Quelle est la formation des évêques et des prêtres dans l’Église primitive ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Quelle est la formation des évêques et des prêtres dans l’Église primitive ?

La réponse à cette question est délicate, car elle ne saurait être donnée en trois lignes. La raison en est simple : on ne connaît pas de formation universelle stricte. Je vais donc devoir y aller à gros traits, en espérant susciter en vous le désir de creuser ces questions de votre côté.

L’obligation des séminaires est une invention moderne, suscitée par le concile de Trente (1543-1565) en réponse à la Réforme protestante qui voit émerger quantité de positions théologiques nouvelles et souvent incompatibles entre elles. Si cela vous intéresse, je vous invite à rechercher et lire le décret « Cum Adolescentium Aetas » sur l’organisation des séminaires, du 14 juillet 1563. Il nous est d’autant plus sympathique que ce texte a été proposé par les évêques français (cocorico !). Ce décret propose une formation longue et structurée autour de trois axes : la doctrine (Écritures et Tradition), la vie spirituelle (prière et sacrements) et la vie morale/pastorale (pour soi-même et pour la mission à venir).

Si l’ignorance du clergé a suscité nombre de critiques à l’époque (mais que dire d’aujourd’hui ?), cela ne signifie cependant pas qu’il n’y avait aucune formation avant le XVIe siècle ! Il y eut auparavant des écoles cathédrales et monastiques, etc. Bref, des séminaires avant l’heure de leur officialisation !

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Si nous en revenons aux premiers siècles, l’affaire se corse : ce que nous savons tient dans les témoignages des Pères de l’Église, qui n’évoquent jamais de formation au contenu défini ni d’établissements consacrés à la formation des clercs.

Voici les éléments à notre disposition, qui éclairent sur la « formation » reçue par les prêtres et évêques :

¤ les formules de foi : ce que tout baptisé doit savoir ;

¤ les critères d’ordination : chrétien éprouvé, à la vie morale irréprochable, capable de transmettre fidèlement le dépôt de la foi et de servir ses frères ;

¤ la présence centrale de l’évêque : les candidats se forment dans son environnement proche, en l’écoutant prêchant, en participant à la liturgie, en prenant progressivement des responsabilités, etc. ;

¤ l’existence très tôt de « centres spirituels » majeurs, qui ne sont pas des institutions établies mais des écoles de pensée où vivent des sages et où l’on vient se nourrir : Alexandrie, Antioche, Césarée… ;

¤ les nombreux sermons et traités écrits par quantité de Pères de l’Église, d’Orient comme d’Occident.

On pourrait dire en quelque sorte que la formation est plus libre (ou relâchée) à l’époque qu’aujourd’hui ; on pourrait aussi dire qu’elle est plus existentielle qu’académique. Les apophtegmes des Pères du Désert (IVe siècle) portent par exemple la trace de cette disciple de vie, de ce modèle de vie chrétienne enseigné pendant les premiers siècles.

Pierre G. (SEDIF)

 

Lire aussi sur le même sujet :
=> Comment les premiers diocèses ont-ils été organisés dans l’Église primitive ?
=> Comment, par qui, l’évêque était-il nommé, élu, ordonné ?

 



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