Comment le doute méthodique peut-il purifier notre foi ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Dans la vidéo, le sujet du doute nous a fait beaucoup parler. L’une nous a avoué : « Je ne comprends pas ce doute, car moi je ne doute pas ». On a bien compris le doute sceptique… mais le doute méthodique… comment « purifie-t-il  » notre foi ? Où peut-on trouver un prolongement sur ce sujet du doute méthodique qui n’ est pas rejet de la foi ?

Contrairement au doute sceptique, qui vise à ne jamais conclure, avec son côté définitif et paralysant, le doute méthodique cherche à atteindre une certitude. Du moins est-ce ainsi que le conçoit René Descartes dans son Discours de la méthode et ses Méditations métaphysiques. Il doute provisoirement pour tester la solidité de ses croyances ; il vérifie par la raison ce en quoi il croit. Descartes remarque en effet que beaucoup de nos croyances viennent des sens ou de l’éducation, et qu’elles peuvent être trompeuses. Il décide donc de remettre tout en question, afin de voir s’il existe quelque chose dont il ne puisse absolument pas douter.

Il faut bien comprendre l’enjeu majeur du doute méthodique : ce n’est pas une méthode pour le plaisir de douter mais pour parvenir à une base plus solide de connaissance, à une certitude indubitable. En ce sens, le doute est provisoire et constructif.

Évidemment, contrairement à Descartes, nous n’avons pas à tout remettre en question, ne serait-ce que parce que notre démarche n’est pas celle du philosophe, mais du croyant. Alors quoi ? Eh bien je vous propose de repartir de la réflexion du membre de votre cénacle : « Je ne doute pas. » De quoi parle-t-il ? De Dieu en Lui-même ? De la perception qu’il a de Dieu ? L’enjeu serait ici moins de douter de la réalité de Dieu, de son existence comme telle ou encore du Christ, que de douter des conceptions que nous forgeons en nous de Dieu. Nous avons tant d’images faussées, de conceptions étriquées, etc. Il faut sans cesse approfondir notre connaissance (« purifier notre foi », pour reprendre les mots de votre question), ce qui peut nous demander l’humilité de douter de nos vérités assénées pour en revenir à la Révélation biblique – ce que Dieu dit de Lui-même – et à la Tradition de l’Église – ce que l’Esprit infuse au fil des siècles.

Vous comprenez que le doute méthodique est ici, dans cet exemple, une remise en question de ses certitudes pour mieux connaître Dieu tel qu’Il se révèle dans l’Histoire.

J’aurais pu prendre comme autre exemple l’épreuve spirituelle, qui mène à une foi plus personnelle et plus consciente. Nous avons quantité d’exemples dans la littérature spirituelle et mystique. Certains saints passent par le doute pour retrouver Dieu de manière plus profonde, intime. Je pense à saint François de Sales durant sa jeunesse, aux écrits de saint Jean de la Croix ou de Mère Teresa… Les exemples sont infinis.

Pierre G. (SEDIF)

 



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