Rm 5,20 : pourquoi la faute doit-elle se multiplier ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Rm 5,20 : « Quant à la loi de Moïse, elle est intervenue pour que se multiplie la faute », nous n’avons pas compris ce passage… Pourquoi la faute doit elle se multiplier….?

En Rm 5,12-21, saint Paul compare Adam et le Christ. Par Adam, le péché et la mort entrent dans le monde ; par le Christ viennent la grâce et la vie. C’est dans ce contexte qu’intervient le verset que vous citez et que je reproduis dans son intégralité pour éviter tout contre-sens : Quant à la loi de Moïse, elle est intervenue pour que se multiplie la faute ; mais là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé.

Tout d’abord, il faut bien comprendre que S. Paul ne dit pas que Dieu veut le péché. Il affirme simplement que la Loi (la Torah) révèle et met en lumière le péché. Avant la Loi, le mal existait, mais sans être clairement nommé comme transgression. En donnant des commandements précis, la Loi rend la faute consciente et manifeste : ce qui était diffus devient identifiable comme désobéissance. Ce premier point est fondamental, car S. Paul aborde régulièrement la Loi dans ses lettres, notamment en comparaison avec l’Esprit, ayant l’air parfois de la relativiser, voire de l’abolir définitivement ; dans certains passages toutefois, il manifeste son obéissance à cette même Loi, de sorte qu’on peut être perdu si l’on ne prend pas le temps de lire ses lettres avec attention et de se rappeler qu’il est d’abord et avant tout Juif.

Une fois ce point bien compris, répondons à votre interrogation : la Loi, bonne en elle-même, se heurte au cœur humain marqué par le péché ; elle peut même provoquer la révolte (cf. Rm 7). Ainsi, la faute se « multiplie-t-elle » non parce que la Loi est mauvaise, mais parce qu’elle dévoile l’ampleur du mal et l’impuissance de l’homme à se sauver par lui-même.

Le but n’est donc pas la multiplication du péché, mais la manifestation d’un besoin plus grand encore : celui de la grâce. Là où le péché apparaît dans toute sa gravité, la grâce du Christ se révèle surabondante. C’est pourquoi il faut bien ressaisir ce verset dans son intégralité, avec sa finale.

Pierre G. (SEDIF)

 



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