Visite pastorale de Mgr Nicolas Brouwet : le récit du Père Jean-Claude Rodriguez, Vicaire Général

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Le Père Jean-Claude Rodriguez, qui a accompagné Monseigneur l’évêque dans (presque) toutes les étapes de cette visite du doyenné Uzège-Gardonnenque, nous conte ici le récit de cette semaine riche de rencontre. 

Avant d’entrer dans le détail des rencontres de la visite pastorale accomplie par Mgr Nicolas Brouwet du 21 au 27 février, il est bon de se redire ce qu’est une visite pastorale.

Faire une « visite pastorale », c’est, pour l’évêque du diocèse, aller à la rencontre des fidèles, et plus largement de la population, pour découvrir les réalités ecclésiales, humaines, économiques, et sociales de chaque doyenné et du diocèse, même s’il ne rencontre pas tout le monde… Le Père Frédéric Bastidon, dans sa feuille paroissiale, le dit ainsi : « Il ne s’agit pas, comme nous le voyons parfois a? la télévision, d’une sorte de visite ministérielle pour laquelle on a « repeint les façades » et soigneusement cache? tout ce qui n’allait pas !… Notre évêque ne vient pas « inspecter » ses paroisses, mais les rencontrer. Il vient a? nous comme un père et un berger. Il veut connaître ce qui se vit dans nos paroisses, nos joies et nos difficultés, nos projets et nos engagements. Il veut comprendre les réalités que nous vivons et les défis que nous affrontons, dans les différents services et activités.
Il veut partager avec nous des temps de prière, de travail, de convivialité… Il veut nous encourager, nous donner un élan supplémentaire, nous appeler a? toujours plus d’enthousiasme dans l’annonce de la Bonne Nouvelle, le service de nos frères, la célébration des saints mystères, la pratique de la prière… »

La visite pastorale du doyenné « Uzège et Gardonnenque » a commencé à Vers-Pont-du-Gard où nous sommes accueillis par Mgr Jacques Couteau. Participent à cette rencontre une pépiniériste horticultrice, un apiculteur et un agriculteur. Chacun exprime ce qu’il fait, ses préoccupations… ses questions… ses engagements dans le contexte d’aujourd’hui mais aussi face à l’avenir. On évoque les effets de l’épidémie de la Covid-19 : les gens ont appris à vivre chez eux, à replanter des plantes d’agrément et leur potager, à décorer leur intérieur…. L’épidémie a comme ralenti « cette course en avant » qui caractérise notre société… On veut avoir toujours plus, toujours mieux, alors qu’il faut chercher à ce que « la sobriété soit source de bonheur ». On n’oublie pas que la nature entière s’en est mieux portée… on a vu revenir certaines espèces… la pollinisation en a bénéficié… et de ce point de vue-là, le bénéfice est énorme. Continuerons-nous à en bénéficier, ou vivrons-nous « comme avant » ? Qu’en sera-t-il de nos manières de consommer ?

Cette épidémie a aussi remis les gens face à leur propre mort. Pourquoi les gens ont-ils si peur de la mort ? Parce qu’ils ne croient plus en rien ? Ils croient en eux…

Au terme de cette rencontre, Mgr l’Evêque, se référant à l’Encyclique « Laudato si » de François, montre comment les questions sur l’écologie – et aussi l’écologie des relations – rejoignent l’Eglise…

Passer de l’écologie à la chasse n’est pas chose facile… Monsieur l’abbé Marc Bourguin avait organisé la rencontre avec des chasseurs. Il y a 18000 chasseurs dans le Gard. C’est donc une réalité qu’on ne peut ignorer. Si la passion de la chasse se transmet dans la famille, le chasseur connait les consignes de sécurité, et même s’il y a toujours des accidents dramatiques, il y en a de moins en moins… Là encore, comme avec les agriculteurs, on note cette mentalité du « toujours plus »…

 

En visitant la distillerie « Grap’Sud » à Cruviers-Lascour, nous restons dans le domaine de l’écologie, aussi surprenant que cela puisse paraître… En effet, cette entreprise reçoit ce que le monde agricole peut considérer comme des « déchets » (ce sont, en fait, des sous-produits du raisin : les marcs et lies de vin) et le dépollue en le transformant, soit en produits de consommation, soit en matières premières : composts, huiles, huiles essentielles, alcools, engrais, acides, extraits de vin (pour faire les sauces au vin), colorants, fibres, biocarburants. Tous ces « déchets » sont donc valorisés et réinjectés dans l’économie, c’est ce qu’on appelle « l’économie circulaire ».

