Le judaïsme n’est-il pas finalement qu’un simple empilement de lois ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Peut-on se convertir au judaïsme ? C’est-à-dire : ne suffit-il pas, pour être Juif, d’adopter un certain nombre de lois et de rites, sans pour autant chercher à « croire » ? Et nous… Peut-on être chrétien sans suivre aucune règle, sans aller à la messe, etc. ?

Nous nous sommes interrogés sur les rites/la loi juive : sont-ils inventés au fil de l’eau selon les textes ? Y-a-t-il vraiment plus de 600 rites ? Et nous : quelles sont les règles des chrétiens ? Sommes-nous chrétiens si nous ne les respectons pas ?

Comment Dieu peut prôner la liberté alors qu’il n’a fait jusqu’alors qu’imposer des lois à suivre de manière servile ? Avant, suivre les commandements suffisait…

Ces questions, venant de différents cénacles, se recoupent en partie, de sorte que la réponse sera groupée, quitte à omettre l’un ou l’autre aspect… N’hésitez pas à nous écrire pour demander des précisions.

Il est tout à fait possible de se convertir au judaïsme ! La circoncision pour les hommes en est toujours la porte d’entrée. Par ailleurs, pour répondre aux autres questions, il ne faut pas croire qu’être Juif, ce soit simple : il y a 613 commandements tout de même dans la Loi mosaïque : 248 sont positifs (ce qu’il faut faire) et 365 sont négatifs (ce qu’il ne faut pas faire). Ces commandement sont fondamentaux pour les Juifs : ils sont l’exigence qu’ils doivent avoir pour être fidèle à l’Alliance avec Dieu. C’est une sorte d’horizon, d’idéal à atteindre… Dans une certaine tradition juive, il est dit que le Messie est celui qui saura respecter parfaitement ces 613 commandements, c’est-à-dire le Juif parfait.

Certes, cette accumulation de commandements peut paraître un peu étonnante à notre époque, et très extérieure à soi, mais elle nous rappelle aussi une exigence que nous, catholiques, avons tendance à oublier sous prétexte que l’Amour suffit et que les privations sont accessoires… À la vue de cette attitude des Juifs, nous pouvons nous rappeler que la foi s’incarne en toutes choses, que l’amour attend des actes concrets, qui coûtent un peu. Surtout pendant un temps comme le Carême où l’on relativise toutes les pénitences, cela peut résonner comme une mini-claque (non ?). Le pape François, pour son premier Carême en tant que pape, avait lui aussi dit cette parole : « Je me méfie des pénitences qui ne coûtent pas… ».

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Alors oui, comme nous le disions dans une autre réponse, l’Esprit est au-dessus de la Loi, mais Il n’est pas contre la Loi. Difficile d’être chrétien, c’est-à-dire de s’affirmer disciple du Christ, sans se mettre à sa suite… On peut toujours se fabriquer son petit Christ perso, que l’on suivrai peinard chez soi, mais c’est contraire aux évangiles et à toute l’ecclésiologie enseignée par Jésus, que ce soit (par exemple) dans les grands discours pascals de Jean (Jn 13-17) ou dans les Actes des apôtres, que vous venez d’étudier. Le Christ que nous suivons, derrière qui nous devons passer (Mt 16,23), implique que nous communions à lui, non des lèvres mais de tout le corps…

Cette communion s’accomplit de manière singulière dans l’eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne. On comprend bien que ce n’est pas d’abord une question de règle (aller ou ne pas aller à la messe) que de vouloir ou ne pas vouloir vivre une intimité avec le Christ. Ce serait comme dire : « J’aime ma maman », sans que jamais je ne prenne de ses nouvelles, ni ne l’embrasse quand elle est face à moi, etc. Ce serait absurde.

En conclusion : relire l’épître de Jacques peut faire le plus grand bien ! Elle n’est pas longue…

Pierre G. (SEDIF)

 



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