies répondent la paternité, la toute-puissance et la création de Dieu ?
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Sachant que le Credo est fondé pour répondre aux diverses hérésies, à quoi ces notions de « Père Tout-Puissant » et « créateur » s’opposent-elles ? Si ces hérésies n’ont pas disparu au point de nier toute paternité divine ou tout acte créateur, quelles sont les bases intellectuelles sur lesquelles se fondent ces hérésies ?
Lors de la rencontre 5, vous aborderez longuement les hérésies… concernant le Fils. Ce sont effectivement les plus connues. Il faut reconnaître que celles concernant le Père sont souvent moins abordées, parce qu’elles sont moins frontales.
Le rappel de la « paternité », de la « toute-puissance » et de la « création » de Dieu répond d’abord à un bain ambiant de l’Antiquité. À cette époque, plusieurs courants philosophiques et spirituels, comme le stoïcisme et les religions à mystères, croyait en un monde régi par la nécessité, par les étoiles, par des forces impersonnelles. Dire « Père » signifie tout bonnement que le monde n’est pas gouverné par un mécanisme, mais par une intelligence aimante. En affirmant sa « toute-puissance » les Pères conciliaires rappellent que rien – ni la matière, ni le mal, ni l’histoire – n’échappe à la souveraineté de Dieu. En d’autres termes, pour le dire de manière simple : à la lumière de la Révélation, le Credo réfute l’idée que le monde est un accident ou une prison.
Autre courant marquant à l’époque : le dualisme, qui prendra la forme d’hérésies comme le gnosticisme (qui connaît un regain de forme aujourd’hui) et le manichéisme. De mémoire, le P. Luc Mellet en parle dans son enseignement vidéo, quand il est question « du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible » ; mais cela concerne aussi sa « toute-puissance ». J’aborde cela en réponse à un cénacle qui m’interrogeait : C’est quoi le principe dualiste ? Je vous laisse donc regarder la réponse dans la FAQ FIDEO Credo, car elle répond à votre question.
Enfin, la question de la création est fondamentale : dans l’Antiquité, nombre de philosophes – notamment grecs – croient en l’éternité du monde. Je vous renvoie par exemple au Timée de Platon. Pour eux, la matière existe depuis toujours, Dieu s’occupe simplement de l’organiser. Or le Credo, dans la droite ligne du tout premier chapitre de la Genèse, affirme au contraire que le monde n’est pas une émanation ni un bricolage d’un Dieu désœuvré, mais un acte volontaire et gratuit d’un Dieu libre. Ce n’est pas rien ! Sans peut-être en avoir l’air, cela fonde rien moins que la dignité du monde, la liberté humaine et l’amour.
Concernant votre deuxième question, j’avoue que je sèche. Peut-être est-ce dû à ma mauvaise connaissance des hérésies contemporaines concernant le Père ? Il y a bien la résurgence d’hérésies telles que le gnosticisme aujourd’hui, mais est-ce cela dont vous parlez ? Vous devez probablement avoir vent de quelque chose que j’ignore… Vous me direz.
Pierre G. (SEDIF)
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