Une visite pastorale permet aussi à l’évêque de rencontrer les Equipes d’animation pastorale. Ce fut le cas à St-Génies-de-Malgoires. Cet ensemble paroissial de 10 villages est animé par une équipe qui, avec l’abbé Christian Michel, curé-administrateur, participe à l’exercice de la charge pastorale. Chacun, et chaque réalité, trouve sa place : un diacre, Bernard Bruneel, l’aumônerie, le Conseil paroissial aux Affaires économiques, l’Eveil à la foi, la célébration de l’Eucharistie dans les Ehpad grâce au Père Jean-Pierre Roulle… Dans cette équipe d’animation, les décisions se prennent en concertation.

Dans cet ensemble paroissial, où il n’y a plus de prêtre résident, on essaie de faire communauté, de faire se rencontrer les gens, : avec quelques couples jeunes… en proposant un « dimanche de l’alliance »… en allant rejoindre les gens dans leur vie quotidienne… sur les questions écologiques…
Ici, comme ailleurs, dans un monde où plus rien n’est ouvert gratuitement, où il y a des digicodes partout, la question de l’ouverture des églises se pose. C’est d’ailleurs cette question qui a été soulevée lors de la rencontre avec les Elus de la République.

 

Mgr l’Evêque, après avoir remercié M. Chapon, Maire d’Uzès, pour son accueil, s’adresse aux Elus (Maires et Adjoints ou Conseillers). Il constate que Église et Maires sont au service de la même population. Chacun essaie d’animer « ses » communautés. L’Eglise n’est pas là pour s’occuper d’elle-même… elle est au service… Il évoque cette rencontre avec une commerçante d’Uzès : « êtes-vous venu m’apporter de l’espérance ? Dites à vos prêtres de porter l’espérance » ! Il montre que même s’il y a peu de pratique… peu de séminaristes, peu de prêtres et des prêtres venant de l’étranger et devant s’inculturer, on se situe de plus en plus dans une logique d’animation de communautés, plutôt que dans une logique de « territoire ». En ce sens se pose la question du « comment faire pour visiter les communautés » ?

Les maires passent beaucoup de temps pour leur commune, leur communauté… nous sommes en admiration devant cela… Au service de l’intérêt général (et du bien commun) ils entretiennent les églises. Nous savons le poids que cela représente pour les finances communales.
Les Maires souhaitent que les églises soient ouvertes. En effet, les touristes, les randonneurs, les pèlerins, aiment à visiter les églises. D’une part, elles sont un havre de paix pour se recueillir, pour réfléchir, et d’autre part elles se trouvent sur le « chemin de Regordane » ou de St Jacques. Cela rejoint une de nos préoccupations : quels moyens mettre en œuvre pour parvenir à une large ouverture des églises et le faire dans un esprit missionnaire ?

Les Maires sont heureux que Mgr l’Evêque ait pris le temps nécessaire pour la visite de « ce secteur ». Ils l’invitent à revenir.

Notre présence à Uzès permettait aussi de visiter un ancien hôpital et de dialoguer avec la Direction de l’Ehpad. Dans cet ancien hôpital d’Uzès, où se trouve toute l’administration, il y a comme un supplément d’âme… les murs parlent. D’Aramon à Euzet-les-Bains en passant par Uzès, cela représente environ 100 000 m2. Quelle richesse professionnelle et humaine ! Avoir une vision humaine des personnes âgées qui sont accueillies : les connaître par leur nom, les accompagner jusqu’au bout, garder des liens avec les familles. En période de crise comme la Covid, autoriser les visites… rassurer les familles. Ici on est bien traité !

La mobilité des populations pose aussi la question des recrutements de personnels. Pour faciliter cela, sont proposées diverses formations, et même une école pour infirmières…
Dans l’Ehpad « Les Terrasses de Gisfort », nous célébrons la messe animée par l’abbé Georges Chiesa qui en est l’aumônier.

Une visite pastorale, c’est aussi la rencontre du monde du Tourisme et de la culture. Elle se fera au Pont du Gard, où nous sommes chaleureusement accueillis par M. Patrick Malavieille, Président de l’Etablissement Public de la Coopération Culturelle du Pont du Gard et M. Sébastien Arnaux, Directeur. Si cet Etablissement consent à faire des efforts pour l’accueil du plus grand nombre, en particulier les jeunes et les personnes à mobilité réduite, on retiendra aussi qu’il a offert deux journées de « chiffre d’affaires » pour la restauration de ND de Paris.

