Messe du dimanche 24 août 2025 à Sénéchas
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Ce dimanche 24 août 2025, monseigneur Nicolas Brouwet a célébré la messe à Sénéchas.
Ce jour là, le village célébrait 2 anniversaires :
– celui du 60ème anniversaire de la création de l’adduction d’eau dans le village,
– et celui du 50ème anniversaire du Comité de restauration de l’église.
Voici un petit retour sur cette très belle célébration présidée par monseigneur, en cette magnifique église de Notre Dame de l’Assomption.
Homélie 21 C – 2025 – Sénéchas – Mgr Nicolas Brouwet
« Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? ». C’était une question qui préoccupait les foules qui écoutaient Jésus.
Certains pensaient qu’ils obtiendraient le salut parce que Jésus avait prêché sur leur place et qu’ils appartenaient au même peuple que lui. Et là, le Seigneur commence à ouvrir la perspective : le salut est proposé à tous les hommes, aux juifs comme aux païens.
Cela a vraiment été une nouveauté pour le peuple juif. C’est exactement ce que St Paul appellera le « mystère ». Le « mystère » n’est pas quelque chose qu’on ne comprend pas. C’est un mot « technique » pour dévoiler l’intention de Dieu, le projet de Dieu de sauver tous les hommes, y compris les païens.
Donc le salut est proposé à tous mais, dit Jésus, « beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas. » Et il ajoute : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. » Puis, pour ceux qui pensaient qu’il leur suffisait, pour être sauvés, d’appartenir au même peuple que lui ou de l’avoir écouter sur la place de leur village il ajoute cette réponse étrange : « Je ne sais pas d’où vous êtes. » « Éloignez-vous de moi, vous qui commettez l’injustice… »
Nous pouvons méditer ces réponses de Jésus en nous demandant comment les accueillir pour nous qui avons, en quelque sorte « mangé et bu avec lui » (c’est ce qui passe dans le mystère de la messe, de la communion), et qui l’avons entendu prêché (c’est aussi ce qui se passe à la messe quand nous écoutons sa Parole vivante). Donc les réponses de Jésus peuvent nous être utiles, nous concerner.
Vous avez entendu qu’il y a deux réponses :
- La première est : « Je ne sais pas d’où vous êtes. ». Est-ce que le Seigneur me dira cela à moi au jour du jugement. Est-ce qu’on peut répondre à cette question : « D’où êtes-vous ? D’où es-tu ? » Évidemment il ne s’agit pas de la provenance géographique. C’est plutôt : « Où est ton cœur ? Où est le centre de ton âme ? Est-ce que tu m’as accueilli dans ton royaume intérieur ? Est-ce ce que tu es citoyen de mon Royaume ? Est-ce que je suis ton roi ? Est-ce que je suis le roc sur lequel tu as bâti ta vie, ton existence ? Est-ce que j’ai été la lumière qui a éclairé tes choix ? est-ce que tu m’as laissé de la place au centre et pas seulement à la périphérie ? »
D’où es-tu ? Cela signifie : « Où est la source à laquelle tu t’abreuves ? Quelle est la parole qui t’anime, que tu as soif d’entendre ? D’où provient ton élan intérieur ? Où puises-tu la force d’aller de l’avant ? Où est le centre de ton âme ? Oui, d’où es-tu ?»
Notre vie de baptisé, de disciple du Christ, c’est une vie d’amitié avec le Christ. Une vie dans laquelle il y a du silence pour écouter la Parole de Dieu. Une vie menée dans la lumière du Saint-Esprit pour discerner la volonté du Père et répondre à ses appels. Une vie qui a la saveur de l’Évangile et qui sème l’amour du Père dans ses actes et ses paroles.
C’est une vie consacrée à Dieu :
– Qui reconnaît Dieu pour son Créateur et son Sauveur, qui le confesse comme Père, qui reçoit chaque jour les bienfaits de sa Providence, qui vit sous son regard bienveillant, qui affronte les épreuves et les combats de l’existence dans la foi et l’espérance, dans l’abandon de soi au feu du Saint-Esprit.
