Où est la liberté entre l’obéissance et la soumission ? Est-on libre quand on suit des règles ?
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Où est la liberté entre l’obéissance et la soumission (âme docile) ? Est-on libre quand on suit des règles ?
Il faut être attentif aux mots que l’on emploie, surtout que les sens peuvent évoluer au fil du temps et générer des confusions (il y a un bel exemple dans la FAQ FIDEO Credo avec le mot « confesser »). Pour aller au plus simple : obéissance, soumission et docilité ne sont pas des mots équivalents. Prenons le mot « docilité » : étymologiquement, il a la même racine que « docteur ». Quelqu’un de docile, c’est une personne ayant des facilités pour apprendre. Quand on parle d’« âme docile », on parle d’une âme qui sait se mettre dans de bonnes dispositions pour apprendre de Dieu.
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Pour répondre à la question sur la liberté, il n’existe pas de liberté sans règles, quand bien même la société voudrait nous faire croire le contraire. Les parents savent peut-être encore mieux ce qu’il en est : nous apprenons des règles à nos enfants pour qu’ils puissent gagner en liberté.
Plus encore, sur le fond, notre part de liberté est assez restreinte dans l’absolu, car nous sommes des êtres seconds : nous n’avons pas choisi de naître, nous sommes créatures de Dieu, n’avons appris à parler que parce qu’une personne nous a d’abord adressé la parole, etc. Et puis, si nous le pouvions, qui ne se ferait pas plus beau, plus fort, plus intelligent (moi en tout cas, je n’hésiterais pas !). On ne le peut pas. Notre liberté consisterait-elle dès lors à nier les droits de la nature ? La science tente à la marge de contredire nos déterminismes, mais l’on ne sache pas que cela rende heureux ni réponde aux aspirations de l’homme.
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La liberté réside donc dans une acceptation des règles, condition nécessaire pour que la conscience – organe suprême de notre liberté – puisse ensuite discerner. Sur ce rôle de la conscience, je vous renvoie à un petit topo que j’ai donné à l’occasion de la première journée FIDEO, en septembre dernier, sur le cardinal Newman : la première partie de mon intervention porte sur la conscience (disponible en podcast sur Radio Ecclesia).
Enfin, tout l’Évangile nous montre que si la lettre demeure (= les lois), l’esprit est plus grand que la lettre… Nous ne sommes plus d’abord « soumis » à des lois, mais « docile » à l’Esprit de Dieu qui nous traverse. Je vous renvoie pour conclure à la conclusion de l’homélie de Maurice Zundel, que vous avez lue lors de la rencontre précédente : le P. Luc Mellet avait coupé la finale du texte, mais des questions de cénacles l’ont exhumée. Elle est donc disponible dans la FAQ FIDEO Credo.
Pierre G. (SEDIF)
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