La croissance de la foi aide-t-elle à mieux supporter les épreuves et chasser le doute ?
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Saint Augustin a écrit : « Si l’homme doute, il vit ; s’il doute, il comprend ». Peut-on supposer que plus la foi est grande, mieux sont supportées les souffrances subies, et moins transparaît le doute comme moteur dans la vie de la foi ?
Je ne suis pas certain de comprendre… la citation de saint Augustin ! Il faudrait que je la lise dans son contexte et dans la langue originale, car on a vite fait de déformer et figer ce genre de formules. Que l’homme vive parce qu’il doute, je peux le comprendre, mais qu’il comprenne du seul fait qu’il doute, là, je trouve le lien… douteux (jeu de mot facile, je sais). Il est incontestable que le doute peut mener à la compréhension, mais non de matière automatique.
Concernant votre question, j’acquiesce à votre première affirmation qu’une foi plus grande peut nous aider à supporter les souffrances subies. Ce n’est peut-être pas automatique, mais la foi est incontestablement un soutien pour la part d’amour et d’espérance qu’elle contient intrinsèquement.
Mais la seconde et dernière partie de la question me paraît plus délicate : il y a bien des contre-exemples parmi les saints, à commencer par saint Jean de la Croix, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ou sainte Teresa de Calcutta, qui connurent des nuits de la foi terribles et, parfois, interminables (de mémoire, cela avait duré 26 ans pour Mère Teresa… 26 ans !). Le doute est alors une question laissée en suspens, une blessure sans baume efficace pour l’apaiser complètement… Plus encore, et c’est tout le paradoxe, la nuit de la foi peut devenir l’un des plus hauts sommets de l’amour spirituel.
Il me semble ainsi que cela dépend des dons de Dieu pour chacune et chacun. Il nous donne d’avoir part à son mystère de manière unique, pour le bien de toute l’Église. Si le doute disparaît en nous à mesure que votre foi s’accroît, gloire à Dieu ! Tant que ce n’est pas au prix d’un discernement, car il faut se rappeler ce bon conseil de saint Paul, en conclusion de sa première lettre aux Thessaloniciens : discernez la valeur de toute chose : ce qui est bien, gardez-le (Il y a d’autres bons conseils dans cette fin de lettre, je vous la recommande).
Pierre G. (SEDIF)
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