Comment dire que l’Église est « universelle », si on considère les autres confessions et religions ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

L’Église universelle : Il est question d’englober les autres communautés chrétiennes, mais peut-on également associer les autres religions, sachant que l’Église est universelle ? La périphérie est-elle déjà l’Église ? (Simon Weil parle du proche, n’ayant jamais reçu le baptême).

Je ne suis pas certain de comprendre le point exact de votre question. Il me semble, au fond, que votre interrogation porte sur le mot « universel » : que veut-il dire, appliqué à l’Église, si on considère les autres confessions et religions ?

Il faut commencer par dire que l’Église est universelle… par la volonté du Christ lui-même ! C’est lui le boss. Elle est envoyée par le Seigneur à tous les peuples (Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, Mt 28,19) et parce qu’en elle subsiste la plénitude des moyens du salut confiés par le Christ, à commencer par les sacrements, comme vous le verrez l’an prochain avec FIDEO Sacrements. Dieu veut cette unité, Il meurt sur la croix pour cela : Qu’ils soient un, dit Jésus dans la prière sacerdotale (Jn 17,21)

Il est vrai que l’unité voulue par Jésus concerne d’abord tous ceux qui croient en lui. Il veut que pas un de ceux qui lui ont été confiés ne se perde.  Alors qu’est-ce que ça dit des autres communautés chrétiennes et des autres religions ?

Vous l’avez vu dans l’enseignement de l’évêque : l’unique Église du Christ « subsiste dans » l’Église catholique, mais des éléments authentiques de sanctification et de vérité se trouvent aussi dans les autres communautés chrétiennes (Lumen gentium 8 ; Unitatis redintegratio 3). Elles ne sont donc pas extérieures à l’action du Christ.

Quant aux autres religions, l’évêque en parle aussi, dans la partie consacrée à l’Église apostolique : l’Église reconnaît qu’elles peuvent contenir des « semences de vérité » et préparer les cœurs à Dieu (cf. Nostra aetate 2, dont vous avez un extrait dans votre polycopié, p. 67). Cependant, elle ne les identifie pas à l’Église elle-même. Elles demeurent ordonnées à l’unité que Dieu veut offrir en Christ.

Ainsi, la « périphérie » n’est pas simplement déjà l’Église au sens plein. Mais personne n’est hors de la portée de la grâce. Simone Weil, sans baptême, manifeste cette tension : proche du Christ, attirée par l’Église, sans y être entrée sacramentellement. La tradition catholique affirme que Dieu peut sauver ceux qui, sans faute de leur part, ne connaissent pas pleinement l’Évangile, mais cherchent sincèrement la vérité et accomplissent sa volonté (Lumen gentium 16).

L’universalité de l’Église n’abolit donc pas les différences ; elle signifie que tous sont appelés à la communion que Dieu veut rassembler dans le Christ. Et cette Église ne trouvera sa pleine et entière dimension (perfection) qu’à la fin des temps…

Pierre G. (SEDIF)

Lire aussi, sur le même sujet :
=> Pourquoi parler d’Église « catholique » et non « universelle » si les deux sont synonymes ?

 



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