Ex 3-4 – Quelle lecture symbolique peut-on faire du buisson ardent ?
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Nous nous sommes ensuite essayés à une lecture plus symbolique du texte. Le buisson ardent ne préfigure-t-il pas Jésus, couronné d’épines, qui connaît le feu de la passion sans être dévoré ni par la mort, ni par la haine, ni par le mal ? Ou encore le pain eucharistique, ce morceau de pain qui flamboie de la puissance de Dieu ? Nous avons aussi évoqué le triptyque du Buisson Ardent, exposé dans la cathédrale d’Aix en Provence, avec au centre du buisson ardent Marie qui présente son Fils Jésus. Dans le bas du cadre, l’explication suivante est inscrite : « Dans le buisson que Moïse a vu brûler sans se consumer, nous avons reconnu, sainte Mère de Dieu, ta virginité admirablement conservée ». Encore un autre symbole !
Le retable de Nicolas Froment à Aix – qui reprend une tradition héritée des Pères de l’Église – est une pure merveille, ainsi qu’un bel exemple de lecture allégorique de l’épisode du buisson ardent. Vous en proposez d’autres lectures, qui sont très intéressantes également.
Je ne mettrais cependant pas sur le même plan le feu divin d’Exode 3 et le péché que Jésus porte sur lui dans sa passion, parce que ce serait faire du buisson le Christ et du feu le mal, ce qui est un renversement de ce qui se joue dans le Premier Testament.
Ce qui est intéressant notamment, c’est comment l’élément divin (le feu) ne détruit pas l’élément créé (le buisson) : on pourrait y voir davantage l’infini respect de Dieu qui brûle en ce monde sans détruire ce dernier, mais en le faisant rayonner d’un feu nouveau et incomparable… D’où le parallèle avec la Vierge Marie que le Seigneur vient habiter par son incarnation tout en la préservant pleinement.
Dans un beau recueil de Philippe Mac Leod (1954-2019), grand poète hélas trop peu connu des chrétiens, nous trouvons cette citation qui offre une autre lecture symbolique fort lumineuse : « Le buisson ardent restera toujours la meilleure image de ce que tu trouveras au fond de la prière : quelque chose en toi, au plus bas, au plus loin, au plus désert, qui brûle sans se consumer et qui ne peut que dire, comme d’une voix surgie de tes propres profondeurs : Je Suis. » (Philippe Mac Leod, Sagesses, Ad Solem, 2001, p. 20)
Pierre G. (SEDIF)
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