Pourquoi parle-t-on de notre Mère l’Église ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Pourquoi parle-t-on de notre Mère l’Église ?

Tout d’abord, il faut dire que c’est une expression ancienne, qui s’inspire directement du langage biblique : la maternité est synonyme d’enseignement, de consolation, etc. Elle résonne par ailleurs avec l’image de l’Église comme corps du Christ (1 Co 12,27), où les croyants naissent à la vie spirituelle : l’Église engendre les fidèles à la vie chrétienne par le baptême, la parole de Dieu et les sacrements.

C’est pourquoi les Pères de l’Église, comme saint Ambroise et saint Augustin, parlent de l’Église comme mère de tous ceux qui naissent dans le Christ. La maternité est donc symbolique et spirituelle, illustrant la protection, la guidance et la formation des chrétiens.

Au fil des siècles, l’expression a naturellement été codifiée dans la liturgie et la théologie médiévale, devenant un motif central de la catéchèse et de l’enseignement ecclésiologique. Outre l’image de l’Église comme mère par le baptême, source de nouvelle vie en Christ, on a peu à peu parlé de l’Église comme celle qui engendre à la foi par la proclamation de la Parole et la formation chrétienne, ou encore comme celle qui guide et sert de refuge pour les chrétiens dans leur cheminement vers le salut, etc.

Cette vision de l’Église comme « Mère » a par ailleurs connu bien des développements au XXe siècle, avec des théologiens tels que Hans Urs von Balthasar, Yves Congar, Charles Journet, Henri de Lubac, Josef Ratzinger… Dans la vision ecclésiale contemporaine, et notamment conciliaire, Dei Verbum rappelle ainsi que l’Église est mère dans la fidélité au Christ et à sa Parole, unissant tradition et révélation dans l’éducation spirituelle des croyants.

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Évidemment, et ce sera notre dernier point, il convient ici de faire un rapprochement entre l’Église et la Vierge Marie… Difficile de passer à côté, en lisant ce que je viens d’écrire précédemment, tant les similitudes sont nombreuses et évidentes.

Ce rapprochement est fait à maintes reprises au fil des siècles, et récemment encore lors du concile Vatican II, dans la constitution dogmatique « Lumen Gentium » sur l’Église. Au chapitre 8, les Pères enseignent que Marie est le « type » (= figure) de l’Église : Marie est vierge et mère ; l’Église est aussi vierge – fidèle à l’unique Époux, le Christ – et mère qui engendre les croyants. Ainsi, ce que Marie est personnellement, l’Église l’est ecclésialement.

On pourrait ainsi multiplier les comparaisons à l’envi : Marie est la mère des croyants, l’Église enfante à la foi…

C’est pourquoi Paul VI proclame officiellement Marie « Mère de l’Église », au grand dam de certains adeptes d’un œcuménisme vu comme un absolu, à l’issue du concile Vatican II. Marie est Mère de l’Église parce qu’elle coopère de manière singulière et exceptionnelle à l’œuvre du salut : elle a conçu le Christ d’abord dans la foi avant de le concevoir dans la chair, ouvrant le salut au monde. Voilà une réalisation parfaite de ce à quoi l’Église tend… et c’est en cela aussi qu’elle peut être dite « Mère » !

Pierre G. (SEDIF)

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