Si l’Esprit procède naturellement de la substance du Père, que devient le Fils ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Il est écrit dans le texte de Gilles Emery que l’Esprit procède naturellement de la substance du Père, cela se comprend dans l’explication donnée par l’auteur, mais dans le Credo nous disons qu’il procède du Père et du Fils… comment ?

Eh bien, les deux sont vrais ! La source unique de la divinité est le Père : en théologie, nous disons que le Père est l’archè, c’est-à-dire le principe sans principe de la Trinité. Tout procède de Lui, par engendrement (le Fils) et par spiration (l’Esprit). Tous trois partagent la même substance divine (l’Amour).

Mais dans le même temps, l’Esprit procède également du Fils. C’est là qu’intervient la subtilité et la plupart des incompréhensions : il n’y a pas deux sources, mais une seule, à savoir le Père. Le Père communique toute la divinité au Fils, de toute éternité : le Père spire l’Esprit ; et le Fils, ayant reçu du Père tout ce qu’Il est (sauf d’être Père, évidemment), spire conjointement l’Esprit. Le principe de la procession de l’Esprit est donc à la fois unique et communiqué, ce que le concile de Florence, cité par le P. Nicolas Germain, exprime ainsi dans une formule qui ne se trouve pas dans le polycopié : « L’Esprit procède du Père en tant que source première et du Fils en tant qu’il le reçoit du Père. »

Votre question rejoint précisément la petite divergence qui existe entre catholiques et orthodoxes. C’est vrai que le Credo, en disant simplement « Filioque », ne marque apparemment pas de distinction entre Père et Fils, ce qui a suscité un différend profond entre les Églises. Aujourd’hui, depuis le concile Vatican II, nous reconnaissons conjointement que le Père est la source unique et que le Fils joue un rôle médiateur réel dans la manifestation – ou l’envoi – de l’Esprit (on trouve l’expression : « Esprit du Christ » dans le Nouveau Testament). Finalement, le désaccord porte surtout sur la manière dont on exprime l’origine, et non sur la vie trinitaire elle-même. Une formule fait consensus : « Il procède du Père par le Fils ». Interprété ainsi, le « Filioque » a toute sa place.

Dans la FAQ FIDEO Credo, vous trouverez en complément une réponse à cette question posée par un autre cénacle : Le « Filioque » est-il une doctrine secondaire dans la foi catholique ? Et surtout, vous aurez de plus amples explications lors de la rencontre 7, avec le père-évêque, qui traite de l’Esprit comme troisième Personne dans la Trinité. Donc si cela ne vous paraît pas clair pour le moment, un peu de patience, cela le deviendra probablement au fil de votre étude de la vie trinitaire.

Pierre G. (SEDIF)

 



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