Comment sait-on que le purgatoire existe car rien n’est marqué dans l’évangile ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Comment sait-on que le purgatoire existe car rien n’est marqué dans l’évangile ?

Il faut distinguer deux points dans votre question :
1/ Existe-t-il des réalités auxquels nous croyons qui ne se trouvent pas explicitement exprimées dans la Bible (et pas que les évangiles) ?
2/ Comment sait-on que le Purgatoire existe ?

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1/ Existe-t-il des réalités auxquels nous croyons qui ne se trouvent pas explicitement exprimées dans la Bible (et pas que les évangiles) ?

La réponse est : oui, un gros paquet ! Cela va de la nature précise des sept sacrements à l’Assomption de Marie, en passant par le canon de la Bible, l’infaillibilité pontificale, l’Immaculée Conception, la transsubstantiation, etc.

Comment expliquer cela ? Eh bien, il suffit d’écouter l’Écriture sainte elle-même pour commencer :

Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait écrire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait (Jn 21 ,25)

Et saint Paul, dans le même sens, de recommander à ses frères Thessaloniciens :

Tenez bon, et gardez ferme les traditions que nous vous avons enseignées, soit de vive voix, soit par lettre (2 th 2,15).

En d’autres termes, la Révélation est plus large que la seule Bible (qui est déjà la mise par écrit de traditions), même si elle ne la contredit jamais. Si vous avez suivi FIDEO Bible, je vous encourage à relire la toute première rencontre, qui distinguait Écriture sainte et Parole de Dieu : la dernière partie porte sur la Révélation. Et je vous invite en complément à aller écouter une conférence sur le cardinal Newman, donnée en introduction de l’année FIDEO, le 4 octobre dernier : le nouveau Docteur de l’Église explique bien ce qu’est le développement vivant du dogme, en conformité avec les Écritures. En prime, c’est l’occasion de découvrir un immense bonhomme, si vous ne le connaissez pas déjà !

*

2/ Comment sait-on que le Purgatoire existe ?

À cette seconde question, il faudrait presque faire comme les Juifs, et répondre par une autre question : quelle est votre conception du Purgatoire ?

Souvent, il est perçu comme un lieu punitif où l’on crame un bon coup, mais non définitivement. Si c’est ce que vous avez en tête, alors le Purgatoire n’existe pas ! Car c’est l’âme immatérielle qui est visée par le Purgatoire (par définition, ce qui n’est pas matériel échappe au lieu). Alors quoi ? Eh bien, et cela répondra à votre première question, il faut commencer par aller voir ce que disent les Écritures… Et je ne vais faire ici que reprendre et développer le Catéchisme de l’Église catholique (n. 1030-1032), que je trouve très éclairant en la matière.

Un chapitre est particulièrement éclairant, qui ne se trouve pas dans les évangiles, ni même dans le Nouveau Testament, mais dans le Premier Testament. Au lendemain d’une âpre bataille, le jour du Shabbat, Judas Maccabée enterrent les morts et organises une collecte. Et voici ce qui est dit :

Puis, ils se répandirent en supplications pour demander que le péché commis soit entièrement effacé. Le noble Judas exhorta la troupe à se garder de tout péché, ayant sous les yeux le malheur de ceux qui avaient succombé pour avoir commis cette faute. Il organisa une collecte auprès de chacun et envoya deux mille pièces d’argent à Jérusalem afin d’offrir un sacrifice pour le péché. C’était un fort beau geste, plein de délicatesse, inspiré par la pensée de la résurrection. Car, s’il n’avait pas espéré que ceux qui avaient succombé ressusciteraient, la prière pour les morts était superflue et absurde. Mais il jugeait qu’une très belle récompense est réservée à ceux qui meurent avec piété : c’était là une pensée religieuse et sainte. Voilà pourquoi il fit ce sacrifice d’expiation, afin que les morts soient délivrés de leurs péchés (2 M 12,42-26).

Dans ce passage, nulle ambiguïté : on prie afin que les morts soient délivrés de leurs péchés ! Il existe donc un état, après la mort, où une délivrance peut encore advenir.

Dans le Nouveau Testament, de nouveau, on laisse penser de même. Par exemple, dans l’évangile de Matthieu, lorsqu’il est question notamment du péché contre l’Esprit, le Christ précise :

Et si quelqu’un dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un parle contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné, ni en ce monde-ci, ni dans le monde à venir (Mt 12,32)

Parler d’un pardon dans le monde à venir implique de nouveau qu’il y a un état « intermédiaire », après la mort, où le pardon est possible.

On pourrait donner d’autres exemples, mais concluons simplement ceci : il existe un état intermédiaire, après la mort, qui autorise la purification et le pardon. Cet état est ce qu’on appelle communément Purgatoire. Quelle forme a ensuite cet état ? Voilà qui est bien mystérieux. Je laisse la parole pour conclure au Catéchisme de l’Église catholique, cité également par le P. Cyril Farwerck dans son enseignement :

« Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. 1031. L’Église appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés. » (n. 1030-1031).

Pierre G. (SEDIF)

Lire aussi, sur le même sujet :
=> À quoi sert une prière pour les morts : adoucir le Purgatoire, ou le raccourcir ?
=> Si le péché est le fait de ne pas croire en Dieu, suffit de croire pour être purifié ?
=> Pourquoi les protestants ne prient-ils pas pour leurs morts ?

 



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