Que signifient les formules « fides qua » et « fides quae » ?
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Peut-on avoir des précisions sur la signification des formules « fides qua » et « fides quae » mentionnées dans la présentation des textes ?
La distinction entre « fides qua » et « fides quae » est fondamentale en théologie. Cela peut sembler abstrait à première vue, mais dans les faits, cela permet de mieux comprendre ce qu’est la foi en son ensemble.
Reprenons ce que dit le P. Luc Mellet dans l’enseignement vidéo :
« Fides qua » renvoie à la dimension subjective de l’acte de foi, à la fonction confessante. Qu’est-ce que cela signifie ? C’est la confiance personnelle que nous mettons en Dieu. Saint Thomas d’Aquin parle de la foi comme acte. Moi, Pierre, lorsque je dis que je crois en Dieu, je décide subjectivement de m’en remettre à lui. C’est une attitude intérieure qui unifie mon intelligence, ma volonté et ma sensibilité.
« Fides quae », dit le P. Luc Mellet, renvoie à la dimension objective de l’acte de foi, qu’il associe à la fonction doctrinale : il s’agit du contenu objectif de notre foi, du Credo, des vérités révélées, indépendamment de notre acte d’adhésion, de notre foi personnelle. Saint Thomas d’Aquin parle de la foi comme le contenu en quoi l’on croit.
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Ces deux dimensions de la foi ne sont jamais à séparer ; on les trouve toutes deux dans la Bible.
– Fides qua : chaque fois qu’un homme ou une femme a foi en Dieu (ex : Abraham en Gn 15,6 ; Rm 4,3)
– Fides quae : chaque fois que saint Paul dit de tenir ferme dans la foi, selon l’enseignement reçu (Col 2,7 : 1 Tm 6,30…)
Les Pères de l’Église et les théologiens reprendront ces deux dimensions. Je vous ai parlé de S. Thomas d’Aquin précédemment. Voici ce qu’il écrit explicitement : « Il n’y a pas de vraie foi sans que l’intelligence adhère à ce qui est révélé, mais cette adhésion suppose un mouvement intérieur de la volonté sous la motion de la grâce. »
Enfin, plus proche de nous, le Catéchisme de l’Église catholique va dans le même sens : « Croire, c’est à la fois un acte personnel et ecclésial. C’est un acte personnel : la réponse libre de l’homme à l’initiative de Dieu. C’est aussi un acte ecclésial : la foi de l’Église précède, engendre, soutient et nourrit notre foi. » (n. 166-167)
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Une image pourrait exprimer cela de manière simple : Dieu nous fait un cadeau (fides quae) que nous décidons de recevoir en ouvrant notre cœur (fides qua).
C’est pourquoi la foi est une vertu théologale : elle nous unit étroitement à Dieu, non seulement en tant que c’est nous qui croyons, mais en tant que c’est Dieu qui (se) donne. Car on ne peut pas croire sans la Révélation de Dieu (fides quae) ; et cette Révélation n’a de sens que si elle est accueillie par une foi vivante et personne (fides qua).
Pierre G. (SEDIF)
Lire aussi : Quelle est la différence entre « croire à » et « croire en » ?
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