– Voilà la réponse à la question « d’où es-tu ?» pour un disciple du Seigneur : « Tout repose sur toi dans ma vie. Chaque jour je me reçois de toi. Chaque jour je me mets à ton écoute. Chaque jour je te loue et te rends grâce. Chaque jour je me laisse conduire par ton Esprit-Saint pour répandre l’amour que tu as pour tous les hommes. Voilà d’où je viens. Voilà mon identité la plus profonde. Voilà ma source, mes racines, le roc de ma demeure intérieure… ».
Tu veux être sauvé ? Entre dans ce chemin-là. C’est cela le salut. Il te faut passer par une porte étroite parce qu’il faut que tu acceptes de te recevoir comme fils ou fille du Père, il faut que tu acceptes d’être héritier, de ne pas compter que sur tes seules idées, tes seuls projets, ta seule mesure.
C’est une porte étroite parce qu’il faut que tu acceptes d’ouvrir ton cœur, ton esprit, tes mains pour recevoir toute grâce du Père, ses dons, ses appels. C’est une porte étroite parce que la pente la plus simple, la voie la plus large, c’est de faire les choses juste à ton idée, à ta mesure ou bien juste comme font les autres, en suivant les modes, les habitudes, la majorité…
Mais, dit le disciple du Seigneur, ma source est ailleurs, mon centre de gravité est ailleurs : il est dans mon royaume intérieur où Dieu a voulu reposer, dont il a voulu faire sa demeure. C’est de là que tout part, c’est là que tout commence. C’est là que je me mets à l’écoute silencieuse de la Parole de Dieu en moi.
- Jésus fait une deuxième réponse – ou plutôt une réponse complémentaire à ceux qui lui demande si tous seront sauvés, une réponse surprenante dans sa bouche, une réponse qui nous semble dure : « Écartez-vous de moi, vous qui commettez l’injustice.»
Parce qu’il faut que cette amitié avec le Christ ne soit pas seulement cérébrale, intellectuelle ou juste une émotion, une sorte de réconfort spirituel. Mais qu’elle transforme notre relation aux autres, notre regard sur les autres, notre façon d’entrer en relation. Ce n’est pas de la morale (la morale, c’est d’obéir à des règles de comportement : « tu dois, tu ne dois pas… »). C’est plus profond.
Parce que si tu appartiens au Christ, si le Christ est au fondement de ton existence, alors laisse-le aimer à travers toi. Laisse-le inspirer tes actes pour qu’ils aient la saveur de l’Évangile. Sois suffisamment disponible pour qu’il étende, à travers toi, à travers ton regard, tes projets, tes paroles, son Royaume de justice et de paix, de grâce et de sainteté.
« Éloignez-vous de moi, vous qui commettez l’injustice » : cette parole de Jésus est dure. Mais elle nous réveille. Elle suscite notre attention. Elle est moins là pour nous condamner que pour nous amener à réfléchir : qu’est-ce que le Seigneur veut faire à travers moi ? Il veut semer sa justice, sa miséricorde, son amour de tendresse, sa paix dans les cœurs. A travers nous. C’est cela son salut : nous apprendre combien nous sommes aimés de Dieu. Que tout homme, toute femme réalise combien il ou elle est aimé de Dieu. Nous, les chrétiens, nous les disciples, nous sommes en charge de cela : de répandre cette bonne nouvelle du salut.
De telle sorte que notre amitié avec le Christ soit une disponibilité à ce qu’il veut faire en nous, par nous. Voilà la grâce à demander : d’avoir un cœur qui prodigue les dons de Dieu, qui coopère à ce que Dieu veut donner à travers nous.
Merci pour votre église restaurée.
En restant ouverte elle devient un lieu d’accueil.
Une église doit rester ouverte.
Elle n’est pas un musée.
Et elle doit rester ouverte pour tous.
Petit retour en images de cette très belle célébration :












