Est-il important de connaître l’Histoire pour situer les textes ?
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Est-il important de connaître l’Histoire pour situer les textes ?
En bref
Oui, si l’on veut passer d’une lecture priante à une connaissance plus intime de Dieu. Dieu nous a créés avec une intelligence singulière, à la différence des animaux, qui participe pleinement de notre relation à Lui. Moins nous avons de connaissance de l’Histoire, plus le risque d’un « arbitraire subjectif » (Benoît XVI) croît.
Développement
Il est probablement possible de lire la Bible sans connaître l’Histoire, dans une perspective priante, mais je pense qu’on ne peut pas en faire l’impasse si l’on souhaite vraiment entrer dans l’intimité de la Révélation divine. C’est d’ailleurs dans la perspective de l’Alliance que les Hébreux ont commencé à raconter leur Histoire, pour comprendre toujours davantage le dessein de Dieu, ce qu’on appelle en théologie « l’économie du salut » (la manière dont Dieu s’y prend pour se révéler en vue de notre salut). Mais cette Histoire biblique s’inscrit plus largement dans l’Histoire… Dans l’enseignement vidéo de la deuxième rencontre, nous citons les deux grands tournants qu’ont été l’Exode et l’Exil, évoquons les dominations successives… L’invasion babylonienne, qui a provoqué l’Exil et la possibilité d’une éradication totale (ce qu’exprime très bien le court livre d’Esther par exemple), n’a pas les mêmes conséquences que l’invasion grecque qui va provoquer la révolte des Maccabées ; ces conséquences sont à autant à situer sur le plan humain que sur celui de la Révélation.
Comprendre l’Histoire, plus globalement que la seule Histoire biblique, c’est avoir accès à ces nuances et éviter ainsi des contre-sens qui ne cessent d’émailler notre lecture personnelle de la Bible, donc potentiellement notre conception de Dieu même. Car ne pas connaître cette Histoire, au contraire, ce serait s’exposer à un « arbitraire subjectif » (le nôtre) qui consiste à tout interpréter à notre seule lumière… Or Dieu pose des choix précis : tel homme, tel peuple, telle mère pour son Fils, tel apôtre, etc., et aussi telle époque, tel envahisseur, tel milieu culturel… Il n’est pas indifférent que le Christ se soit incarné dans un monde gréco-romain. Cela a eu beaucoup d’impact sur la compréhension des Écritures, sur le développement du dogme, etc. Si vous en avez le courage, je vous invite à lire sur ce sujet le beau et exigeant discours de Benoît XVI aux Bernardins en septembre 2008 : il parle notamment du « lien supérieur […] de l’intelligence et de l’amour » dans la lecture des Écritures.
C’est tout l’intérêt d’avoir une Bible de travail, avec des notes et des renvois : l’enjeu n’est pas de former des intellectuels et des scientifiques adeptes de l’archéologie, de la sémiologie, de l’exégèse historico-critique… C’est bien d’aimer le Seigneur dans toutes les dimensions de notre être : corps, cœur, âme, intelligence, volonté, esprit… Dieu nous a créés à l’image et à la ressemblance de Lui : toutes les parties de notre être – l’intelligence comprise, donc, sous peine de s’atrophier, de refuser une dimension essentielle de notre création – sont appelées à être unifiées dans l’amour, afin de « rendre amour pour amour »…
Pierre G. (SEDIF)
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