N’est-ce pas une erreur de pratiquer le dimanche sans construire la dimension fraternelle dans l’Église ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Notre rencontre a donné lieu à un échange sur l’Église et plus particulièrement sur notre désir plus ou moins marqué d’une communauté ecclésiale. Il est curieux de constater que certains trouvent leur contentement dans la pratique dominicale mais ne recherchent pas la vie de communauté. Ne fait-on pas une erreur en ne construisant pas la dimension fraternelle dans l’Église?

L’Église est faite de toutes les demeures dans la Maison du Père… qui sont nombreuses, comme l’a dit le Christ. Nous avons tous part au mystère du Verbe incarné : chacun reçoit une lumière singulière, unique, qui n’est pas que pour nous mais pour l’édification de l’Église. Comme pour Abraham, en quelque sorte, que Dieu ne choisit pas contre les autres, mais pour bénir en lui toutes les familles de la terre (idem avec les prophètes, les sages, les apôtres, les mystiques, les papes… c’est d’actualité !). Saint François d’Assise a médité la pauvreté, sainte Faustine la miséricorde, saint Jean-Paul II la communion des saints… À chacun sa part de mystère et tout cela est cadeau pour nous. Il ne faut jamais enfermer l’Esprit saint de Dieu dans la conception que nous en avons, par définition toujours trop étriquée (nous ne sommes, de toute évidence, pas Dieu).

Vous me direz que je ne réponds pas directement à votre interrogation… C’est vrai. On peut voir les catholiques du dimanche de deux manières au moins : comme une insuffisance honteuse ou comme un premier pas vers… davantage. Je me garderais bien de juger pour ma part.

Si je devais élever la question, je partirais de la configuration totale de l’Église telle que le concevait avec force de la grand théologien suisse (jésuite) Hans Urs Von Balthasar : dans un livre intitulé Le complexe anti-romain (1974), il souligne les cinq dimensions complémentaires de l’Église : Marie est évidemment au centre, entourée, dans un carré symbolique, de Pierre (l’ordre), de Jacques (la tradition), de Jean (l’amour) et de Paul (la mission). On pourrait mettre la fraternité dans la dimension incarnée par Jean : l’amour fraternel. Elle est indispensable à l’Église, au même titre que les autres ; c’est cet équilibre qu’il me semble important de préserver, pour ne jamais absolutiser une des dimensions.

Pierre G. (SEDIF)

 



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