L’Eglise œcuménique de Domessargues, restaurée à partir de 1960, n’a pas bénéficié d’une telle manne… Juchée au sommet du village, cette petite église était en ruine quand un groupe d’habitants, tant catholiques que protestants, en a entrepris sa restauration complète. M. Bernard Clément, Maire du village, le disait dans son adresse à Mgr l’Evêque : ce travail commun accompli il y a tant d’années reste un appel à travailler ensemble à une plus grande fraternité dans une humanité déchirée. Cette note œcuménique dans la visite pastorale nous ouvre à une prière commune introduite par Mgr l’Evêque.

Venons-en à une autre dimension de cette visite : la rencontre des Equipes d’obsèques et d’accompagnement des familles en deuil pour laquelle nous sommes accueillis à Remoulins par l’abbé Jean-Baptiste Nitcheu. Mgr l’Evêque remercie les personnes qui rendent ce service à la communauté tout à la fois chrétienne et humaine. La période Covid n’a rien facilité pour les familles elles-mêmes et leur accompagnement. Demeure la question de l’accompagnement des familles pendant la période plus ou moins longue du deuil…

Mgr l’Evêque rappelle que ce service est un ministère de la communauté qui rend témoignage de sa foi, puisque les obsèques sont le moment privilégié pour annoncer ce qui est au cœur de notre foi : le Christ est ressuscité ! Cette annonce passe par la beauté de la liturgie : à travers les gestes et les paroles, les fidèles sont rejoints dans leur peine, leurs questionnements…

De l’échange avec Mgr l’Evêque, il ressort trois points : la nécessité d’organiser des temps de relecture et de formation des équipes (notamment pour le commentaire de la Parole de Dieu), et la question de notre présence au crématorium.

A Vézénobres, à la croisée de l’axe économique Alès – Nîmes et de l’axe touristique Uzès – Anduze, c’est l’abbé Abel Traoré qui nous accueille et c’est tout autre chose qui nous occupera : la visite de la Maison de la figue ! On ne retiendra pas le nom de toutes les espèces de figues… mais on retiendra le travail actuel pour la reconnaissance d’une appellation « Figues de Vézénobres » qui pourrait être étendue à tout le pays gardois.

La rencontre avec la chorale de Vézénobres et St Maurice nous rappelle qu’on est fait pour la louange, et que la beauté nous montre l’invisible… elle nous porte à Dieu…

Deux autres rencontres importantes nous réuniront : celle des Conseils paroissiaux pour les Affaires économiques (à Vers-Pont-du-Gard) et celle des Conseils de Pastorale et Equipes d’animation (à Uzès). C’est l’occasion de remercier les personnes qui rendent le service de la comptabilité des paroisses, mais c’est aussi le moment d’annoncer le compte rendu qui sera fait de l’audit réalisé dans le diocèse (comme c’est l’usage à l’arrivée d’un nouvel évêque). On le sait, notre budget n’est pas à l’équilibre et, s’il faut limiter les dépenses, il faut surtout travailler aux ressources…

Comme au dernier jour de la visite pastorale qui rassemblait les catholiques de ce doyenné dans l’église St Etienne à Uzès pour une messe solennelle, la célébration de l’Eucharistie a rassemblé quotidiennement Mgr l’Evêque, les prêtres et les fidèles en ce que l’Eglise tient comme source et sommet de sa vie et de sa mission.

Aux membres des Conseils de Pastorale et Equipes d’animation, Mgr l’Evêque dira avoir réalisé une belle visite pastorale dans ce doyenné à la rencontre des réalités économiques, touristiques, sociales, des exploitants agricoles, des usines, des élus… des fidèles…
A chacune et chacun, il dit « merci pour votre engagement au service de la paroisse, au service du Seigneur… Je rends grâce au seigneur pour votre dynamisme »…
Il est vrai que nous devons ensemble – prêtres et fidèles – porter la responsabilité de l’évangélisation, de la mission : proposer Jésus-Christ.

Notre cap doit être la mission et chacun, là où il est, peut être missionnaire. Encourageons-nous à cela et prions l’Esprit-Saint.

P. Jean-Claude Rodriguez
Vicaire général

> Voir L’album photo de la visite pastorale