Bruno et Alain, diacres permanents

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Contributeur : Service diocésain de la communication | Bruno et Alain, diacres permanents


Dimanche 26 janvier, 3° dimanche du Temps ordinaire de l’année A, premier Dimanche de la Parole institué par le Pape François, Mgr Robert Wattebled a ordonné diacres permanents Alain Artaud et Bruno Lorthiois
> vers l’album photos de la cérémonie

Homélie de Mgr Robert Wattebled

« Jésus vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée. » Capharnaüm : le nom de cette localité est passé chez nous dans le langage courant et familier pour qualifier un lieu, une pièce qui renferme beaucoup d’objets en désordre. Dans la Bible les territoires de Zabulon et de Nephtali ne sont pas loin d’évoquer aussi une certaine instabilité, un certain désordre. Ce sont des lieux de passage et d’échange où se côtoient et se mêlent des populations d’origines diverses, notamment au plan religieux, des juifs et des non juifs.
C’est donc là, à Capharnaüm, que selon l’évangile de saint Mathieu, Jésus vient habiter. C’est là qu’il inaugure sa prédication : « Convertissez-vous car le royaume des cieux est tout proche ». Ce n’est pas un message de condamnation, ce n’est pas non plus un message de félicitations. C’est un message d’encouragement mais ce n’est pas un message de flatterie. Personne n’est stigmatisé, mis à l’index, écarté. Personne non plus n’est dispensé de recevoir l’appel. « Convertissez-vous car le royaume des cieux est tout proche » : Ce n’est pas un programme d’action permettant de dirimer les tensions et les conflits qui devaient exister à Capharnaüm comme ailleurs. Et pourtant c’est une parole qui pousse à agir.
Jésus ne propose pas de programme mais il éclaire tout d’une parole décisive. C’est une bonne nouvelle, une bonne nouvelle inouïe : Celui que nous désignons du nom de Dieu ne nous est pas étranger, Dieu nous est proche, il vient guérir, il vient sauver, il vient renouveler, recréer… Parole décisive, bonne nouvelle inouïe et du même coup parole tranchante : Réorientez donc votre existence, convertissez-vous car on ne peut pas à la fois se laisser approcher par le Seigneur et vouloir demeurer complice de ce qui blesse ou détruit l’humain.
A Capharnaüm la parole de Jésus a dû être perçue par certains comme vraiment authentique, terriblement juste, porteuse d’avenir aussi à tel point que plusieurs ont répondu à un appel particulier et se sont mis à le suivre.
En ce troisième dimanche du Temps ordinaire, dont le pape François a voulu faire le dimanche de la Parole, laissons-nous donc impressionner par la force et la simplicité de la prédication de Jésus à Capharnaüm : parole qui éclaire toute réalité, qui suscite confiance et espérance, mais aussi parole qui empêche de nous satisfaire de notre tiédeur et de notre médiocrité.
Si elles veulent s’inspirer de la prédication de Jésus à Capharnaüm, nos communautés chrétiennes n’ont pas aujourd’hui à chercher bien loin les lieux et les circonstances où elles sont appelées à accueillir la parole du Seigneur et à en témoigner. Il n’est pas nécessaire de recourir à des analyses approfondies pour prendre conscience que nous vivons dans une société où se côtoient, se mêlent, se confrontent des courants de pensées et des styles d’engagement extrêmement divers.
C’est dans ce monde – ce monde que Dieu aime – que nos communautés sont appelées à accueillir l’Evangile et à en témoigner. C’est dans ce monde qu’elles sont appelées à transmettre la lumière de la parole de Jésus : « Convertissez-vous car le royaume des cieux est tout proche ».
C’est ainsi que l’Eglise veut apporter ce qu’elle croit pouvoir apporter aux recherches et aux débats contemporains, en conjuguant réflexion rationnelle et approche croyante. Le pape Benoît XVI l’affirmait il y a un peu plus de dix ans : « Ce n’est qu’ensemble que la raison et la foi sauveront l’homme. »
C’est ainsi que l’Eglise cherche à apporter ce qu’elle croit pouvoir apporter dans le domaine de la bioéthique.
C’est ainsi que l’Eglise s’efforce d’exercer sa mission éducative à l’égard des enfants et des jeunes. Elle le fait par l’éveil à la foi des tout-petits et la catéchèse des enfants. Elle le fait par les aumôneries scolaires et les mouvements éducatifs. Elle le fait par les établissements catholiques d’enseignement là où ils sont implantés.
C’est ainsi encore que nos communautés chrétiennes se sentent concernées par toutes les questions soulevées aujourd’hui à propos du développement et de la ruralité, du respect de la nature et de la sauvegarde de la planète, dans la perspective d’écologie intégrale dont parle le pape François dans Laudato si.
Frères et sœurs, aujourd’hui nous nous réjouissons parce que deux diacres sont donnés à notre Eglise diocésaine. Oui, c’est un motif d’action de grâce. C’est aussi un appel et une responsabilité. Les diacres doivent pouvoir nous aider à devenir davantage une Eglise ouverte à tout ce qui nous entoure, une Eglise attentive aux questions de notre temps, une Eglise qui résiste à la tentation de se replier sur elle-même et sur ses questions internes, une Eglise soucieuse d’apporter ce qu’elle croit devoir apporter aux débats contemporains. Les diacres doivent pouvoir nous aider à devenir une Eglise ouverte à tout ce qui l’entoure parce qu’elle prend racine dans la présence du Christ qui nous précède toujours en Galilée, parce qu’elle s’appuie sur sa parole, parce qu’elle se fonde dans sa prière pour que le monde ait la vie en abondance et que son Esprit nous fasse entrer dans la pleine communion avec le Père. Amen.