Homélie pour les funérailles de Mgr Gabriel COULET

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Le Vigan le 31 décembre 2020

« Heureux les morts qui s’endorment dans le Seigneur. L’Esprit de Dieu dit, qu’ils se reposent de leurs peines, car leurs actes les suivent.’’

Ces paroles de l’Apocalypse de St. Jean apaisent notre tristesse, car s’endormir dans le Seigneur c’est s’abandonner entre ses mains, comme Jésus sur la croix, pour le rejoindre et vivre avec lui ressuscité éternellement. C’est ainsi que le Père Gabriel Coulet nous a quittés au seuil de sa quatre-vingt dixième années, dont 64 ans de sacerdoce. Il avait été ordonné prêtre le 20 décembre 1956 par Mgr Jean Girbeau.

Nous sommes rassemblés cet après-midi en cette église St. Pierre du Vigan dont il fut le curé, pour le confier à la miséricorde divine en rendant grâce à Dieu, pour le serviteur fidèle, humble et bon qu’il fut dans l’exercice des ministères qui lui ont été confiés successivement par les quatre évêques du diocèse de Nîmes.

Le Père Gabriel Coulet fut un serviteur fidèle

Quel que soit le ministère confié : soit professeur au petit séminaire de Beaucaire, puis vicaire à St. Baudile, à Villeneuve lès Avignon et à Bagnols sur Cèze, ensuite curé de Bellegarde, de Vauvert, et du Vigan et Avèze, et aussi Vicaire épiscopal de la zone pastorale Cévennes Ouest, pour lui annoncer fidèlement l’Evangile était la tâche prioritaire. La parole de Jésus était le fil conducteur qui lui permettait d’orienter sa réflexion et son action. Il y confrontait sa vie spirituelle, sa vie quotidienne et les divers engagements qui lui incombaient. Durant la période où il avait été Directeur diocésain de l’enseignement religieux, et de la catéchèse, il avait repéré les difficultés rencontrées par les enfants et les jeunes pour s’attacher au Christ, en raison de l’indigence spirituelle du monde actuel. Il pensait que l’exemple des adultes chrétiens vivant l’évangile était le meilleur moyen pour le transmettre aux jeunes générations.

Le Père Gabriel Coulet était un homme humble

Les témoignages de ceux qui l‘ont approché font état, d’un éducateur, d’un accompagnateur, d’un conseiller : accueillant, respectueux, modeste, disponible pour écouter et aider chacun à prendre ensuite sa décision. Cet accompagnement discret nous fait penser à la rencontre de Jésus avec les disciples d’Emmaüs. Jésus a écouté, réconforté, encouragé ces deux hommes désespérés, avant de se faire reconnaitre à la fraction du pain. On pourrait aussi évoquer le cas de Zachée qui dévoile sa vie devant Jésus ou encore Nicodème qui vient échanger et demander à Jésus de lui expliquer comment on peut naitre à nouveau par le baptême. C’est cette figure de Jésus Bon Pasteur qui accompagnait le ministère du Père Coulet.

Le Père Gabriel Coulet était un homme bon

Discrètement, humblement, et avec persévérance il a cherché durant toute sa vie sacerdotale à rendre le Christ présent là où il était envoyé. Il savait que pour faire entendre l’évangile il fallait commencer par être attentif aux autres. Il y a probablement tant de gens auxquels nous ne prêtons pas attention, parce que nous sommes tellement préoccupés, absorbés par les exigences notre vie quotidienne. Or entendre et faire entendre l’évangile dépend pour une part de la qualité d’attention que nous accordons aux autres. D’ailleurs dans l’évangile que nous venons d’entendre, Jésus rappelle que ce que nous faisons pour les plus petits de nos frères, c’est à lui que nous le faisons.

Serviteur de Jésus, le Père Gabriel Coulet l’a été en étant le serviteur de ses frères et sœurs, en se donnant tout entier à son ministère presbytéral, n’oubliant jamais qu’il avait été ordonné prêtre pour servir le peuple de Dieu.

Frères et sœurs en célébrant cette eucharistie nous rendons grâce à Dieu pour tout ce que le Père Gabriel Coulet a semé, en cherchant à rendre le Christ et l’évangile présents, là où l’évêque l’avait envoyé.
Puisse-t-il entendre Jésus ressuscité l’accueillir en lui disant : « C’est bien bon et fidèle serviteur entre dans la joie de ton Seigneur. »

Mgr Bernard Fougères

Les obsèques religieuses du P. Gabriel COULET ont été accompagnées de celles de sa sœur, Mme Marie-Jeanne COULET, décédée rapidement après son frère. Les inhumations ont également eu lieu en même temps au cimetière de Bez-et-Esparon.

Le 21 novembre 2019 Mgr l’évêque et ses frères prêtres partageaient la joie du P. Gabriel Coulet de devenir « Chapelain de Sa Sainteté ».
>Feuilleter l’album photo

Père Coulet,

Au lendemain de Noël, vous êtes partis rejoindre la maison du Père. Soyons sûrs qu’Il vous accueillera les bras ouverts comme ceux de l’Enfant-Jésus dans la crèche.

Nous avons partagé de nombreux moments dans la vie de la paroisse St Pierre à laquelle vous étiez très attaché. Les rencontres d’aumônerie pendant dix ans soucieux d’être à l’écoute des jeunes et des enfants. La préparation de la plaquette pour le tricentenaire de l’église en 2004 : « Toute communauté a besoin d’un lieu de rassemblement » écriviez-vous dans l’éditorial. De nombreuses fêtes de la Foi –baptêmes, premières communion, professions de foi, confirmations, mariages…autant de moments forts vécus en communion avec vous. L’accompagnement des malades avec le service évangélique des malades où œuvrait aussi votre sœur.

Ces derniers temps vous aviez renoncé aux visites de peur de les contaminer…témoignage de votre prévenance et attention aux autres. Nommé responsable du Suffrage, vous vous êtes attaché à approfondir par vos articles dans la revue – Notre-Dame du Suffrage-le lien qui nous unit aux morts dans la communion des saints. En 2016 à Bez –votre village natal – nous avons fêté votre Jubilé -60 ans de sacerdoce ; une belle fête diocésaine autour de notre évêque. Vous résidiez à Bez tout en assurant les messes dominicales sur le Causse et la vallée de l’Arre. Vous n’avez jamais épargné votre peine qu’il vente ou qu’il neige !

« Il y a peu de temps – en novembre, je vous ai rendu visite pour vous apporter la dernière Encyclique du Pape « Tous frères » vous hésitiez à en faire une présentation pour Le lien (Le journal paroissial). J’ai insisté et quelle remarquable présentation : ce texte restera un peu comme votre testament, témoignage d’une Foi indéfectible, solide et pourtant si humble. « L’effacement soit ma façon de resplendir » a écrit un poète : elle vous correspond vraiment car comme Jean-Baptiste vous saviez que vous n’étiez pas la Lumière mais le témoin de la Lumière venue d’En-Haut. »

Nous perdons un Père, un prêtre selon le cœur de Jésus, un frère pour tous ceux qui l’ont connu et aimé au-delà même des murs de cette église. Oui, Marie-Jeanne, votre frère tant chéri, c’est aussi notre frère en Jésus qui va lui dire comme dans l’Evangile « Entre dans la Joie de ton Maître » A Dieu et continuez à veiller sur nous .

Yves Saintot, Le Vigan