N’ayons pas peur

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solidarite

Contributeur : Paroisses | Ensemble paroissial d’Alès Notre Dame

Nous venons de célébrer la Résurrection du Christ, la victoire de la vie sur la mort. C’est l’occasion de nous rappeler qu’une des missions prioritaires de l’Eglise et de tout baptisé consiste à annoncer au monde l’Evangile de la vie. Notre monde développe « une culture de la mort » pour reprendre l’expression du Pape Jean Paul II dans son encyclique « Evangelium Vitae ». Le refus de Dieu ne conduit-il pas l’homme moderne à mépriser et  à combattre la vie sous toutes ses formes ? Comment expliquer autrement les lois favorisant l’euthanasie et le suicide assisté ? Peu à peu, si nous ne réagissons pas, nos sociétés glisseront vers l’eugénisme, vers l’élimination des êtres les plus fragiles et les plus vulnérables. La qualité d’une civilisation repose sur la joie de donner la vie et de protéger la vie partout où elle est menacée et remise en question. Beaucoup aujourd’hui ne supportent pas la présence des malades, des handicapés, des personnes âgées dépendantes et qui ont perdu la raison. Dans la même logique on prône la destruction des embryons humains porteurs de chromosomes pouvant conduire à une maladie génétique et à un handicap physique ou mental. Le généticien français qui a découvert la réalité de la trisomie 21, le professeur Jérôme Lejeune, disait : « la qualité d’une civilisation se mesure au respect qu’elle porte aux plus faibles de ses membres ». En regardant ce qui se passe autour de nous pouvons-nous affirmer que nos sociétés respectent les êtres les plus fragiles et les plus faibles ?

Dans son dernier ouvrage « le soir approche et déjà le jour baisse » le cardinal Sarah pose ce diagnostic avec clarté : « A quoi ressemblera notre monde dans un siècle ? L’avortement, la marchandisation du corps, les dérives sexuelles, la théorie du genre, le délitement du mariage, l’euthanasie sont les faces multiples d’un même combat d’une élite occidentale qui ne connait que trois principes : l’argent, le pouvoir et le plaisir. Ces hommes dansent sur les cadavres de centaines de milliers d’êtres fragiles qu’ils auront délibérément sacrifiés pour maintenir leur domination ». Le constat peut nous sembler à première vue excessif et pessimiste. Mais ne reflète-t-il pas le risque croissant que nos sociétés passent peu à peu à cette forme de barbarie qui consiste à éliminer les êtres les plus fragiles ?

L’Eglise doit s’élever avec force contre cette « culture de la mort », éclairer les consciences et défendre la vie partout où elle est défigurée et menacée. Elle doit proclamer à temps et à contre temps le message de l’Evangile, qui est l’évangile de la vie et en même temps agir pour protéger la vie. Nos communautés chrétiennes devraient devenir « des oasis de vie » dans les déserts de mort et d’inhumanité de notre monde.

Chaque jour des chrétiens s’engagent sur ce chemin. Des mouvements d’église accompagnent des femmes désirant avorter pour leur permettre de mettre au monde leurs enfants et aussi des femmes qui ont vécu un avortement pour les aider à se reconstruire. Des chrétiens, prêtres, religieux et laïcs passent des heures à accompagner des personnes en fin de vie. Mère Thérésa de Calcutta disait : « ces gens sont tout à fait dignes d’amour. Ils ont besoin de notre amour compréhensif, ils ont besoin de notre respect, ils ont besoin que nous les traitions avec dignité ». Elle cite ces paroles bouleversantes d’un homme mourant qu’elle avait ramassé dans la rue : « j’ai vécu comme une bête dans la rue, mais je vais mourir comme un ange, aimé et soigné ». Toutes ces personnes parmi les plus fragiles ont soif de tendresse et d’amour. Si nous leur tendons une main compatissante elles auront le sentiment d’être aimées et de compter pour quelqu’un.

Jésus nous le dit dans l’évangile : « je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance ». (Jean, 10,10). Témoigner du Christ Ressuscité qui a donné sa vie par amour nous conduit à nous engager sur le chemin de l’amour. Rappelons-nous ces belles paroles de St Jean dans sa première lettre (Ch 3,14-21) : « Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères… Voici comment nous avons reconnu l’amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son frère dans le besoin sans faire preuve de compassion, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui… »

Tout être humain, de sa conception à sa mort est créé à l’image de Dieu. Porter atteinte à la vie c’est porter atteinte à Dieu lui-même. Tuer un être humain équivaut à tuer Dieu. Et Jésus nous rappelle qu’il n’est pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie. La négation de Dieu ne  conduit-elle pas à la négation de l’humain, à la négation de la vie comme un don ?

N’ayons pas peur de témoigner de notre foi en Dieu, n’ayons pas peur d’annoncer l’évangile de la vie. Même si nous avons l’impression juste de « prêcher dans le désert », n’oublions pas que Dieu peut faire refleurir le désert. Semons les graines dans les déserts de cette terre, graines qui feront germer le printemps de la vie !

       P. Gérard CHASSANG