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21ème Dimanche du Temps Ordinaire
» Il sera un père pour les habitants de Jérusalem et pour la maison de Juda » « (Is 22, 21).
C’est l’histoire d’un remaniement ministériel à la cour de Jérusalem, sous le règne d’Ezékias, c’est à dire vers 700 avant J.C. Shebna était le gouverneur du palais, ce qui n’était pas une mince affaire. En particulier, il avait ce que l’on appelle le « pouvoir des clés »: au moment de la remise solennelle des clés du palais royal, il avait reçu pleins pouvoirs sur les entrées du palais (et donc sur la possibilité d’être mis en présence du roi) et l’on avait prononcé sur lui la formule rituelle: Je mets sur son épaule la clef de la maison de David: s’il ouvre, personne ne fermera; s’il ferme, personne n’ouvrira. C’était donc un symbole d’autorité sur le royaume et la marque d’une très grande confiance de la part du roi.
Mais comme tout pouvoir en Israël, on attendait qu’il en use comme d’un service pour le bonheur des habitants. En particulier, il se devait d’être un père pour les habitants de Jérusalem et pour la maison de Juda. Ce qu’il ne fut pas , de toute évidence. Et donc, il fut démis de ses fonctions et remplacé.
Au passage, on découvre le rôle joué, au nom de Dieu, par les prophètes (ici, Isaïe) dans les affaires politiques; car, il ne faudrait pas l’oublier, ce n’est pas avec Moïse que Dieu avait fait alliance au Sinaï, c’est avec le peuple d’Israël. De la même manière, lors de l’instauration de la monarchie, ce n’était pas avec le roi. Cela, David l’avait bien compris.
Aujourd’hui, nous savons qui détient le pouvoir des clés: il suffit de relire la grande vision du premier chapitre de l’Apocalypse: « Moi, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant: j’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles; je détiens les clés de la mort et du séjour des morts » (Ap 1, 17-18). C’est bien Jésus, triomphant de la mort, qui est annoncé là: l’image des clés ici nous suggère qu’il a le pouvoir d’enfermer les puissances de mort.
Marie-Noëlle THABUT










