Introduction à la veillée sur l’Esprit Saint, Sanctuaire de Rochefort du Gard 29 janvier 2022, par Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Nîmes

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Samedi 29 janvier, une soirée « Unité Onction Guérison » au Sanctuaire Notre Dame de Grâce à Rochefort du Gard s’est tenue avec la prédication de Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Nîmes. Mgr Brouwet à introduit la veillée sur l’Esprit Saint en prenant pour point de départ les Actes des Apôtres (Actes 1, 12-14 et Actes 2, 1-4). Il a insisté sur les Pentecôte dans l’Eglise et dans nos vies.
Retrouvez le texte de la prédication de Mgr Nicolas Brouwet ci-dessous

Cliquez sur « lecture » pour écouter la prédication de Mgr Nicolas Brouwet
(son enregistré par le Sanctuaire Notre-Dame de Grâce)

J’aimerais commencer en lisant les Actes des Apôtres au moment où Jésus vient de monter vers son Père.

« Les Apôtres retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche, – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat.

A leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques.

Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. »

Actes 1, 12-14

« Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble.

Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière.

Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux.

 Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. » Actes 2, 1-4

Quand Jésus les quitte et les envoie, les apôtres ne commencent pas par faire des plans, des réunions, des stratégies de conquête : ils se mettent en prière avec Marie et les femmes présentes. Voilà la première Eglise : elle attend ce que Jésus a promis. Sans savoir de quoi, de qui il s’agit.

Elle se fait vase pour accueillir le don de Dieu. Elle est en attente dans la confiance. Elle prie, elle loue, elle écoute la Parole, elle se met à la disposition du Seigneur.

Ce qui manque parfois à nos communautés, à nos familles, c’est de devenir des cénacles. Des cœurs ouverts au don de Dieu. Non pour qu’il réalise notre volonté, nos idées, nos projets ; mais pour le laisser nous conduire. Il faudrait que nos communautés redeviennent des cénacles. Pas des lieux où on administre la foi, les sacrements ; où on ne fait plus qu’organiser, répondre à des demandes de ceux qui demandent des obsèques. Mais où on se met ensemble à accueillir l’Esprit Saint.

Il y a d’autres Pentecôtes dans les Actes.

Actes 4, 29-32 : Après avoir été arrêtés et passés en jugement : « Et maintenant, Seigneur, donne à ceux qui te servent de dire ta parole avec une totale assurance.

Étends donc ta main pour que se produisent guérisons, signes et prodiges, par le nom de Jésus, ton Saint, ton Serviteur…

 Quand ils eurent fini de prier, le lieu où ils étaient réunis se mit à trembler, ils furent tous remplis du Saint-Esprit et ils disaient la parole de Dieu avec assurance.

La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme. »

La persécution ne les effraie pas. Elle ne les divise pas. Elle est juste l’occasion de proclamer la foi, de la fortifier.

Actes 10, 44-48 : au moment d’intégrer des païens dans l’Eglise. « Pierre parlait encore quand l’Esprit Saint descendit sur tous ceux qui écoutaient la Parole.

Les croyants qui accompagnaient Pierre, et qui étaient juifs d’origine, furent stupéfaits de voir que, même sur les nations, le don de l’Esprit Saint avait été répandu.

Ces païens avaient été trouver Pierre après une révélation intérieure, une motion intérieure. Ils avaient été mystérieusement conduits jusqu’à la communauté chrétienne naissante. Ils avaient le cœur ouvert. Le Saint-Esprit leur est donné avec profusion.

Actes 19, 4-7 A Ephèse après avoir rencontré des disciples baptisés dans le baptême de Jean-Baptiste ; on pourrait dire qu’ils ont une foi incomplète. Ils ont un baptême de conversion mais il leur manque l’essentiel.

« Paul dit alors : « Jean donnait un baptême de conversion : il disait au peuple de croire en celui qui devait venir après lui, c’est-à-dire en Jésus. »

Après l’avoir entendu, ils se firent baptiser au nom du Seigneur Jésus.

« Et quand Paul leur eut imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux, et ils se mirent à parler en langues mystérieuses et à prophétiser.

Ils étaient une douzaine d’hommes au total. »

La grâce de la Pentecôte continue dans l’Eglise.

L’Esprit Saint est donné à tous ceux qui veulent le recevoir. Pas parce qu’on l’a mérité ; mais parce que Dieu veut nous faire ce don et nous ouvrons notre cœur pour le recevoir. Qu’on soit passé en jugement et qu’on sorte de prison, qu’on soit païen ne connaissant pas Dieu, qu’on ait une foi approximative qui ne connaît pas encore tous les détails de la foi catholique ou qu’on soit un apôtre envoyé par Jésus.

Demandons le Saint-Esprit pour nous et pour notre monde.

Il y a des Pentecôtes possibles dans nos vies. La grâce de la Pentecôte continue encore.

Tout particulièrement parce que nous avons plus que jamais besoin du St Esprit. Pour vivre en chrétien, en fils et filles du Père dans une monde qui est très sécularisé, où nos institutions, notre culture, nos modes de pensée perdent la saveur de l’Evangile, perdent des repères qui venaient du christianisme.

Parfois on perd la cohérence dans notre vie. Parce qu’on vit comme des chrétiens en famille et à la paroisse mais on vit sous d’autres lois dans le monde professionnel. Dans la manière de faire du commerce, dans le respect de la parole donnée, dans le regard posé sur les collègues, dans le désir de conquérir des postes. On en vient parfois à oublier notre Evangile, notre manière de vivre en chrétien. On a peur d’être mis de côté, de prendre la parole, de rester fidèle à ses convictions. On a peur de passer pour des personnes radicalisées. On a peur d’enfreindre la laïcité…

La seule solution ? Vivre, se laisser conduire par l’Esprit de Pentecôte.

En lui demandant d’activer en nous les dons de crainte : pour mettre le Seigneur à la première place et l’adorer comme le Dieu vivant et unique.

Le don de piété pour être capable de vivre en fils et filles bien-aimés du Père ; que notre piété soit concrète, dans nos actes.

D’activer le don de connaissance pour nous connaître nous-mêmes et ceux qui nous entourent dans le projet de Dieu, dans son regard bienveillant, dans la place qu’il nous donne dans l’Eglise et dans le monde.

De vivre le don de conseil pour laisser le Seigneur nous illuminer au moment de prendre nos décisions.

De recevoir le don de force pour être remplis de la force du St Esprit au moment du témoignage. Pour savoir et non quand c’est nécessaire même si cela nous coûte.

De recevoir le don d’intelligence qui nous fait lire les évènements dans le regard de Dieu et l’espérance chrétienne.

D’accueillir le don de Sagesse qui unifie notre vie ; une vie centrée sur le Seigneur. Une vie en cohérence avec l’Evangile.

 

 

Notre évêque, Mgr Nicolas Brouwet