Pourquoi Jésus n’a-t-il pas eu d’enfants ? Sont-ils une conséquence du péché originel ?
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À la fin, JC a fait toutes les expériences humaines sauf le péché… Et dans ce cas, faire des enfants (qu’il n’a pas fait non plus) est de l’ordre du péché originel aussi ? On fait référence à Adam et Eve… pourquoi Dieu les a tentés, Pourquoi il leur a fait faire des enfants… ? On a eu une réflexion sur le paradis > symbolique Adam et Eve… Après qu’ils ont péché, et ils ont eu des enfants… Les preuves du péché, c’est de faire le créateur… alors que le Christ n’a pas été père et n’a pas enfanté… ? Pourquoi ?
Il me semble avoir compris l’essentiel de votre interrogation, même si certaines expressions employées demeurent un peu floues pour moi…
Pour moi, il y a deux aspects à votre question :
1/ ce qu’implique la condition humaine du Christ, d’une part ;
2/ le péché originel et l’enfantement comme éventuelle conséquence, d’autre part.
Est-ce bien cela ? Si j’oublie d’autres aspects, n’hésitez évidemment pas à revenir vers moi !
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Tout d’abord, il est faux de dire que Jésus « a fait toutes les expériences humaines sauf le péché ». Il n’a pas connu la maternité, n’a pas parcouru la cordillère des Andes à pied, n’a pas pris un bain de minuit dans un lac gelé de Sibérie un soir de Jour de l’An, ni fait de saut à l’élastique dans les gorges du Verdon, ni ne participera à la conquête de l’espace avec Elon Musk et ses émules ! Or rien de tout cela ne participe en soi du péché. Vous comprenez, par ces exemples un peu décalés, qu’il est très important de bien nuancer votre question.
Quand l’Église dit que le Christ a assumé toute la condition humaine à l’exception du péché, cela signifie qu’il a assumé ce qui appartient à la nature humaine en tant que telle, et non assumé chaque état de vie possible… Sans quoi, il n’aurait pas eu assez de toute une vie ! Vous imaginez, il aurait fallu qu’il connaisse le mariage, le veuvage, la vieillesse, le métier d’agriculteur, celui de peintre en bâtiment (vous me direz, charpentier, ce n’est pas loin !)… et évidemment, pour en arriver à votre exemple, la paternité biologique. Cela n’enlève rien à la plénitude de son humanité.
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Après ces précisions, venons maintenant au deuxième aspect, qui est le centre de la quasi-totalité de vos questionnements. Il faut affirmer d’emblée, sans tourner autour du pot, que la fécondité et la génération des enfants ne sont pas des conséquences du péché originel, mais font au contraire pleinement partie du plan créateur initial de Dieu.
Nous en avons la preuve la plus évidente par la demande que Dieu adresse à l’être humain dès la création de ce dernier : Soyez féconds, multipliez-vous (Gn 1,28). C’est le tout premier « commandement » formulé dans l’Histoire de l’humanité, avant tous les autres, juste après la création de l’homme et de la femme ! Il est tout simplement impossible de le relativiser… Elle contient la différence sexuelle, l’union conjugale et la procréation !
Le péché n’intervient qu’après, en introduisant un désordre dans la sexualité – qu’on appelle traditionnellement « concupiscence » en théologie morale –, de la même manière qu’il a introduit des désordres partout : la maladie, la mort, la séparation avec Dieu, les difficultés relationnelles entre les hommes, etc., en sont autant de preuves ! Par la suite, l’Église enseignera que le péché originel est transmis par propagation et non par imitation (cf. Concile de Trente), mais que la transmission de la vie en elle-même reste toujours un bien. Je ne m’étends pas, c’est une autre histoire…
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Finissons avec cette question amusante, un peu marginale, que vous semblez poser indirectement : pourquoi Jésus n’a-t-il pas eu d’enfants ? J’aurais presque envie de répondre : il fait bien ce qu’il veut !
Il y a aussi l’argument de « convenance », qu’aime employer saint Thomas d’Aquin : Dieu emploie les moyens qui sont appropriés et conviennent parfaitement à sa nature divine. En d’autres termes, il pourrait agir autrement, mais ce qu’il fait est le plus cohérent, le plus beau et le plus adapté à sa sagesse et à son amour : en gros, il choisit le meilleur pour Lui-même ! Ce serait bien d’avoir la capacité de faire la même chose que lui… Hélas, notre conscience, notre intelligence et notre volonté sont si obscurcies par le péché !
Mais pour en revenir à Jésus, son célibat n’est certainement pas un rejet de la sexualité, ni un refus de la fécondité… C’est tout simplement que son existence entière est une mission totalement orientée vers le Royaume, vers une fécondité spirituelle autre. Et entre nous, s’il n’a pas vécu la paternité biologique, il est tout de même le « nouvel Adam », le chef d’une humanité nouvelle et le père d’une multitude de fils adoptifs… Jackpot !
En conclusion, comme l’enseigne le Concile Vatican II, le Christ inaugure déjà la condition eschatologique où « on ne prend ni femme ni mari ».
Ai-je répondu à tout ?
Ou avez-vous encore des zones d’ombre à éclaircir ?
Pierre G. (SEDIF)
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