Lettre de Mgr Nicolas Brouwet à tous les fidèles

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Contributeur : Service diocésain de la communication | Lettre de Mgr Nicolas Brouwet à tous les fidèles

A tous les Fidèles

Nous avons tous été bouleversés par les informations qui nous ont été communiquées avant et pendant l’Assemblée plénière des évêques à Lourdes. Je joins à cette lettre le communiqué des évêques. Vous connaissez les faits. Les analyses ne manquent pas. Comme moi, vous êtes peut-être encore dans une forme de sidération, restant sans voix, sans mots, sans possibilité d’exprimer ce que vous pensez.

Je ne reviens pas sur le travail en cours qui fait suite au rapport de la Ciase. Il est sérieux et conduira à de véritables propositions de réforme de nos pratiques, de nos méthodes, de nos organisations.

Je ne reviens pas non plus sur les résolutions adoptées pour un traitement plus clair des abus dans l’Eglise, en particulier quand des évêques sont mis en cause. Ces décisions sont consultables sur le site de la CEF.

Comment avancer intérieurement ? A mon avis de trois façons :

  • D’abord en posant notre regard sur le Christ Jésus. « Repartir du Christ», proposait le Pape Jean-Paul II dans sa lettre du début du millénaire. « Il ne s’agit pas d’inventer un « nouveau programme », écrivait-il. Le programme existe déjà : c’est celui de toujours, tiré de l’Evangile et de la Tradition vivante. Il est centré, en dernière analyse, sur le Christ lui-même qu’il faut connaître, aimer, imiter, pour vivre en lui la vie trinitaire et pour transformer avec lui l’histoire jusqu’à son achèvement dans la Jérusalem céleste. » (Tertio Millenio Ineunte, 29).
  • « Moi je suis le chemin, la vérité et la vie» (Jean 14, 6). Oui, le Christ Jésus est le seul chemin qui nous conduit au Père dans la puissance de l’Esprit Saint. Il nous conduit à la vie véritable, la vie en plénitude, celle qui nous rend fils et filles du Père dans la vérité de nos actes.

Mais il est aussi la vérité et, dans sa lumière, il dévoile nos zones d’ombre.

Aujourd’hui nous devons consentir à ce temps de purification de notre Eglise. Face à l’oubli de Dieu, nous avons un témoignage à donner. Mais ce témoignage ne se fera pas sans conversion de notre part. Conversion des pasteurs et conversion des fidèles. Cette conversion consiste à laisser la lumière du Christ illuminer nos vies pour en chasser les ténèbres du péché et nous ouvrir à la grâce du salut. Toutes ces affaires d’abus nous invitent à l’humilité, à la vérité sur nous-mêmes, sur nos relations avec Dieu et avec les autres. Elles nous invitent à la conversion personnelle.

Nous voulons annoncer l’Evangile dans notre monde contemporain. Or le premier à recevoir l’Evangile est l’évangélisateur lui-même. Appelée à annoncer l’Evangile aux pauvres, l’Eglise doit reconnaître sa pauvreté et attendre son salut du Christ mort et ressuscité, et de lui seul. Nous nous tenons face au mystère de la croix. Elle est notre unique espérance. Le moment que nous vivons nous le rappelle avec force.

  • Nous pourrions être tentés de baisser les bras, de nous désolidariser du corps de l’Eglise, saisis par le dégoût ou par la désespérance. Je vous invite plutôt à contempler notre fraternité baptismale : frères et sœurs devant le Père, nous sommes confiés les uns aux autres. Plus que jamais, c’est l’heure de vivre pleinement cette communion à la suite de Jésus en nous portant mutuellement.

Notre fraternité est bien plus profonde qu’une convergence d’idées, de modes de vie ou de projets : elle est le dessein et l’appel du Père sur chacun et chacune de nous. Ne nous laissons pas voler ce cadeau de Dieu par le péché des uns ou des autres : ce serait faire l’œuvre du diviseur.

Rester ancrer dans le Christ Seigneur, consentir à la conversion, porter les épreuves de l’Eglise : voilà notre horizon commun pour les jours et les semaines qui viennent.

Je vous assure de ma communion dans le Seigneur et je lui demande de vous bénir chacun, chacune dans votre mission.

 

+ Nicolas Brouwet

Le 10 novembre 2022