Le Dieu de Jésus n’est en aucun cas un Dieu lointain

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rencontre

Contributeur : Paroisses | Ensemble paroissial d’Alès Notre Dame

La crise sanitaire qui frappe depuis des mois notre planète nous a fait prendre conscience et nous a révélé ce que beaucoup avaient oublié : notre profonde vulnérabilité. La science, la technique, la médecine ne peuvent pas tout. Cette crise nous rappelle que nous sommes des êtres humains avec nos limites, nos faiblesses et notre fragilité. L’homme n’est pas tout puissant, il ne peut pas s’affranchir de notre condition d’êtres mortels et vulnérables.

Quel démenti à tous ceux qui rêvent d’un « homme augmenté » libéré de toutes ses limites et fragilités et même affranchi de la mort ! Pour avoir oublié cette fragilité et cette vulnérabilité propres à tout homme, notre monde en paie durement les conséquences. Une autre leçon à tirer de cette crise du coronavirus c’est la remise en question de notre obsession de la rentabilité et de la performance. Cette course effrénée à la rentabilité laisse sur le bord du chemin les personnes les plus fragiles, toutes celles qui aux yeux d’une société libérale ne sont plus « rentables » et sont mises à l’écart. Le pape François pour décrire cette situation tragique parle avec justesse de la « culture du déchet. » Cette crise sanitaire a mis au premier rang des travailleurs qui tiennent habituellement les seconds rôles : les infirmières, aides-soignantes, les auxiliaires de vie, le personnel de nettoyage, les aides à domicile, livreurs, caissières etc … si notre système de santé a tenu le coup c’est grâce en grande partie à ces hommes et femmes qui vivent dans l’ombre et ne sont pas considérés comme ils le devraient et sont sous-payés… Notre société ne pourrait pas fonctionner et tenir face à cette crise sans ces « travailleurs de l’ombre. »

Cette crise a engendré beaucoup de solidarité et d’attention aux personnes malades et fragiles. Cette solidarité a pris de multiples formes : les applaudissements aux soignants tous les soirs à 20h, l’apport de masques et de repas au personnel soignant, la confection de masques en tissu, l’apport de courses aux personnes âgées et fragiles, etc … sans compter le courage et l’abnégation des soignants qui ont soigné, accompagné les personnes malades et âgées sans compter les heures et les risques pour leur propre santé. Une des leçons de cette pandémie c’est de nous renvoyer à l’attention et au souci des autres, de nous renvoyer à la nécessité vitale de la relation à l’autre qui passe d’bord par l’écoute et l’accompagnement des personnes en grande détresse, de ceux qui souffrent cruellement de solitude et d’isolement. On parle du « care » pour définir ce souci, de soutien de l’autre. Il est toujours de nous demander quelle place lui accorder dans notre société, dans notre quotidien. Ce « prendre soin » de l’autre est constructif de notre humanité.

Saurons-nous demain, individuellement et collectivement sortir de la course à la rentabilité et à la performance ? Serons-nous capables de mettre au premier rang l’écoute, la bienveillance, le souci de l’autre, en un mot la relation à l’autre ? Serons-nous attentifs à tous ceux qui sont les oubliés de notre société, ceux qui restent invisibles dans l’anonymat et la solitude ?

Cette crise sanitaire remet en cause la manière dont fonctionnent nos sociétés libérales, sociétés de consommation où l’argent et roi, où seul compte le profit et la rentabilité. Elle nous obligera à transformer en profondeur notre rapport à la nature, à l’environnement sous peine de crises encore plus graves à l’avenir. Cette crise mettra chacun devant des interrogations fondamentales touchant le sens de la vie. Et comment ne pas repenser à ces paroles de Jésus dans l’évangile « à quoi sert à l’homme de gagner le monde entier s’il en vient à perdre son âme ? Pouvons-nous continuer à produire et à consommer toujours plus, quitte à épuiser les ressources naturelles de la terre et à rendre notre monde invivable et inhabitable ? Pourrons-nous continuer à vivre à un rythme effréné, à courir d’une activité à l’autre sans prendre le temps de nous arrêter pour réfléchir au sens de notre vie, à ce qui donne sens à nos vies d’hommes et de femmes ? C’est ce que le pape François dans son encyclique « Laudato si » appelle « l’écologie intégrale. » Cette écologie intégrale cherche à mettre en œuvre la solidarité, le souci de l’autre et tout particulièrement des plus faibles. Elle rappelle le respect de la vie de la naissance à la mort, le respect de la dignité humaine, le souci de la justice sociale et du bien de tous.

Comme chrétiens nous avons partagé en ce temps de confinement les angoisses, les souffrances, les interrogations sur l’avenir de nos contemporains que beaucoup portent en eux-mêmes. Nous savons que c’est toute notre existence qui est appelée à être le lieu de la rencontre de Dieu.

Le Dieu de Jésus n’est en aucun cas un Dieu lointain et hors de l’histoire. Il est le Dieu de Jésus Christ, celui qui a pris part à nos souffrances pour nous faire passer en son fils Jésus de la mort à la vie. Il est le Dieu de la Pâque, le Dieu

Père G Chassang