Comment sont choisis les textes de l’Ancien Testament à la messe ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Comment sont choisis les textes de l’Ancien Testament à la messe ? Pourquoi certains d’entre eux ne sont-ils pas choisis ?

Pour répondre à cette question, il faut savoir d’où nous venons, ce qui conduit à un petit détour par l’Histoire de l’Église au XXe siècle, en précisant d’emblée que l’interrogation pourrait tout aussi bien concerner le Nouveau Testament.

L’introduction du Premier Testament dans la liturgie (hors Carême) est assez récente. C’est une demande explicite formulée lors du Concile Vatican II que de proposer lors de la messe un plus grand nombre de textes bibliques – proposition qui concerne d’ailleurs aussi bien le Premier que le Nouveau Testament. Dans la constitution Sacrosanctum Concilium sur la liturgie, les pères conciliaires écrivent :

« Pour présenter aux fidèles avec plus de richesse la table de la Parole de Dieu, on ouvrira plus largement les trésors de la Bible pour que, en l’espace d’un nombre d’années déterminé, on lise au peuple la partie la plus importante des Saintes Écritures » (n. 51).

Le missel de 1962, qui précède donc le concile Vatican II, proposait en effet trois lectures par messe, sur une année :
1/ une lecture prise aux actes des Apôtres, aux épîtres de Paul ou aux lettres des autres apôtres ;
2/ un psaume ;
3/ un évangile pris surtout à Matthieu et Jean.

En d’autres termes, il n’y avait en tout qu’une centaine de textes proposés dans la liturgie. Cela pouvait avoir une valeur pédagogique, celle de l’apprentissage par la répétition, mais difficilement celle d’entrer dans la dynamique du mystère du salut, d’Adam jusqu’au Christ. Dans le Nouveau Testament, les Actes des Apôtres et la lettre aux Hébreux n’étaient par exemple pas lus.

Plus encore, en dehors des psaumes, le Premier Testament en était complètement absent, à quelques très rares exceptions près (ex : Carême). On en voit encore les dégâts : le Premier Testament est encore très mal connu, en dehors des grands épisodes ; l’action de Dieu n’est pas comprise, ni même des questions comme la violence, etc. Tout est devenu étrange parce qu’étranger.

Le missel de 1969 bouleverse la donne : une lecture du Premier Testament est ajoutée chaque dimanche (sauf temps pascal = Actes des Apôtres) et l’ensemble des lectures du dimanche est réparti sur trois ans. Sont sélectionnés tous les textes susceptibles d’éclairer la Révélation de Dieu pour notre salut… Il s’agit évidemment d’un choix subjectif, mais opéré par de véritables spécialistes de la Bible et de la liturgie, qui mettent ainsi en correspondance le Premier et le Nouveau Testaments, non seulement pour permettre une meilleure compréhension de la Révélation biblique, mais pour porter également la prière des fidèles. Ce nouvel ordonnancement favorise un plus riche accès aux saintes Écritures, donc à la connaissance de Dieu qui se révèle dans notre Histoire…

Dans sa Constitution apostolique Missale Romanum qui promulgue le nouvel Missel romain, Paul VI écrit en 1969 :

« De cette façon, on met plus clairement en lumière le dynamisme du mystère du salut, à partir même du texte de la révélation divine. Ainsi, les fidèles pourront-ils se nourrir très abondamment aux jours de fête des textes les plus importants des Saintes Écritures et, les jours non festifs, ils auront accès aux autres parties des Livres saints.

Tout cela est sagement ordonné, de telle manière que se développe de plus en plus chez les fidèles la faim de la Parole de Dieu (Amos 8,11) qui, sous la conduite de l’Esprit-Saint, achemine le peuple de la Nouvelle Alliance vers l’unité parfaite de l’Église. Nous avons vivement confiance que, de la sorte, prêtres et fidèles prépareront plus saintement leur cœur à la Cène du Seigneur et aussi, méditant plus profondément les Saintes Écritures, se nourriront de jour en jour davantage des paroles du Seigneur. Il s’ensuivra que, selon les souhaits du IIe Concile du Vatican, les Saintes Lettres seront pour tous à la fois une source perpétuelle de vie spirituelle, un instrument de première valeur pour transmettre la doctrine chrétienne et, enfin, la moelle de toute la théologie. » (n. 10-11)

Pierre G. (SEDIF)

 



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