Mort de Jésus et union hypostatique : y a-t-il séparation de l’âme et du corps, de ses natures humaine et divine ?
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Questionnement sur la mort de Jésus : séparation temporaire de l’âme et du corps, entre la nature humaine et la nature divine, Jésus prenant sur lui tous les péchés humains, avant la résurrection dans la gloire ? Comment interpréter la parole de Jésus « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » prononcée sur la croix ? Ou faut-il voir plutôt une unicité permanente entre les natures humaines et divines, à sa naissance comme à sa mort ?
Eh bien… Quelle série de questions ! Seule la première demeure obscure : je vois le point d’interrogation qui ponctue « la résurrection dans la gloire », mais sans parvenir à saisir l’objet exact de votre question. Heureusement, les questions suivantes éclairent l’ensemble…
Alors je vais reprendre brièvement vos différentes affirmations de la première question pour les commenter.
1/ Oui, il y a bien séparation réelle de l’âme et du corps à la mort de Jésus, puisqu’il est vrai homme.
2/ On ne peut parler de séparation entre les natures humaine et divine… S’il y a une séparation au cœur de la nature humaine, il n’y en a pas dans la nature divine qui ne peut être vraiment séparée ni de l’âme ni du corps, du fait qu’il n’y a qu’une seule Personne divine – le Verbe. La divinité reste donc unie au corps dans le tombeau et à l’âme descendue aux enfers. Je vous renvoie à ce sujet au Catéchisme de l’Église catholique (n. 626) qui l’exprime clairement :
« Puisque le « Prince de la vie » qu’on a mis à mort (Ac 3, 15) est bien le même que « le Vivant qui est ressuscité » (Lc 24, 5-6), il faut que la personne divine du Fils de Dieu ait continué à assumer son âme et son corps séparés entre eux par la mort : « Du fait qu’à la mort du Christ l’âme a été séparée de la chair, la personne unique ne s’est pas trouvée divisée en deux personnes ; car le corps et l’âme du Christ ont existé au même titre dès le début dans la personne du Verbe ; et dans la mort, quoique séparés l’un de l’autre, ils sont restés chacun avec la même et unique personne du Verbe » (S. Jean Damascène, f. o. 3, 27 : PG 94, 1098A). »
Je vous recommande plus largement la lecture des numéros 624 à 630.
3/ Oui, Jésus a pris sur lui tous les péchés, comme l’attestent maints passages des Écritures : Jn 1,29 ; 2 Co 5,21 ; 1 P 2,24…
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Cela me conduit d’ailleurs tout naturellement à la deuxième question : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Il faut rappeler d’abord et avant tout qu’il s’agit là du tout premier verset du psaume 21 (22) : c’est d’abord la prière d’un Juif innocent, d’un juste confiant, à Dieu. Jésus au fond exprime la profondeur de son expérience humaine de l’abandon, sans pour autant que cela manifeste une rupture réelle avec le Père.
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Enfin votre dernière question… à laquelle j’ai finalement déjà répondu : nature humaine et nature divine ne sont pas séparées. Oui, il y a unicité permanente et indissoluble entre ces deux natures, depuis l’Incarnation et pour toujours. Cela voudrait dire sans cela qu’il y a fracture au sein de l’unique Personne divine, donc au sein même de la Trinité.
Le Concile de Chalcédoine a bien résumé cette union hypostatique (= deux natures complètes, humaine et divine, unies dans une seule hypostase – ou personne divine : le Verbe éternel) selon cette formule que vous connaissez désormais bien : « Un seul et même Fils, Notre Seigneur Jésus Christ, reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation. »
Pierre G. (SEDIF)
Lire aussi, sur l’union hypostatique :
=>Le Fils a-t-il renoncé à certaines prérogatives divines pour accomplir sa mission sur Terre ?
=> Le Christ est-il tour à tour vrai Dieu puis vrai homme ?
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