Si le péché est le fait de ne pas croire en Dieu, suffit de croire pour être purifié ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Nous avons compris que le péché est le fait de ne pas croire en Dieu ou d’être détourné de Dieu. Alors suffit-il de re-croire en Dieu, d’être « recommençant » pour être purifié ?

Il y a beaucoup de choses à discuter dans ces deux phrases… Tout d’abord, le terme « croire ». Qu’entendez-vous par-là ? Est-ce le fait de confesser le Christ ? Dans ce cas, vous ne trouverez pas de meilleurs croyants dans les évangiles que… les démons. Eux croient, eux savent, et ils ne manquent pas une occasion de le faire savoir ! Je vous renvoie à l’excellent essai La foi des démons de Fabrice Hadjadj, qui développe bien, et avec humour, cette problématique.

A contrario, et c’est paradoxal, la seule personne que Jésus appelle « Satan » est… Pierre ! Oui, le premier boss de l’Église catholique, celui-là même qui avait fait l’une des plus belles déclarations de foi en le confessant Christ, le Fils du Dieu vivant (Mt 16,16) ! Jésus lui dit pourtant, sept versets (seulement) plus loin : Passe derrière moi, Satan ! (Mt 16,23). Vlan !

Tout est là, dans les évangiles, pour qui prend le temps de les scruter et de les méditer : l’enjeu n’est pas tant de proclamer sa foi, avec sa tête et ses mots, que de se mettre derrière Jésus, c’est-à-dire de Le suivre, de se faire disciple – comme le Christ lui-même s’est fait obéissant. Les démons sont ceux qui ne se font jamais disciples : ils ont l’obéissance en horreur. S. François de Sales dit qu’ils peuvent prendre tous les masques de vertu, y compris l’humilité, mais qu’ils ne peuvent jamais revêtir celui de l’obéissance concrète, l’obéissance réelle, mise en pratique.

Je pense que vous saurez maintenant répondre à votre question : non, le fait de croire et de professer sa foi ne suffit pas pour être purifié. Saint Jacques, dans son épître (Jc 2,14-26), le dit clairement, et je vous laisse avec ses mots, que je prends plaisir à citer longuement, dans la traduction liturgique :

Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte.

En revanche, on va dire : « Toi, tu as la foi ; moi, j’ai les œuvres. Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ; moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi. Toi, tu crois qu’il y a un seul Dieu. Fort bien ! Mais les démons, eux aussi, le croient et ils tremblent.

Homme superficiel, veux-tu reconnaître que la foi sans les œuvres ne sert à rien ? N’est-ce pas par ses œuvres qu’Abraham notre père est devenu juste, lorsqu’il a présenté son fils Isaac sur l’autel du sacrifice ? Tu vois bien que la foi agissait avec ses œuvres et, par les œuvres, la foi devint parfaite. Ainsi fut accomplie la parole de l’Écriture : Abraham eut foi en Dieu ; aussi, il lui fut accordé d’être juste, et il reçut le nom d’ami de Dieu. » Vous voyez bien : l’homme devient juste par les œuvres, et non seulement par la foi.

Il en fut de même pour Rahab, la prostituée : n’est-elle pas, elle aussi, devenue juste par ses œuvres, en accueillant les envoyés de Josué et en les faisant repartir par un autre chemin ? Ainsi, comme le corps privé de souffle est mort, de même la foi sans les œuvres est morte.

Je pourrais vous écrire tout un tas de développement sur le péché, le retour vers Dieu, les vertus théologales (foi et charité notamment), le pardon, la purification, la justice et la miséricorde… Mais méditer sur ce texte de Jacques, pendant plusieurs jours si besoin (le temps de Carême s’y prête), vous offrira déjà de beaux éclairages.

Et l’an prochain, avec FIDEO Sacrements, nous entrerons dans le concret de la vie chrétienne : l’approche ne sera plus théologique, mais liturgique, sacramentelle et spirituelle, afin d’incarner tout ce qui a été acquis pendant deux ans. La suite, donc, l’an prochain !

Pierre G. (SEDIF)

Pour aller plus loin, sur le même sujet :
=> Comment sait-on que le purgatoire existe car rien n’est marqué dans l’évangile ?
=> La purification de nos âmes est-elle compatible avec notre nature humaine ?

 



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