Lettre du Comité Inter Religieux Nimoîs aux députés et sénateurs
dialogue
Mesdames et Messieurs les Députés et Sénateurs,
À l’heure où le Parlement est appelé à se prononcer sur le projet de loi relatif à l’aide à mourir, nous souhaitons attirer votre attention sur les préoccupations exprimées par les représentants des principaux cultes de France réunis au sein de la Conférence des responsables de culte en France.
Sans nier les souffrances réelles vécues par certaines personnes en fin de vie, la CRCF souligne que l’introduction dans notre droit d’un acte visant délibérément à provoquer la mort constituerait une évolution majeure de notre pacte social et de l’éthique médicale. Les responsables religieux estiment que la vocation première du soin est d’accompagner, de soulager et de soutenir la personne vulnérable, non de provoquer sa mort.
Ses représentants expriment également leur inquiétude quant aux conséquences possibles pour les personnes âgées, malades, handicapées ou fragilisées, qui pourraient se sentir une charge pour leurs proches ou pour la société. Même encadrée par la loi, une telle pratique risque de modifier le regard collectif porté sur la dépendance, la vulnérabilité et la fin de vie.
La conférence appelle enfin à faire du développement effectif des soins palliatifs une priorité nationale, afin que chaque personne puisse bénéficier d’un accompagnement humain, médical, psychologique et spirituel de qualité, partout sur le territoire.
Au nom de ces préoccupations éthiques et humaines, nous vous demandons de mesurer avec la plus grande attention les conséquences de ce texte et de privilégier les solutions qui renforcent l’accompagnement des personnes en fin de vie plutôt que l’organisation légale d’une aide à provoquer la mort.
Nous vous prions d’agréer, Mesdames et Messieurs les Députés et Sénateurs, l’expression de notre considération distinguée.
Les membres du CIRN
Driss El Moudny, Titia Es-Sbanti, Joël Trefcon, Victor Bohbot, Alain Froment, Jean-Louis Lafont










